Quelque 20 familles dont seize habitant au 11, rue Montabor à Haï El Derb, relevant du secteur urbain de Sidi El Houari, se sont rassemblées devant le siège de la daïra pour contester leur exclusion des différentes opérations de relogement qui auront lieu aujourd'hui, alors que les agents du recensement leur avaient assuré qu'elles étaient concernées par ces opérations, en leur demandant leurs livrets de famille et des copies de leurs cartes nationales d'identité, à la fin du mois écoulé, selon les déclarations des contestataires. Le siège de la daïra d'Oran a connu un rassemblement de plus de 20 familles, habitant le vieux bâti et ayant été exclues des listes de bénéficiaires des opérations du relogement qui seront lancées, à Haï El Derb et plus exactement au 13, rue Dahou Kada. Il s'agit du relogement de 13 familles qui seront recasées à Haï El Yasmine, comme une étape primaire. Selon les déclarations des familles contestataires, habitant au 11, rue Montabor du même quartier, les commissions chargées du relogement leur avaient rendu visite à cinq reprises et la dernière a eu lieu le 28 mars. Ce jour-là, elles avaient rassemblé les documents nécessaires attestant leur droit d'accès au logement social. Les mêmes propos ont été reconduits par un membre de la famille Benkamla qui a tenu à souligner: «Les éléments de la commission de recensement se sont rendus, à maintes reprises, chez nous et nous ont affirmé que l'état de l'immeuble était irrécupérable et que nous devions être relogés dans les plus brefs délais, et ce, avant qu'un drame ne survienne. Paradoxalement aux promesses qui nous ont été faites, nous avons été surpris d'apprendre notre exclusion des listes des bénéficiaires, alors que le relogement d'autres familles riveraines a été confirmé.» Idem pour la famille Mehdi Abdelkader qui révèle avoir été relogée provisoirement dans cet édifice, en 1995. C'est le chef de daïra de l'époque qui avait décidé de cette démarche à titre provisoire qui consistait à nous placer pour une durée limitée dans cet immeuble, en attendant de nous reloger définitivement dans un logement décent. Malheureusement, rien de cela n'a été fait et aucune promesse n'a été tenue. Nous sommes enterrés vivants, à cet endroit et à vrai dire, nous risquons à tout moment de périr sous les décombres de cette vieille carcasse!» Nous avons tenté d'avoir plus de précision sur le programme de relogement prévu pour les habitants du vieux bâti dans ce quartier, mais cela nous a été impossible, vu que le responsable en charge du dossier était absent, tel que nous l'a fait savoir l'agent de sécurité. L'ambiance qui régnait au sein des familles, bénéficiant du relogement, n'était pas plus détendue que celle qui dominait au sein des protestataires. En effet, et en dépit de leur attribution des logements, les 08 ménages bénéficiaires, habitant l'immeuble n°3 de la rue Frenda ont affirmé leur indignation vis-à-vis de la décision prise par la commission de relogement, portant l'exclusion de leurs voisins, en s'interrogeant: «Comment est-il possible que seules 08 sur 19 familles, habitant le même immeuble depuis de longues années, soient relogées?» A ce même titre, Bouhenni Kada fera savoir: «Les membres de la commission de relogement se sont rendus sur les lieux, avant-hier, munis d'une liste sur laquelle figurait les noms des 08 familles bénéficiaires de l'opération de relogement dont la mienne. Il est vrai que cette nouvelle a réjoui nos cœurs attristés, depuis de longues années, à cause du problème du logement, mais l'exclusion de 11 autres ménages habitant dans le même immeuble que nous, a bien gâché notre joie. D'ailleurs, nous avons décidé de refuser le relogement, dans l'espoir d'amener les autorités compétentes à revoir leur décision. C'est ainsi que la commission a ajourné l'opération, prévue initialement aujourd'hui.» En revanche, les 13 familles habitant l'immeuble situé au 13, rue Daho Kada, étaient bien heureuses du relogement. Leurs nouveaux logements sont situés à Haï El Yasmine à l'est d'Oran.