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La marche mondiale vers la paix
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 30 - 12 - 2012

Si tous les espoirs de paix pour notre époque étaient permis, 2012 n'a pas livré la marchandise. Les conflits sont devenus encore plus sanglants en Syrie, ont continué à peser en Afghanistan et se sont déclarés ici et là en Afrique occidentale, centrale et orientale.
Le Myanmar (Birmanie), l'Asie du Sud et presque tous les pays du Moyen-Orient ont connu de multiples épisodes de violence de nature ethnique, religieuse et politique. Les tensions entre la Chine et ses voisins se sont exacerbées dans la mer de Chine méridionale, et entre la Chine et le Japon dans la mer de Chine occidentale. Les problèmes autour des programmes d'armement nucléaire de la Corée du Nord et de l'Iran ne sont pas du tout réglés.
Et pourtant, bon nombre de conflits dont on craignait le déclenchement au sein d'un même Etat ou entre différents états ne se sont pas produites. De fortes pressions internationales ont permis de vite contenir la deuxième guerre de Gaza. Un accord de paix longtemps recherché a été conclu pour l'île Mindanao au sud des Philippines. De progrès ont été accomplis à grand pas pour instaurer une trêve et asseoir une réconciliation durable au Myanmar. Aucune catastrophe génocidaire ne s'est déclarée. Et, malgré la paralysie du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le dossier de la Syrie, l'Assemblée générale de l'ONU a clairement laissé entendre l'intention unanime des états membres de poursuivre son mandat de protection des populations menacées de crimes d'atrocité de masse.
Les préoccupations quotidiennes des médias tournant autour des massacres actuels cachent toutefois les faits réels : au cours des deux dernières décennies, les guerres et les crises de violence de masse sont devenues moins fréquentes et mortelles. Après avoir culminé dans les années 1980 et au début des années 1990, le nombre de grands conflits armés au sein des états et entre eux a diminué bien au-delà de 50 % ; de même que le nombre de génocides et d'autres atrocités de masse; comme le nombre de gens tués au cours de ce type d'évènements.
Ce phénomène de « nouvelle paix » a été médiatisé par Andrew Mack du centre de recherche de l'université Simon Fraser (Human Security Report project), dont les résultats sont fondés sur l'excellente base de données du Programme de l'université d'Uppsala pour l'analyse des données des conflits. Steven Pinker de Harvard, dans son livre référence The Better Angels of our Nature (Le meilleur des gens est dans leur nature), l'a placé dans un contexte historique plus large - non seulement par «la longue paix» entre les grandes puissances depuis 1945, mais, plus important encore, par une tendance lourde sur plusieurs siècles d'un repli constant de la soif de violence des humains.
Malgré les multiples tentatives pour réfuter cette analyse (par exemple, dans un article récent de John Arquilla dans la revue Foreign Policy) sa pertinence demeure. Il est vrai que 2004 a vu une résurgence de ce que les statisticiens (et même les humanistes) nommeraient «des conflits armés mineurs». Mais, pour ce qui est des conflits ou des guerres de «grande intensité» (définis par un décompte annuel de 1 000 morts sur le champ de bataille), la trajectoire pointe sans équivoque vers le bas. Et cela vaut également pour les décès de civils.
Les explications du phénomène varient. Pour ce qui est de la nouvelle ère de paix postérieure à la guerre froide, la meilleure explication réside dans l'accroissement considérable des instruments de prévention des conflits, de négociation et de consolidation de la paix après le déroulement des luttes armées des derniers quinze ans la plupart sous l'égide des organismes très décriés de l'ONU.
L'explication la plus intrigante de la longue paix mais, selon moi, la plus convaincante, même si beaucoup ne sont pas du même avis voudrait que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les valeurs des décideurs politiques des grandes puissances se soient radicalement transformées. Après avoir vécu les ravages de la guerre du siècle dernier, ils ne voient simplement dans la poursuite de la guerre aucune vertu, noblesse, ou utilité encore moins pour une guerre nucléaire. Ce qui ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous engager dans une guerre - ou un conflit nucléaire par accident, erreur de calcul, erreur de système, ou sabotage ; mais le fait qu'elle n'est pas recherchée réduit grandement le risque de guerre.
Cette hypothèse se vérifiera dans les années à venir lorsque la Chine et les Etats-Unis s'ajusteront aux grands changements qui se déroulent déjà dans leur rapport de pouvoir économique et éventuellement militaire. La réélection du président Barack Obama représente une chance raisonnable que les Etats-Unis cèdent un espace stratégique à la Chine par une politique de coopération et d'accommodement réciproque, plutôt que de vouloir à tout prix dominer ou occuper l'espace géopolitique. La question demeure cependant : comment les nouveaux dirigeants de la Chine se comporteront-ils ?
Dans un exposé très fouillé donné récemment à l'institut Brookings à Washington, DC, Kevin Rudd, un ex premier ministre de l'Australie qui parle même le mandarin, a décrit les scénarios de politique étrangère possibles pour la Chine pour la prochaine décennie. Ces scénarios vont de l'entrée active dans une course pour la domination de la planète entière à un dialogue stratégique avec les Etats-Unis et les partenaires d'Asie pour maintenir et améliorer les règles existantes de l'ordre international. Tout en avançant qu'il serait prudent pour les pays de se prémunir contre le pire scénario, Rudd se montre clairement optimiste : pour autant que le reste du monde maintienne une politique de coopération avec la Chine, le nouveau président Xi Jinping et son équipe devraient choisir la voie de la diplomatie.
Il y a tout lieu d'être optimiste dans un tel contexte, mais aussi en général. Il existe de solides fondements historiques pour l'hypothèse que les guerres d'agression ne font plus partie des instruments de politique étrangère des états. Ayant exploré la plupart des voies possibles au cours des années, les dirigeants nationaux ont commencé à assimiler les leçons de la coopération.
Qui plus est, en politique étrangère, comme dans la vie elle-même, les scénarios finissent par entrer dans un cercle vertueux où les prédictions se réalisent d'elles-mêmes. Les pessimistes considèrent les conflits de tout genre comme plus ou moins inévitables. Ils adoptent en conséquence une vision où les relations internationales se mènent sur une base exclusivement concurrentielle. Pour les optimistes, il est plus important de miser sur l'instinct de coopération et de nourrir l'espoir et que les valeurs attendues de la décence humaine prévaudront en dernier ressort. Si nous voulons changer le monde pour le rendre meilleur, nous devons d'abord croire que c'est possible.
Traduit de l'anglais par Pierre Castegnier
* Ministre des Affaires extérieures de l'Australie de 1988 à 1996 et président du International Crisis Group de 2000 à 2009, est recteur de l'université nationale d'Australie.


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