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Les musulmans de France dindons de la farce ?
Eléctions
Publié dans La Nouvelle République le 24 - 12 - 2009

Certes depuis vingt ans, le Front national s'emploie à accabler l'immigration de tous les maux pour en tirer un profit électoral, mais la droite et la gauche, dites républicaines, exploitent également ce filon de l'immigration en l'amalgamant avec la «population musulmane» de France, objet d'une stigmatisation, lors de la campagne des dernières élections présidentielles, ou plus récemment à l'occasion de la mission sur la burqa, ou du prétendu débat sur l'identité nationale, etc.).
La gauche, quant à elle, se contente aujourd'hui de vitupérer timidement contre le gouvernement, non pas parce qu'il joue avec le feu du populisme, décomplexant de surcroît la parole islamophobe, mais parce qu'il pose un débat au mauvais moment, c'est-à-dire à l'approche des élections régionales, lui permettant ainsi d'envisager de voler des voix au Front National.
Cependant, le fait que les musulmans soient jetés en pâture à l'ethno-nationalisme racialisant, ne semble pas trop préoccuper la gauche. A croire, que si ce débat démagogique et nauséabond était posé à un autre moment, il aurait été accepté. D'ailleurs, la stigmatisation des populations issues de l'immigration post-coloniale , depuis trois décennies, préoccupe-t-elle quelque force politique que ce soit dans ce pays ?
Vigilance et mémoire
De même qu'en 1968 lors des accords de Grenelle, les revendications de nos parents ont été oubliées respectivement par les syndicats et la gauche, il est à craindre que nous sommes et serons encore oubliés dans les programmes politiques actuels. Au mieux, certains candidats évoqueront la défense des quartiers populaires pour mieux noyer les spécificités de nos revendications dans des concepts globaux, en nous parlant de capitalisme, de services publics, d'ultralibéralisme ou d'écologie.
Depuis les premières explosions de colère en 1979 à Vaulx-en-Velin en passant par les multiples révoltes dans les quartiers populaires dont la dernière en novembre/décembre 2005, ces expressions éminemment politiques , mais non organisées, n'ont rencontré que la surdité du pouvoir en place et l'indifférence ou la démagogie de l'opposition qui a refusé délibérément de prendre à bras le corps les véritables problèmes liés aux discriminations à l'emploi, au logement, aux loisirs , sans omettre l'islamophobie, les bavures policièes , la justice à deux vitesses, des écoles au rabais, un cadre de vie délabré dans la plupart de nos banlieues etc…
Au lieu de poser tous ces problèmes de société cristallisés dans les quartiers populaires et mener les combats politiques qui s'imposent pour les résoudre, nous constatons depuis 1989 (date à laquelle les premières personnes issues de l'immigration ont été élues) à l'instrumentalisation de leur présence sur les listes électorales, ou dans les conseils municipaux en vue de camoufler des politiques de mépris et d'abandon des populations d'où étaient justement issus ces premiers élus : (l'ARABE qui cache la forêt).
Le faux changement
Ces expériences d'élus de la «diversité» ont tourné court puisque la plupart des 400 premiers élus de cette période ont démissionné ou quitté la politique au bout de quelques mois, ou au terme de leur mandat, écœurés qu'ils étaient par le rôle qui leur a été imposé dans les collectivités locales ou les partis, qui les ont recrutés pour jouer le rôle de supplétifs ou celui de caution ethnique.
Aujourd'hui, le nombre d'élus est certes de 2 343, mais «la mission» qu'ils leur a été attribuée charitablement ou par calcul n'a guère changé. Il s'agit avant tout de candidats appâts en vue attirer le vote de leur communauté d'appartenance, ou bien d'une candidature «khobziste» (alimentaire) qui permettra au candidat en question de se bâtir un plan de carrière et obtenir le petit poste tant convoité, en oubliant aussitôt ses origines sociales, ethniques et parfois religieuses.
La préférence sera donnée évidemment à la jeune beurette si possible islamophobe à ses heures ; mais faute de grive on mangera des merles, donc même le jeune banlieusard auteur d'un bon parcours scolaire , mais qui a su avant tout intégrer les réflexes individualistes, aura le profil pour le rôle de faire-valoir. Dans le pire des cas, si cet individu est musulman et «qu'il roule pour sa pomme» (comme disent les jeunes), on pourra s'en accommoder, car le vote musulman peut dans certaines régions être décisif.
Les quartiers populaires (que certains associent aux arabo-musulmans et noirs) sont mis au goût du jour dans le cadre d'une politique de casting et de racolage. Ainsi, à chaque échéance électorale, certains nous sortent du chapeau, l'Abdel ou la Fatima , le collectif X , le réseau Y ou l'association ou rassemblement Z issus des quartiers pour nous oublier entre les échéances et reléguer nos revendications en bas de programme.
Comment changer la donne ?
Il convient avant tout de ne pas être dupes en signant encore une fois des chèques en blanc aux partis de droite et de gauche, qui nous promettent monts et merveilles avant les élections et qui oublient nos revendications une fois élus.
Ne pas jouer aux khobzistes (gamelleurs) en répondant aux appels des sirènes de la classe politique qui nous invitera implicitement à renier nos origines en échange d'une promotion, les exemples dans ce sens ne manquent pas.
La nomination de certaines personnalités issues de la diversité est conditionnée par cette attitude de servilité et la nécessité d'être seul-e, c'est-à-dire ne pas venir en tant que groupe ou collectif sur le champ politique, ce qui revient en fin compte à ne représenter que soi-même (le loup ne mange que la brebis égarée !). Nicolas Sarkosy qui l'a compris plus vite que la gauche, va s'employer à profiter des prochaines échéances pour rattraper son retard dans la larbinisation de certains beurs et autres musulmans ou noir de service.
Il est impératif politiquement de nous prendre en charge à travers un mouvement politique autonome, issu des quartiers populaires en imposant dans le débat public le traitement des véritables problèmes qui persistent et s'aggravent dans nos quartiers et notre quotidien.
Tous les partis politiques ainsi que les syndicats et mouvements sociaux reconnaissent que nous sommes les premières victimes des discriminations, du racisme, et de l'islamophobie , de la crise et du libéralisme, et que nos quartiers concentrent tous les problèmes de société, devenant ainsi de véritables laboratoires liberticides et sécuritaires. Mais lorsqu'il s'agit de préconiser des solutions, nous sommes relégués en arrière-plan. Les paternalistes apparaissent aussitôt pour venir parler à notre place : (néocolonialisme quand tu nous tiens !).
Une hirondelle ne fait pas le printemps. Ce ne sont pas les quelques déclarations sympathiques de personnalités politiques ou les quelques nominations de beurs ou beurette, qui vont nous leurrer en nous faisant tomber encore une fois dans le piège de la déresponsabilisation ou de l'assistanat.
Les injustices que nous subissons ne sont pas une fatalité ni un état irrémédiable. Nous détenons la solutions à tous nos problèmes, il suffit de nous organiser, de nous regrouper , et de dépasser les petits calculs carriéristes ou égoïstes qui minent tous les efforts et tentatives de faire émerger une véritable force politique autonome qui regroupe toutes les personnes décidées à changer les choses de manière désintéressée.
Depuis quelques années le Forum social des quartiers populaires (FSQP) tente de fédérer en s'appuyant sur les efforts de militants et militantes de toutes origines en vue de la construction d'un tel mouvement, qui ne peut se concrétiser qu'avec la participation de toutes les personnes conscientes des enjeux et vigilantes face aux manœuvres politiciennes qui émanent de l'ensemble de l'échiquier politique en France.


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