Avec le temps, la vieille centrale syndicale, cette glorieuse UGTA (Union Nationale des Travailleurs Algériens), née en pleine guerre de la libération nationale, un 24 Février de l'année 1956, semble désormais perdre son aura d'antan, ses dents et sa base, qui se comptait en millions d'adhérents. Aujourd'hui, le syndicat d'autrefois parvient juste et difficilement à rassembler son staff, divisé déjà par une guéguerre de succession, et ne se distingue malheureusement que par des diners de salon, des dépôts de gerbes de fleurs aux cimetières d'une commémoration à une autre et furtivement par des rencontres au sommet. Usé par le poids de l'âge, des batailles d'un temps et de la défaite inavouée face à un pluralisme syndical qu'il n'a su combattre par la mobilisation de ses troupes qu'il ramenait par cars pour les marches de tant de soutiens au cours d'une époque où il était encore le roi des foules ouvrières, le vieux ‘'coursier'' du monde du travail a fini par s'épuiser , et se faire rattraper par ses ‘'petits'', qui le dépassent déjà en nombre et en mouvements. Ses slogans n'attirent plus, ses communiqués ne se lisent point, et ses mots d'ordre restent des lettres mortes-nées. Aujourd'hui, sa présence est quasi nulle à travers les couches travailleuses, d'autres syndicats lui ont ravi la place qu'il prétendait occuper juste par des bilans si exagérés de cartes distribuées, en se vantant toujours d'être le numéro ‘'un'' du syndicalisme national. Son ‘' vieux jeu'' a fini par lui jouer des tours, lui qui n'a su guère s'adapter au monde du travail, et qui s'est soldé également par l'infiltration de certains opportunistes venant de tous les bords à travers ses rangs si dispersés. Face à cette réalité si criarde, certains rigolos se marrent de le voir se vider de sa substance et de sa chute si libre et le conseillent déjà de regagner le musée des antiquités tant qu'il ya encore de la place. Aujourd'hui encore, face à l'absence de cette UGTA d'un temps et au manque flagrant de sa représentativité, trop de corbeaux à la solde de certaines sphères aux visées plus claires que l'eau, croassent pour des riens, en prenant déjà en otage le destin de milliers d'écoliers, et la sante d'autres milliers de malades. Alors, où est donc cette centrale syndicale qui brille davantage par son silence et son inexistence au sein d'un front social en plein ébullition et surtout qui n'ose plus se manifester pour appeler à un plus de sagesse et moins d'anarchie ?!