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Limiter les dérives financières
Coupe du Monde de football
Publié dans La Nouvelle République le 16 - 06 - 2010

Au cours de ces vingt dernières années, le football professionnel a connu un développement économique majeur,cette forte croissance économique coïncidant avec l'entrée de la télévision dans le monde du sport, le football en particulier, donc à un très fort accroissement des recettes liéà la commercialisation des droits deretransmission télévisuelle des compétitions.
Le PIB des pays organisateurs augmente en moyenne de 2,3 % lors de l'événement, contre 3,1 % en dehors de l'épisode footballistique. Ainsi, les Français ont davantage consommé en 2000 qu'en 1998 et, en 1974, l'Allemagne n'a pas échappé aux effets dévastateurs du choc pétrolier. L'Argentine, en 1978, et le Mexique, en 1986, ont même connu une récession (- 3 % chacun).
La coupe du monde et l'Afrique du Sud
Il est indéniable que l'Afrique du Sud est une grande puissance économique ; elle est d'ailleurs classée au niveau des instituions internationales parmi les pays émergents expliquant, ainsi, sa présence au niveau du G20. Mais la question qui se pose la suivante : la première coupe du monde sur le sol africain représente-t- elle une opportunité unique d'instaurer les fondations d'un modèle économique viable pour le football africain ? Si les défis à relever sont nombreux (développement des infrastructures, professionnalisation des clubs, développement de la formation...), Ineum Consulting et Euromed Management de janvier 2010 souligne les atouts du football africain, avant tout la passion populaire pour le sport numéro 1 du continent, mais aussi la valeur sportive et économique des meilleurs joueurs. Problème parmi tant d'autres : l'argent du talent profite trop peu au pays où il a pris racine. «Pour bénéficier véritablement de son intégration dans le marché international des transferts, le football africain doit absolument construire un modèle économique lui permettant de renforcer son pouvoir de négociation», insistent les auteurs qui prônent une implication des investisseurs privés locaux et extérieurs comme des Etats ou des mécènes. Les auteurs préconisent «non pas un, mais des modèles de développement qui tiennent compte de situations économiques fortement contrastées.
Cette professionnalisation doit également permettre à l'Afrique de conserver ses meilleurs joueurs plus longtemps.» Les nouveaux règlements de la FIFA, qui ont limité puis interdit, en 2009, la venue de joueurs de moins de 18 ans, favorisent toutefois la formation locale. Une chance pour l'Afrique, sauf si, faute de formation de qualité, ses équipes nationales étaient exclusivement composées demain de joueurs... nés en Europe. Dans ce contexte, qu'en est- il des impacts d'une telle encontre en Afrique du Sud devant distinguer la rentabilité financière à court terme de la rentabilité économique à moyen terme ? Une étude intéressante réalisée récemment par l'hebdomadaire français l'Expansion, sous la plume de Franck Dedieu, en date du 1er février 2010 montre que l'Afrique du Sud aurait dépensé 4,3 milliards d'euros depuis 2005 au minimum pour la construction dans les neuf villes hôtes de nouvelles routes et cinq nouveaux stades, pour la rénovation de cinq autres, la modernisation du système de télécommunications et le recrutement de 44.000 agents de police supplémentaires, et l'on ne sait pas si elles sont comptabilisées dans ce montant. Au départ des prévisions, le gouvernement sud-africain espérait tirer un profit de 10 milliards en termes de retombées financières et attirer 300.000 étrangers alors qu'il était prévu 450.000. Selon les estimations du ministre des Finances sud-africain, cette rencontre devrait contribuer à un demi-point de croissance en 2010 et plus entre 2011 et 2013, avec de nouveaux investisseurs, à court terme, les infrastructures, selon la même source, ayant permis la création de 700.000 emplois directs et indirects. Mais, en réalité, nous avons deux estimations contradictoires : pour l'une Pretoria dépenserait 30 % de plus que prévu pour ses stades et ses infrastructures, la note devant monter à 7 milliards d'euros, pour 3,7 milliards de recettes de billetterie ; d'autres estimations donnent environ 3,2 milliards de dollars de recettes dont il conviendrait d'ajouter deux milliards de dollars pour les droits audiovisuels , un milliard pour le marketing et 120 millions pour l'hébergement, soit un total qui ne dépasserait pas 5,3 milliards de dollars et le pays compte sur les devises des touristes pour équilibrer ses budgets, la fédération internationale de football tablant sur 980 millions d'euros.
Conclusion : éviter la dérive financière
En résumé, quoi qu'il arrive, il est très difficile, surtout dans le contexte de la crise actuelle, de tirer des conclusions précises sur les conséquences économiques qu'aura la coupe du monde 2010 sur l'économie de l'Afrique du Sud, du moins dans le long terme. Sur le plan strictement économique par l'effet de substitution des achats, le surplus de consommation ne profitera pas totalement aux industriels locaux, la moitié des produits achetés pour l'événement étant importés.
Comme on dit l'adage, «dans le fond, le foot ressemble à l'économie ; une majorité d'individus assiste au spectacle, mais seule une minorité commerçante et industrielle en perçoit les dividendes». D'une manière générale, sans parler de la violence qui commence à prendre de l'ampleur le sport est devenu une industrie et, dans ce contexte, il ne saurait échapper à la crise internationale à cause de ses nombreux liens avec le marché financier, la simple raison étant que le modèle des recettes sportives est devenu de plus en plus lié au monde des affaires. Pour limiter les dérives financières et relancer l'intérêt sportif, le football professionnel a besoin de nouvelles règles. Pour préserver son avenir à long terme, le football a moins besoin de nouvelles recettes, qui risquent d'être englouties dans les transferts de joueurs, que de régulations qui arbitrent de manière plus équilibrée entre la recherche du profit et les aléas des compétitions, donc d'une profonde moralisation à l'instar de la crise du capitalisme avec cette suprématie de la finance sur l'économie réelle et une distorsion croissante entre des salaires réels en baisse et les profits spéculatifs en hausse. Aussi, pour les pays du tiers monde comme la majorité des pays d'Afrique, le problème essentiel devant éviter toute instrumentalisation politique de ce sport noble est avant tout une nouvelle gouvernance, la corruption prenant une ampleur inquiétante, fondée sur un Etat de droit pour plus d'efficacité économique couplée avec une profonde justice sociale et plus de démocratie. Après l'euphorie sportive, la majorité des populations seront à nouveau confrontées à la dure réalité économique et sociale, c'est dire le niveau de leur pouvoir d'achat. Aux gouvernants, donc, de trouver des solutions adéquates pour un développement durable.
(Suite et fin)


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