Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a estimé lundi les marches organisées pour réclamer un changement du système comme «des mouvements minoritaires». “L'Algérie n'est pas la Tunisie, l'Algérie n'est pas l'Egypte”, a-t-il assuré aux auditeurs d'Europe 1. Le chef de la diplomatie algérienne tentera de minimiser le mécontentement de la population en mettant en exergue la faible assise des initiateurs de la marche de samedi dernier. “Les marchés organisées il y a quinze jours et samedi ont bien démontré que ces mouvements étaient des mouvements minoritaires. Je suppose, que de marche en marche, elles ne feront pas mieux”, a–t-il déclaré sur Europe 1, à propos du mouvement de protestation. Mourad Medelci a ensuite établi un rapprochement entre le Front Islamique du Salut (FIS) et cette contestation naissante qui «n'est pas sans nous rappeler ce que nous avons vécu nous-mêmes en 1988». Il fera ensuite une allusion manifeste au RCD de Saïd Sadi. «D'élection en élection, ces minorités n'ont pas amélioré leurs scores et je suppose que de marche en marche, elles ne feront pas mieux», a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie algérienne a par ailleurs confirmé la levée de l'état d'urgence «dans les jours prochains», en omettant de préciser néanmoins ni la date ni le fait que c'est la contestation qui a poussé le régime au pouvoir à promettre la fin prochaine de l'état d'urgence, en vigueur depuis 19 ans. «Dans les jours prochains on en parlera en parlant du passé» a-t-il déclaré à ce sujet avant de promettre «le retour de l'état de droit».