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Draâ Bordj (Bouira)
30 personnes en danger de mort
Publié dans El Watan le 16 - 02 - 2005

Que la mort vienne et nous délivre ». Tous les squatters du fort turc (une trentaine) ne parlaient pas comme cette mère de 11 enfants dont le mari est au chômage. Mais tous ne pensaient pas moins comme elle, tant leur détresse est égale à la sienne.
Au cœur du fort se dressent six ou sept taudis infâmes construits avec des roseaux, du plastique et de la tôle ondulée. Le vent qui a soufflé en rafales au milieu de la nuit a mis quelques-uns d'entre eux dans un triste état. Parmi ces cabanes malmenées par les éléments déchaînés figurait celle de cette mère de famille nombreuse. Située sur une corniche du fort, elle offrait un spectacle lamentable avec son toit en tôle ondulée qui a été arraché par le vent dans la nuit et remis en place par des voisins châritables. Au milieu de l'unique pièce où le vent et la pluie s'engouffraient de partout, un grand feu de bois brûlait dans une bassine. Des enfants assis autour tendaient leurs petites mains bleuies par le froid. Impossible de trouver un coin sec pour prendre des notes. Tant pis pour le calepin qui prend sa part de saucée. La dame qui tenait un bébé dans ses bras racontait comment sa fille de 3 ans s'est brûlée en voulant se chauffer peu avant notre arrivée et comment elle a été emmenée à l'hôpital pour des soins. C'est le mari, chômeur, qui s'en est chargé. Il n'était toujours pas de retour. Devant la cabane de Mme Fatima, divorcée, mère de 2 enfants, brûlait un grand feu de bois devant lequel un garçon de 10 ans se chauffait. Il n'a pu aller à l'école. « Nous avons passé une nuit blanche. Une des planches (celle du milieu) qui supportaient le toit s'est brisée et nous avions peur que le toit ne nous tombe sur la tête. Alors j'ai fait sortir les enfants et j'ai allumé un feu ». Même regard hagard et mêmes signes de lassitude chez les autres voisins qui témoignent d'une nuit passée à trembler et à imaginer le pire. Toutes les cabanes où on nous a fait entrer ressemblent à des rafiots prenant l'eau de toutes parts. Les huttes en roseaux et plastique qui se blottissent autour du fort ne sont pas mieux loties. L'une des veuves du P/APC d'El Mokrani, assassiné en 2000, occupe une de ces cases avec son fils asthmatique âgé de 6 ans. De l'eau de pluie tombait dans des récipients aux quatre coins de la chambre. Chérif, son frère qui nous a accompagnés dans notre tournée nous montra sa hutte à lui. Une grosse branche d'arbre était tombée sur le toit. « J'ai dû fuir chez ma sœur avec mes 4 enfants. » Deux eucalyptus géants se dressaient au milieu des cahutes comme autant d'épées de Damoclès. Il suffisait d'une tempête comme celle de la veille pour provoquer l'irréparable. L'état d'insalubrité dans lequel vivent les squatters est tel que Saâd a vu ses 4 enfants mordus par des rats et lui-même a failli avoir l'œil crevé par un de ces rongeurs. Miloud, père de 6 enfants, ouvrait le réfrigérateur plein de bas en haut de médicaments pour montrer la précarité de l'état de santé de sa famille. Une fille de 3 ans grelottait sous les couvertures en proie à la fièvre. « Je suis natif de Bouira. J'ai 50 ans. J'ai le droit d'avoir un logement. Je demande une enquête sur notre situation. » Une situation qui met en danger de mort hommes, femmes et enfants par ce temps affreux et interpelle non seulement les responsables qui restent sourds aux appels de ces malheureux, mais également chacun de nous qui assistons à ce drame sans rien faire.

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