Les déclarations fracassantes de l'ancien premier vice-président syrien Abdelhalim Khedam, actuellement au Liban, concernant l'assassinat de Rafic Hariri, ont ébranlé la « citadelle » de Damas. « Avant son assassinat, Hariri avait reçu de sérieuses menaces de la Syrie, si bien qu'il avait saigné du nez ». Les réactions du pouvoir et de ses relais n'ont pas tardé : un député, qui dit avoir connu Khedam, affirme en colère : « Khedam a contribué à réprimer les libertés. Son fils et lui sont responsables de l'ensevelissement de déchets nucléaires. Khedam est un traître. Il s'est réfugié dans un pays étranger pour jeter l'opprobre sur son pays, c'est un traître, mais il ne pourra jamais ébranler l'unité nationale ». Un autre député dira de « celui qui a vendu son âme au diable » que « l'épouse de Khedam avait détourné de sa trajectoire un avion syrien provenant de l'Europe » et d'ajouter : « Khedam a reçu de l'argent de Saad Hariri et des Américains pour nous insulter. » Une véritable polémique qui enfonce davantage ce pays du Moyen-Orient dans une situation complexe. Hier, malgré ces déclarations fort préjudiciables pour le régime d'El Assad, le petit peuple ne semblait pas trop s'y impliquer en mettant cette polémique sur le compte de règlement de comptes, justement. Au souk El Hamidéah, juste en haut de la citadelle de Damas Damascus, Bachar El Assad, par le biais des banderoles s'adresse au peuple libanais en termes fraternels. Cela veut tout dire.