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Rapport du réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme: Lampedusa, Guantanamo version italienne !
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 16 - 04 - 2009

Les conclusions d'une enquête menée, fin février 2009, par le réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (REMDH), dans l'île italienne Lampedusa accablent le gouvernement italien et l'Europe sur les violations des droits de l'homme des migrants et des réfugiés.
Une fois de plus, le gouvernement italien est montré du doigt pour avoir violé les droits de l'homme. Et l'Europe est accusée de laisser faire. Depuis quelques années, le nom de Lampedusa est assimilé à Guantanamo. L'île italienne (20 km au sud de la Sicile, entre Malte, Tunisie et Libye) a été le théâtre de nombreuses violations et traitements inhumains des migrants et des réfugiés. Rien qu'en 2008, 31.700 arrivées, 75 % de plus qu'en 2007. Au terme d'un voyage douloureux, ces candidats à l'immigration, qui fuient la misère, ont subi la violence et les humiliations une fois arrivés sur cette île appelée «la porte de l'Europe». A l'intérieur du centre de rétention temporaire de Lampedusa, un camp dont l'accès est interdit à la presse, «les conditions sanitaires sont inacceptables, le droit d'asile est bafoué et de nombreuses atteintes aux droits individuels sont commises», constate le rapport du réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (REMDH). L'attention de ce réseau a été attirée, fin janvier 2009, sur la situation de ressortissants tunisiens détenus en très grand nombre et dans de mauvaises conditions dans le centre de détention de Lampedusa. Le 18 février, une révolte à l'intérieur du centre débouchait sur un incendie. Le «centre d'accueil et de premier secours», qui les prend en charge, venait d'être rebaptisé «centre d'expulsion et d'identification», par la grâce d'un décret-loi intégré au Paquet Sécurité du ministre de l'Intérieur Roberto Maroni. Auparavant, les immigrés restaient 48 h à Lampedusa avant d'être transférés dans un centre en Sicile ou sur la péninsule. Aujourd'hui, ils sont enfermés sur place avant qu'une décision ne soit prise à leur sujet. Lampedusa est devenue un Guantanamo, version italienne. Sur les 975 occupants de ce centre appelé contrada Imbriacola, 884 sont des Tunisiens. Dans ses conclusions, le REMDH estime que «les différents facteurs qui ont abouti à l'incendie du 18 février semblent s'articuler comme les pièces d'un puzzle dont la principale est la décision du gouvernement italien de bloquer les migrants arrivés fin décembre à Lampedusa. Le maintien sur place des migrants ne pouvait que conduire au drame. Tous les ingrédients ont été accumulés pour parvenir à un état d'exaspération qui s'est emparé des migrants enfermés au point qu'on a du mal à écarter la thèse d'une volonté délibérée de provoquer la crise.» Le réseau euro-méditerranéen dénonce la nouvelle politique italienne de gestion des arrivées de boat people et le traitement des demandeurs d'asile. Les enquêteurs du REMDH ont constaté que «de nombreuses dispositions du droit européen et italien n'ont pas été respectées.» Le REMDH recommande aux autorités italiennes «de mettre immédiatement fin à la détention de toutes les personnes qui se trouvent encore dans les deux centres de Lampedusa et de procurer aux demandeurs d'asile les conditions d'accueil prescrites par le droit européen dans des locaux ad hoc de la péninsule, d'annuler toutes les mesures administratives d'éloignement prises contre les migrants et demandeurs d'asile détenus depuis le début de l'année 2009 et d'abroger le décret de création du centre d'identification et d'expulsion sur l'île.» Le REMDH recommande aussi aux autorités européennes «de mettre en place en urgence un dispositif d'accueil des demandeurs d'asile dans les lieux notoirement susceptibles de ne pas répondre aux prescriptions de la directive 2003/9/CE du conseil relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les Etats membres.» Le rapport exhorte aussi l'UE de «créer un organe indépendant, chargé du contrôle du fonctionnement des centres de rétention administrative d'étrangers et des demandeurs d'asile au regard des normes de protection des droits de l'homme et de présenter devant le Parlement européen un rapport annuel analysant la situation des personnes placées dans les centres de rétention qui se trouvent sous l'autorité des Etats membres.» Dans le cadre de la coopération euro-méditerranéenne, le REMDH appelle à «renoncer à tout type de coopération qui ne serait pas de nature à garantir le respect des droits des migrants et des réfugiés.» Le rapport ne ménage pas non plus les autorités tunisiennes: ces dernières sont appelées à «modifier la législation de migration afin d'abroger les dispositions visant à criminaliser la migration irrégulière.» Le REMDH dénonce ainsi «les violations de la loi italienne comme les textes internationaux relatifs à la liberté d'aller et venir, à la détention, à l'accès effectif au droit de recours et à l'expulsion.» Le REMDH cite également «des séquestrations arbitraires et la détention des réfugiés dans un centre d'accueil illégalement transformé en centre de détention.» Le rapport fait état d'autres violations flagrantes: «de nombreuses dispositions du droit italien mais également du droit européen et international n'ont pas été respectées, des principes constitutionnels et de la loi italienne en matière de liberté individuelle, de détention et de traitement des migrants et des demandeurs d'asile de la Convention européenne des droits de l'homme.» «De telles pratiques ne sont pas chose nouvelle en Italie», regrette le REMDH qui rappelle que «nombreuses sont les institutions et les organisations internationales les ayant dénoncées»: En avril 2005, une résolution du Parlement européen dénonce les violations du principe du non-refoulement et de la prohibition des traitements inhumains et dégradants commises par les autorités italiennes à Lampedusa. Le Comité des droits de l'homme des Nations unies, la Cours européenne des droits de l'homme, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe ont tous, tour à tour, épinglé les autorités italiennes sur les violations des droits de l'homme des migrants. «Ce qui n'a jamais empêché ni le gouvernement italien ni la Commission européenne d'intervenir afin de faire cesser ces violations», regrette le REMDH.

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