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«Un héros collectif, le peuple» Badr' Eddine Mili. Journaliste et écrivain
Publié dans El Watan le 03 - 01 - 2011


Journaliste, militant politique et syndical, issu de la promotion de l'indépendance des sciences politiques de l'Université d'Alger, Badr'Eddine Mili, né à Constantine, a occupé plusieurs fonctions stratégiques dont, notamment, directeur de l'audiovisuel au ministère de la Culture, chargé de mission à la présidence de la République et directeur général d'Algérie Presse Service (APS). A l'occasion de la réédition de son livre La Brèche et le Rempart, l'auteur s'est prêté au jeu des questions-réponses. -La Brèche et le Rempart, publié aux éditions Chiheb international, s'apparente, d'emblée, à un roman autobiographique dont le titre choisi justifie le contenu… Tout travail littéraire sur la mémoire qui se propose de reconstituer des périodes historiques fait forcément appel à des vécus personnels, sinon avec quels ingrédients de base un auteur peut-il donner un fond de vérité aux personnages qu'il a choisis pour porter son projet et l'asseoir sur une narration réaliste et crédible ? Pour autant, on ne peut considérer La Brèche et le Rempart comme une œuvre autobiographique, car il s'agit, en fait, d'un récit polyphonique dont le héros collectif est le peuple, celui des classes populaires qui ont combattu le système colonial avec des moyens tragiquement disproportionnés par rapport à ceux mobilisés par les forces d'occupation. Le titre du roman revêt deux sens : un sens réel qui renvoie à la confrontation militaire de 1837 entre la «brèche», l'ouverture opérée par les Français dans les défenses de la ville et le «rempart» défendu par les troupes d'Ahmed Bey ; et un sens allégorique appliqué à la lutte contre la présence française pendant plus d'un siècle qui souligne l'impossible dialogue culturel et religieux entre l'oppresseur et l'opprimé. -Ce premier roman se décline sous la forme d'une épopée historique, mettant en avant le destin d'une famille constantinoise durant la période qui va de la Seconde Guerre mondiale à l'Indépendance… Le roman raconte effectivement la saga d'une famille constantinoise plongée dans la tourmente d'une colonisation extrême, n'ayant d'autre viatique, pour ce long voyage incertain, que des débris de culture, à la recherche d'une survie identitaire très problématique. Bouillonnement des idées pré-révolutionnaires, éveil à la modernité, choc avec l'école coloniale, atrocités de la guerre, Constantine avec ses rituels et ses arts, le roman est un voyage dans la grande espérance du peuple algérien née d'un combat, qui promettait la fin des privilèges par la naissance, l'argent et la force. -Grâce à la reconstitution de l'histoire par la littérature, vous vous êtes employé à restituer l'authenticité de la tragédie dont a souffert le peuple de Constantine, aussi bien en 1837, lors de la conquête de la ville, que tout au long de l'occupation et notamment entre 1954 et 1962… Par le biais de la reconstitution que vous évoquez, j'ai voulu rendre compte de la réalité de ce que fut la prise de conscience et de l'alliance des résidus des tribus éclatées, parquées dans les faubourgs de la ville, avec les populations de la médina et leur engagement commun dans les partis politiques, la forme d'organisation la plus moderne à laquelle le mouvement national avait pu accéder dans l'entre-deux guerres. J'ai choisi de le faire à partir de Aouinet El Foul, la parfaite illustration de la politique d'expropriation et de cantonnement mise en place par les lois scélérates et le senatus consulte de 1844, en rappelant que tout en ayant servi de voie de passage au général Lamoricière dans sa conquête de la ville en 1837, le quartier fut le point de départ de l'attaque lancée par Zighout Youcef, le 20 août 1955, contre les garnisons de la ville et sa transformation en base centrale de la Bataille de Constantine entre 1957 et 1960. Le personnage central, -Stopha, qui évolue dans un terreau de résistance et de bravoure à Aouinet El Foul, ce quartier donc mythique de Constantine, est le fil conducteur de ce sublime voyage initiatique dans la ville… Le fil conducteur est, certes, Stopha, le concentré de toutes les tragédies, de toutes les frustrations, de tous les traumatismes, mais aussi de tous les rêves, des petits bonheurs et des espoirs arrachés à la misère culturelle et matérielle de cette époque. Ce pré-adolescent s'élève, graduellement, à une conscience politique et sociale précoce et se trouve happé par l'affrontement de deux mondes antinomiques et inconciliables, celui du Sahih El Boukhari et du Livre Bleu, le manuel d'apprentissage de la langue française, celui de la tradition inapte à lui fournir, à elle seule, les clefs de la délivrance et celui de la modernité factice et trompeuse, miroitée par l'école coloniale, l'école broyeuse des âmes où on lui apprend la Déclaration universelle des droits de l'homme, tout en la contredisant dans la vie de tous les jours. -A travers d'autres personnages importants, on découvre d'autres histoires individuelles où la fiction se mêle aux faits historiques… Aux côtés de Stopha, évoluent deux personnages importants : Hamadène, le chef de la famille, militant du PPA, proche des ulémas, dépositaire de l'héritage spirituel de son père qui avait combattu St Arnaud aux portes de Jijel, chassé les derniers lions dans les contreforts du Nord constantinois et fait le pèlerinage à la Mecque à pied à deux reprises, et Zouaki, la mère courage, armée de son amour immodéré pour le théâtre, le malouf et la musique d'Orient qui veut réserver à son fils une instruction aboutie, parce qu'elle sent que c'est la seule chance de survie pour la famille. A ceux-là s'ajoutent les mentors Abdeslam, le chef de la Haraka de la ville, Beylerbey, le gourou du Pont suspendu de Sidi M'cid et Jawad, l'un des premiers normaliens algériens, adepte de Freynet, qui révolutionne l'enseignement dans une école où, jusqu'en 1956, les élèves étaient tous algériens et les instituteurs tous français. Et, enfin, les personnages cultes, Zaâmouche Ali, Boudjeriou Messaoud et Kaghouche Abdelhamid, les fidaïne de Aouinet El Foul qui ont fait, avec bien d'autres, la gloire de la bataille de Constantine, le premier guillotiné en août 1958, les deux autres tombés les armes à la main. -Ce premier volume sera-t-il suivi d'une deuxième partie ? Il sera suivi d'une deuxième et même d'une troisième partie. A l'origine, La Brèche et le Rempart était né d'une interrogation, celle de savoir si novembre a encore une actualité. J'ai alors formulé le projet de tenter de répondre à cette interrogation à travers la reconstitution romancée de la période qui va de la Seconde Guerre mondiale à nos jours. La deuxième partie intitulée Les Miroirs Magiques se trouve chez l'éditeur. Elle traite des années du socialisme et du romantisme révolutionnaire post-indépendance. Les abysses de la passion maudite, le dernier volet de la trilogie, en cours d'écriture, revient sur la fracture des années 1990 et s'interroge sur la capacité de la révolution algérienne à s'offrir une nouvelle chance de s'accomplir complètement, en parachevant la construction de la société développée, libre et plurielle, promise par la proclamation du 1er Novembre 1954 et la plateforme de la Soummam.

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