Attendu depuis près de six mois, le premier conseil des ministres de l'année n'a pas apporté de réponses aux lancinantes questions que se pose l'opinion à propos des dossiers chauds de l'actualité nationale. Les Algériens attendaient des signaux du Président à ceux qui nagent en eaux troubles, et ce ne sont pas les dossiers qui manquent. Polémique sur la mort du chahid Amirouche, blocage de la loi criminalisant le colonialisme, manœuvres d'Orascom, scandale de corruption à Sonatrach, excès du GNL16, et autres projets en souffrance, sont autant de sujets qui auraient mérité des éclairages. Le conseil des ministres a été exclusivement consacré à l'examen des projets de loi en souffrance depuis des mois, voire des années pour certains -terres agricoles- et qui concernent essentiellement la «petites économie», alors que le conseil était attendu sur le terrain politique et celui des «affaires». Paradoxalement, le Président n'a pas jugé utile de placer, ne serait-ce qu'un mot sur les maux qui rongent nos entreprises sujettes à une corruption à grande échelle. Ce silence est d'autant plus troublant que c'est le président, lui-même, qui a ordonné les nombreuses enquêtes sur le détournement des deniers publics. Les Algériens s'étonnent, donc, que le conseil des ministres n'ait pas commenté la cascade d'affaires sulfureuses qui ont éclaboussé entreprises et institutions publiques. Les ministres, eux, ne savent plus sur quel pied danser du fait qu'ils ont cette fâcheuse habitude de se mettre en «mode veille», attendant des hypothétiques informations sur un remaniement ministériel qui ne vient jamais. Cette posture de «wait and see» a un prix : quasiment tous les projets et chantiers accusent des retards. Des Travaux publics au Transport, en passant par la Santé et les Ressources en eau, les voyants sont au rouge en terme de respect des délais de réalisation. C'est justement ce talon d'Achille que le Président a toujours pointé du doigt à chacune de ses interventions, mais pas cette fois-ci. Pour les friands des rumeurs de mauvais augure, le Président a apporté la preuve de sa bonne santé. A trois mois du Ramadan, le Président a voulu mettre les garde-fous contre la hausse des prix, à travers la réorganisation des marchés de gros notamment et des règles de la concurrence. Sinon l'Equipe nationale de foot se chargera de remonter le moral des Algériens en proie au doute…