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Face à la folie de la mercuriale: Le pouvoir d'achat en chute libre
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 15 - 09 - 2021

«Aujourd'hui, on voit la pauvreté et la misère dans la rue, à l'œil nu, le nombre de ceux qui demandent l'aumône a augmenté. A défaut de solutions de rattrapage du pouvoir d'achat, j'en appelle à la solidarité nationale(...)», a déclaré, hier, Meziane Meriane, président de la Confédération des syndicats autonomes.
«Nous sommes ruinés ! Les prix ont atteint le ciel ! Tout brûle !», s'est exclamé, hier, un vieux sur les écrans télévisuels en réponse à une question sur l'état du pouvoir d'achat des citoyens. Ce cri de détresse n'est pas un cas isolé. C'est tous les Algériens qui se plaignent ces derniers temps, de hausses vertigineuses des prix des produits alimentaires à commencer par ceux de large consommation. La cherté a atteint les produits de première nécessité qui «garnissaient» la table des démunis faute de pouvoir acheter les viandes ou les poissons. «500 DA le kg de poulet, on ne sait pas quelles sont les raisons de cette hausse alors que le poulet est élevé chez nous ?!?», se demandait, hier, un citoyen.
Interrogé hier par téléphone sur cette détérioration effrénée du pouvoir d'achat, Meziane Meriane a répondu «on a toujours tiré la sonnette d'alarme». En tant que président des syndicats autonomes, a-t-il dit «je critique et j'essaye aussi d'apporter des solutions et elles existent». Il précise alors qu' «on a demandé à ce qu'il y ait diminution de l'IRG (impôt sur le revenu global) des fonctionnaires et des ouvriers, parce que les deux paient des impôts beaucoup plus que les riches. Un patron d'une grande surface paie par an au forfait alors qu'un fonctionnaire paie chaque mois à la source 23 000 DA, ce qui lui fait plus de 23 millions de centimes par an». Pour lui, «une diminution de l'IRG va soulager un tant soit peu, mais face à la crise économique que nous vivons, il faut vraiment des mesures solides pour venir en aide à tous les salariés et les ouvriers parce qu'on ne peut pas déterminer quelle est la fourchette du nécessiteux». Il interroge «est-ce qu'on peut vivre aisément avec 50 000 DA ? Et que dire du pauvre smicard qui touche 20.000 DA ? Il faut que le gouvernement se penche sérieusement sur cette inflation qui est galopante, incontrôlée, un marché déréglé, au gré des trabendistes et aussi du marché parallèle».
Les syndicats autonomes réclament la suppression de l'IRG
Meriane souligne qu' «on sait que 66% de ce qui est consommé proviennent du marché parallèle et plus de 50% de la masse financière qui circulent sont dans le marché parallèle. Il faut donc réguler le marché et trouver des solutions». Revendications récurrentes ? Certes, mais le syndicaliste recommande cependant de «venir en aide aux couches défavorisées, il faut continuer à soutenir les prix par les subventions, lorsqu'on soutient les prix, la différence est prise en charge par le Trésor public, il faudra donc que ce soient les nécessiteux qui en bénéficient, que les subventions soient ciblées, il ne faut pas que ce soient les riches qui en profitent». Ici, Meriane affirme que «je fais allusion au sucre et à l'huile, ceux qui utilisent des tonnes et des tonnes de sucre par an, ce sont les usines de transformation». Il veut qu' «on réfléchisse pour venir en aide aux ménages. Ce serait une erreur monumentale de supprimer le soutien des prix à la consommation, il faut continuer à les soutenir mais il faut cibler». Possibilité d'augmenter les salaires ? lui demandons-nous. «Je suis pragmatique si on m'augmente mon salaire et qu'on me vend la pomme de terre à 200 DA le kg, à quoi ça sert de le faire ? Si on m'augmente de la main droite pour récupérer de la main gauche, à quoi bon ? Ça va aller dans la poche des spéculateurs», répond-il. Ce qu'on demande, précise-t-il, «c'est la mise en place de mécanismes qui puissent soulager les foyers et qui permettent d'aller vers une économie productive de richesses hors hydrocarbures pouvant assurer une vie décente aux Algériens». Mais, regrette-il, «lorsqu'on vit au gré du prix du baril de pétrole, qui monte et qui descend, ce qui supporte le coup, c'est le social. Nous demandons de préserver les acquis sociaux et de penser aux salaires très bas». Aujourd'hui, affirme-t-il, «on ne peut cataloguer un salaire bon ou mauvais, tous les salaires sont aujourd'hui au rouge. C'est vraiment une désorganisation totale. On parle de la rentrée scolaire, c'est bien, mais il faudra bien remplir ce cartable, le parent d'élève doit bien acheter les livres et les fournitures scolaires. Les parents d'élèves seront saignés à blanc avec cette rentrée».
A défaut de solutions de rattrapage du pouvoir d'achat, «j'en appelle à la solidarité nationale, le croissant rouge, toutes les associations qui font du couffin du Ramadhan une fin en soi, aujourd'hui, il faut aussi penser aux enfants qui vont bientôt reprendre le chemin de l'école», dit-il.
