, «Nous avons ras-le-bol des mensonges et des engagements du ministère de la Santé qui ne font que maintenir la situation conflictuelle telle qu'elle est», a protesté le Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la Santé publique (SNPSP) lors de la conférence de presse animée hier conjointement avec le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la Santé publique (SNPSSP). En fait, le mouvement de grève dans sa forme illimitée, entamé depuis le 21 décembre et le 4 janvier derniers respectivement par les médecins généralistes et spécialistes du secteur public est «désormais maintenu jusqu'à nouvel ordre», dira le Dr Merabet avant de nous souligner qu'en coordination avec leurs confrères spécialistes, une nouvelle étape va commencer où le ton sera un peu plus dur. «On va commencer d'abord par un rassemblement national mercredi 20 janvier prochain au niveau du CHU Mustapha à Alger à partir de 11h avec la mobilisation générale des médecins généralistes, spécialistes, chirurgiens dentistes et pharmaciens de la Santé publique. Les rassemblements hebdomadaires de chaque mercredi au niveau des 48 directions de santé sont aussi maintenus. Nous maintenons aussi nos contacts directs avec d'autres parties telles que les groupes parlementaires et avec le président du Sénat qui a été saisi personnellement pour une audience ainsi qu'avec la commission de santé de l'APN», a ajouté le Dr Merabet. Pour le Dr Yousfi, c'est clair. «Tant qu'il n'existe aucune politique de santé publique en Algérie, il n y'aura aucun cadre de dialogue ni de responsabilité des uns et des autres», juge-t-il avant d'ajouter que la santé publique aujourd'hui est gérée à l'urgence sans aucune planification ni concertation avec les parties impliquées. «Gérer les marchés, les décrets et ce qui s'en suit figurent parmi les priorités de nos responsables et le malade est en fin de liste, s'il y figure», réplique t-il tout en rappelant aux représentants de la presse nationale que ce mouvement de protestation qui date des années 2000 et qui resurgit de manière récurrente, est caractérisé cette fois par l'unanimité. «C'est la première fois qu'il y a un mouvement général de débrayage dans la Santé publique. Maintenant, tous les praticiens sont en action commune et iront vers une action commune. Le fait de coordonner avec nos confrères généralistes, c'est défendre la santé publique», termine le Dr Yousfi. Par ailleurs, les deux syndicalistes ont tenu une énième fois à dénoncer l'attitude du ministère de la Santé qui est totalement absent de la scène, comme s'il ne s'agissait pas d'une bombe à retardement sur son terrain. «Nous dénonçons l'attitude du ministère de la Santé qui reste très méprisable mais très négative dans la relation avec les partenaires sociaux que nous sommes, ainsi que les déclarations qui se font à tort et à travers au nom du ministre de la Santé et qui sont équivoques par rapport à notre mouvement de protestation surtout en ce qui concerne l'histoire de vaccination contre la grippe porcine», fustige le président du SNPSP. Justement, en ce qui concerne le service minimum assuré par les grévistes, ils rassurent les citoyens d'assurer l'acte vaccinal et tout ce qui relève de l'urgence. «En dehors de l'urgence, nous ne sommes plus disposés, donc aucune consultation ni pour un syndrome grippal ni autre», ont décidé les deux présidents de l'intersyndicale SNPSP-SNPSSP. Le Dr Merabet est revenu par la suite sur l'organisation des rassemblements adoptée lors du conseil national qui s'est réuni en session extraordinaire jeudi 14 janvier dernier où il a été retenu par les membres du SNPSP que des rassemblements nationaux sont aussi prévus au niveau du Palais du gouvernement, de la présidence et «on a même prévu de faire sortir toutes les blouses blanches dans la rue dans le cas où nous perdrions patience», ajoutera le Dr Merabet.