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De la terrible laideur des villages LSP
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 18 - 01 - 2014

Dans le train Oran-Alger, on peut voir les villages en caravane paralysée. Mais de dos, en creux, comme surpris nus dans la posture misérable. Sur le flanc le moins propre et le plus laid: briques rouges, parpaing, détritus, nouvelles et extensions. L'indépendance n'a pas, étrangement, réinventé le centre-ville mais a continué à tricoter autour du «colonial» avec l'argent du pétrole. Le but n'était plus de fonder les villes mais de loger les libérés.
Le long des rails, ces extensions Pétrole-LSP et ces villas inachevées ont l'architecture sommaire du recasement et sans autre perspective que celle de reloger, enfouir, entasser, faire oublier la tente par le ciment ou l'argent par le mauvais goût. Pas de rues, pas de jardins, pas de centres, pas de vie, juste des immeubles R+5, posés ça et là, sur des terres nues, en bordure de rails, sur des collines, parfois loin de toute vie et reliés au village-père seulement par des poteaux. Avec, immanquablement, les deux autres pieds du triptyque: la mosquée inachevée et le cimetière tout neuf. Et du coup, une pensée étrange: un millénaire entier pour avoir la première indépendance mais pour en faire une occasion de repli sur soi. Comme si une fois libres, les Algériens n'avaient pour but que de s'enfermer, prier puis mourir. Passer du LSP, à la mosquée, au cimetière. Comme si la liberté était une menace, une angoisse, la peur de soi face à soi.
Du coup, enfin seuls, on se fixe pour but de l'être encore plus, on se replie, on s'enferme et on déserte ce même pays qu'on a tant voulu d'ancêtres à ancêtres. Rien de plus dans les villages algériens vus de dos: que des recasements sans fin, des étages, des immeubles et des appartements que l'on va vite enfermer par le barreaudage, la citerne, le rideau et le mur de briques et l'enceinte de la villa laide du riche du village. Comme s'il s'agissait de mettre le plus de ciment et de distance entre soi et les siens et la terre. Des villages sans le sens, sans la joie, sans l'arbre ou le festin. Juste l'envie de fermer sa porte, d'écraser son front ou de creuser son trou. Puis une évidence vous frappe: on construit avec la mentalité du campement bédouin, juste la tente, pas de canalisations, de liens, d'envie de rencontrer ou de bâtir et d'éterniser. Juste la peau du chameau devenu ciment, le point d'eau provisoire et l'idée que l'on va quitter l'endroit sous peu et que l'essentiel est d'avoir un toit, pas une ville ou un pays.
Puis cette autre intuition: un peuple sait bâtir quand il sent qu'il va durer, rester et s'éterniser. Pas quand son éternité est proclamée pour après sa mort. On ne construit pas bien quand on ne fait pas confiance au temps et à la géographie: autant pour le couple que pour l'architecture et les villes et les villas. On embellit ce que l'on aime, on érige son prestige quand on se fixe la terre de sa gloire, quand on ne se déteste pas, quand on est passionné et lorsqu'on se sent propriétaire et conquérant et heureux de sa fortune. Ce n'est pas notre cas, peuple ou régime. Les colons ont construit comme s'ils allaient habiter cette terre pour toujours. Et nous, on y bâtit ces hideurs comme si on était de passage. Pressés par l'envie brusque du toit mais déjà certains que cela ne durera pas plus qu'une saison de peuple. Les villages algériens sont laids désormais, déformés par le baril et les extensions urbaines et les DLEP, sans centres, ennuyeux, sales, terribles par le vide qu'ils créent et imposent à l'âme, miséreux. On peut ne pas le remarquer quand on y vit (s'y enferme) ou quand on passe par le vieux centre colonial, mais cela crève les yeux et le cœur quand on les voit de dos, par les vitres du train, habités par des gens sans élégance, appauvris de l'intérieur, dédaigneux de leur apparence entre le terne et le kawi mauve, sans passion pour la pierre et la verdure.
Une dure conclusion: l'architecture algérienne post-coloniale, dans les villages et en bordure des villes semble être une… immense banlieue d'un centre qui disparaît et qu'on n'a pas su construire. On n'a pas su garder ce qui était à nous, ni prendre ce qui était meilleur chez les colons pour embellir la pierre et la rue.


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