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Repenser l'idéologie en terre arabe et musulmane
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Publié dans El Watan le 01 - 07 - 2013

Attablez-vous à une terrasse de café, de Rabat à Damas, vous constaterez que l'opinion ne se réclame plus d'aucune idéologie politique tellement l'échec des politiques de développement et la corruption des régimes en place ont fini par laminer tout le fond intellectuel auquel jadis elle croyait.Que reste-t-il ? On s'accroche à Hamas, au Hezbollah, aux talibans, au régime des mollahs en Iran. C'est à ce résultat que sont arrivés les Américains dans leur désir d'émanciper le Monde arabe et musulman dont ils ne parlent plus en tant qu'entité soudée par des intérêts historiques et religieux remontant à mille ans avant la découverte de l'Amérique en 1492. Une nation née de l'immigration européenne, il y a à peine cinq siècles, veut diviser le monde arabo-musulman en autant d'Etats qu'il est configuré aujourd'hui par des stratégies dites de la «déstabilisation démocratique»(1) ou «d'instabilité constructive»(2). Que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Palestine ou ailleurs, jamais les Américains n'aboutissent aux résultats des laboratoires ! A moins que les objectifs inavoués soient les objectifs
poursuivis !
En permettant à Israël de passer outre, au Liban, les limites de la morale de guerre, ils viennent encore une fois de montrer à la rue arabe que seule la voie de la résistance armée peut sauver leur honneur que les gouvernements en place ne peuvent plus assurer. Mais à quoi jouent les Américains ? Leur discours ne cadre pas avec les réalités du terrain observables là où ils mettent le pied. Il est comme une impression qu'on veut écraser tout semblant de rêve démocratique porté par des forces modernes et laïques qu'on veut faire passer aux yeux des masses comme des traîtres à la cause commune. Les Américains n'ignorent pas l'état presque analphabétique des masses qui ne croient présentement qu'à l'idéologie guerrière du djihadisme islamique. Est-ce cela l'objectif ? Veut-on à tout prix donner raison aux tenants de la doctrine du choc des civilisations ? En tout cas, sur le terrain, c'est le seul résultat palpable auquel les USA, l'Europe et Israël sont arrivés au Proche comme au Moyen-Orient. Au Maghreb, seule l'Algérie a sauvé la région dans un sursaut patriotique qu'aujourd'hui nous louons parce qu'il nous a évité l'intervention étrangère.
Mais en vérité, comme l'a déclaré Mahmoud Darwich, «si des élections libres sont organisées dans ce monde arabo-musulman, les courants les plus durs de l'islamisme politique l'emporteront haut la main», comme si le temps les prépare à une confrontation finale. Que Dieu nous préserve d'y assister tellement les horreurs dépasseront tout seuil d'entendement. Un avant-goût a été donné au Liban.
Alors que faire ?
Les régimes peu démocratiques et corrompus en place sont tenus, avant leur effondrement inéluctable sous la pression des événements internationaux comme le refus d'un régime islamique élu démocratiquement en Palestine (Hamas) ou l'agression gratuite israélienne au Liban, d'organiser la succession idéologique du panarabisme, du baasisme et du chauvinisme né du nationalisme post indépendance. A partir du fait social observable partout dans ce monde de fratrie musulmane et arabe, il y a urgence à libérer la parole et la pensée des intellectuels musulmans pour inciter au débat sur l'organisation politique nouvelle. L'identité forte s'appuie sur le fait religieux, c'est indéniable, et ce n'est plus la peine de tenter quoi que ce soit pour le cacher. Il nous reste à espérer vouloir être des musulmans, sains de corps et d'esprit, et pas des islamistes suicidaires parmi des tôliers et des taulards. Leur découverte soudaine de la foi, vécue comme une passion, les rend dangereux pour leur propre sécurité d'individus vivant en société plurielle prônée par l'islam réel, avant qu'ils n'attentent à la sécurité des autres, fussent-ils leurs coreligionnaires comme en Algérie.
Espérer vouloir être des musulmans comme ceux des siècles passés qui sont allés répandre la bonne parole et construire des mosquées (universités en ce temps) aux quatre coins du monde et du nouveau monde (Amérique, Nouvelle-Zélande, Australie, etc.) sans arme ni guerre si ce n'est la vraie foi qui fait déplacer les montagnes. Ces hommes de l'islam réel ont été accueillis partout en bonne intelligence. Ils ont vécu et mangé le pain et le sel de leurs communautés d'adoption, qu'elles soient chrétiennes ou autres. Comment aujourd'hui brandir l'épée de la folie à la figure d'un monde qui ne comprend plus rien aux musulmans, devenus synonymes de terroristes et d'assassins ? Quatre milliards de non-musulmans commencent à avoir peur pour leur mode de vie et leur liberté. Retenez ces mots «liberté » et «mode de vie» qui reviennent comme des leitmotivs dans la bouche du président Georges W. Bush.