«Nous sommes marginalisé»
A une question sur d'éventuels contacts avec les autorités politiques au sujet du pouvoir d'achat et d'autres questions, le président de la confédération (qui regroupe plusieurs syndicats autonomes de la fonction publique et d'autre du secteur économique) précise en premier que «notre contact est avec le ministre de l'éducation» mais ajoute-t-il d'un air désolé, «les syndicats autonomes sont toujours marginalisés. Comme notre philosophie syndicale est revendicative contrairement à nos camarades de l'UGTA qui font du syndicalisme d'accompagnement au programme du gouvernement». Il indique que «le fait qu'on soit revendicatif, on est exclu de tout dialogue social. On nous consulte c'est vrai sur le côté pédagogique dans l'éducation, nos camarades de la santé on les consulte aussi en ce qui concerne le côté médical mais lorsqu'il s'agit du social et de l''économique, on est marginalisé !»
A la remarque que la hausse de prix concernant les fruits et légumes ne concerne que l'Algérie, Meriane relève que «la production nationale est insuffisante. L'équation offre-demande est vraiment déréglée, elle n'est pas à la faveur du consommateur». Mais il note que «les prix ont augmenté à cause, en premier, de la dévaluation du dinar par rapport à l'euro et au dollar. Lorsqu'on produit en Algérie, les intrants dans la production proviennent de l'étranger, ce n'est pas un produit 100% algérien». Un exemple banal à ses yeux, «le poulet est nourri avec des produits importés avec des devises lourdes. Le dinar est presque au même niveau que celui du marché parallèle. Le deuxième facteur de cette cherté, c'est un déficit budgétaire énorme, on essaie donc d'équilibrer la balance financière avec cette inflation qui vient en quelque sorte absorber ce déficit budgétaire, celui qui paie malheureusement les pots cassés, c'est l'ouvrier, le fonctionnaire, le citoyen». Il estime que «c'est aussi parce qu'il n'y a pas de politique salariale dans notre pays. C'est une aberration ! Il est inacceptable qu'un député, un haut fonctionnaire, un ministre, perçoive en une journée ce que touche un fonctionnaire en un mois ! C'est vraiment une injustice qu'il faudra corriger par une politique salariale capable de relever le niveau de vie des salariés». Pour lui «la classe moyenne a été laminée jusqu'à sa disparition. Elle a été nivelée par le bas jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Le salaire d'un enseignant du secondaire en fin de carrière ne dépasse pas les 90 000 DA.
«Il nous faut quelqu'un de courageux»
Est-ce qu'on considère que c'est un salaire de la classe moyenne par rapport au pouvoir d'achat ? Non ! Et que peut-on dire de l'enseignant qui commence à 32 000 DA et qui a entre les mains des générations qu'il doit former pour l'Algérie future ? Et de celui qui touche 18 000 DA ? Et des salaires de nos camarades médecins ?». Dommage, dit-il, que «la classe moyenne ait disparu. Dommage, parce que si elle existe vraiment, elle peut être la locomotive de l'économie algérienne.
Les sociétés qui protègent les entreprises, protègent le consommateur, parce que plus on consomme, plus les entreprises produisent et plus l'économie se porte bien. Malheureusement, quand la classe moyenne disparaît, la consommation s'arrête, les usines ne produisent pas jusqu'à mettre peut-être la clé sous le paillasson». Interrogé sur les conséquences de la COVID sur la sphère économique et sociale, il répond: «la pandémie a accentué un peu la pauvreté. Beaucoup d'ouvriers sont des journaliers, ils travaillent au jour le jour. Mais avec la COVID, il y a eu disparition de tous les petits métiers. La conséquence est vraiment dramatique. On voit aujourd'hui la pauvreté, la misère dans la rue, à l'œil nu, le nombre qui demandent l'aumône a augmenté». Il pense toutefois que «ce qui est sauvé, c'est la fonction publique parce que le travail y est permanent et certaines entreprises aussi, parce que les travailleurs sont en général permanisés. Mais les autres, du transport, tourisme, bâtiment.... plusieurs ont disparu. Il est vrai qu'on traverse une turbulence financière mais on aurait pu faire comme l'ont fait certains pays, qui ont maintenu un certain mode de vie en continuant à assurer chaque mois des salaires aux travailleurs pour que les usines ne ferment pas et l'activité économique ne s'arrête pas».
Pourtant, estime-t-il, «on a des moyens pour décoller, pour mettre les Algériens à l'abri des aléas du marché pétrolier mais on ne l'a pas fait». Par manque de courage politique ? lui demandons-nous. «C'est compliqué, il y a le courage politique, le dogmatisme, les conservateurs, la peur du changement, la peur des réformes, c'est tout ça. Il nous faudra vraiment quelqu'un de courageux pour bousculer les choses et dire voila la loi salvatrice pour notre économie, celle pour notre politique et essayer d'avoir le peuple avec lui pour le soutenir».
Meriane fait savoir que la confédération qu'il préside devait rendre public hier un communiqué après la réunion qu'elle a tenue autour du pouvoir d'achat.


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