Il est temps de nous réveiller parce que cette histoire de terrorisme va finir très mal pour l'humanité non encore guérie des affres du passé pas si lointain (fascisme hitlérien et mussolinien). L'islamisme ne peut être combattu que par l'islam, aussi impossible que cela puisse paraître. L'islam des gens de science et de conscience viendra à bout de la dérive politicienne causée par des fauteurs de fitna (discorde) avides de sang et de pouvoir pour leur seul plaisir d'ici-bas. Que le vrai islam traite et combat, par la force des armes s'il le faut, pour faire place nette au vrai islam tel que transmis par le sceau des Prophètes, Mohammed (QSSSL) premier homme ayant fait œuvre utile à l'humanité, non déclassé depuis quinze siècles par ceux qui tiennent ce top des hommes du panthéon mondial ayant servi la cause humaine sans aucune distinction. Pour peu que nous ouvrions les yeux, les trois courants de la politique universelle moderne trouveront leur argumentaire dans le Coran et la sainte tradition prophétique : le centre, la droite et la gauche. Sans risque d'erreur, nous pouvons affirmer qu'on peut être musulman de gauche, de centre ou de droite sans déroger à aucun principe de la foi ni s'en éloigner. En effet, par analogie vous pouvez transposer les principes idéologiques de ces trois courants sans que vous déviiez de la foi qui est une et indivisible.
Mais la foi ne concerne pas la politique. La politique concerne les affaires de la cité que des hommes et des femmes organisés en partis politiques veulent prendre sur eux d'organiser au bénéfice de la majorité sur la base de compétences avérées élues de gestion scientifique, économique et sociale. En quoi les principes moraux de nature humaine, d'essence musulmane, viendraient perturber le cours normal de la foi chez chaque individu et dans chaque mosquée loin des préoccupations des gouvernants qui sont affairés à régler les problèmes de la cité même en faisant appel à des non-musulmans étrangers ou nationaux ? C'est cela le vrai islam que nous étudions depuis plus de trente ans. Depuis les statuts gouvernementaux d'El Ghazali (XIIe siècle) jusqu'aux théories de Malek Bennabi et d'autres contemporains. Ce n'est certes pas l'islam de Abassi Madani qui, interrogé immédiatement après sa libération par un musulman algérien convaincu sur le «pourquoi il n'appelle pas à l'arrêt de l'effusion du sang fraternel», a répondu : «Mais moi, je fais de la politique, mon fils.» Est-ce cela, l'islam : faire de la politique sur les cadavres des musulmans ? Vingt milliards de dollars de dégâts matériels auraient pu servir à équiper l'ANP pour faire face aux nouvelles menaces. Ni le pays ni son armée n'ont profité de cet argent, parti en fumée, remboursé dans le cadre de la dette publique. Notons que cet argent est compris dans les 117 milliards de dollars remboursés entre 1995 et 2005. Que de destructions opérées par la horde sauvage financées par la dette externe. Etes-vous capable de raisonner ?
La chance d'un pays comme l'Algérie se résume en l'existence d'une élite politique moderne, formée de musulmans et de musulmanes, peut-être insuffisamment documentés sur l'islam politique qui peut se définir comme étant l'islam culturel. A partir du moment où Dieu permet d'être musulman avant d'être croyant, la foi se découvre au fur et à mesure en un laps de temps donné, la classe politique algérienne peut vouloir se réapproprier le terrain par référence à la culture et au droit musulmans qui semblent les seuls acceptés par les populations du Monde arabe et musulman en quête d'identité nouvelle moderne, mais toujours dans le cadre des racines religieuses. Seul un effort de compréhension et d'adaptation peut renouer les fils du dialogue entre la société et ceux qui prétendent vouloir la représenter. L'entreprise paraît difficile, mais en réalité, c'est «parce que c'est difficile que ce sera possible», comme l'a prédit JFK au début de la conquête spatiale. Notre propre expérience nous amène à dire qu'en vérité, seul le contenant est nouveau (la méthodologie) sinon le contenu a été extrait de l'islam tant par les Français que par les Anglais, qui ont su tirer le maximum de théories d'Etat et d'organisation de la cité en opérant une démarche de divorce avec la référence religieuse présentée comme étant la laïcité.
En exemple, citons le droit public (finances publiques, droit administratif, droit constitutionnel) qui a existé depuis Mohammed (QSSSL) à Médine quand il a posé la première Constitution écrite des musulmans où leurs droits et devoirs étaient clairement définis. Après l'entreprise de décolonisation et de libération du territoire, il nous reste un long parcours à faire pour décoloniser notre Etat construit sur le modèle colonial et que tout le monde constate qu'il ne fonctionne pas. L'ignorance d'un modèle algérien ayant existé et susceptible d'être réapproprié et modernisé semble tout indiqué pour réconcilier les Algériens avec leurs valeurs et principes. Il n'était pas inutile au congrès de la Soummam de spécifier que le but de la Révolution était la construction d'un Etat social et démocrate dans le cadre des principes musulmans. Vraiment ingénieux de la part des fondateurs. Qu'ils reposent en paix.
Fin de ma réflexion datée de juin 2006.
-1- Georges Corm, ancien ministre libanais des Finances, auteur de Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte, Paris, 2005)
-2 . Walid Charara Le Monde Diplomatique (juillet 2005 page 9).


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