Tout comme pour le projet d'investissement des Espagnols de Flamingo Hoteles sur Sbiat, celui proposé sur le même site par les Saoudiens du groupe Pharaon vient d'être enterré par le ministre du Tourisme en visite à Aïn Témouchent. Pour rappel, les Saoudiens inscrivaient leur projet dans un tourisme haut de gamme assez spécifique, un tourisme destiné à de richissimes personnalités qui achètent leurs villas. Le Dr Pharaon nous avait expliqué en août 2005 sa vision des choses : « Voyez ce qu'il en est actuellement à Beyrouth. Les hôtels sont désespérément vides ! Par contre, la clientèle qui est présente, et qui l'est en nombre, c'est celle qui a acquis des appartements touristiques ou des villas. L'autre, celle des hôtels, est plus incertaine. Une année, elle vient, l'autre pas parce qu'elle a le choix. Par contre, celui qui a acheté ne choisit pas de venir ou pas. » Notre interlocuteur avait souhaité un aménagement de la législation, une législation en déphasage avec ce qu'il en est de par le monde. Par ailleurs, le projet est conçu pour être réalisé en plusieurs étapes. « Pour nous, la donnée primordiale est de savoir comment amortir l'investissement, c'est-à-dire arrêter en premier le coût et le retour de l'investissement », avait expliqué l'architecte en chef. Ainsi, le groupe Pharaon se proposait d'arrêter un schéma directeur d'aménagement devant être réalisé par étapes. « Nous ramènerons d'autres partenaires, d'autres investisseurs pour réaliser le reste. » Apparemment, cette vision des choses qui n'avait pas été complètement rejetée vient de connaître une fin de non-recevoir. Un représentant du groupe Pharaon, rencontré durant la matinée d'hier, nous avait interpellé pour nous indiquer qu'un « projet identique au nôtre, du côté de Saïdia au Maroc, un projet pour lequel nous avons été sollicités, vient de démarrer trois mois après que des Espagnols eurent pris option sur lui. Nous avons réalisé des projets à Tétouan dont tout le monde parle, j'ai oublié les noms tant ils sont nombreux. En Tunisie, le Club Med les a rachetés. Pourquoi ne pas réaliser cela en Algérie ? Ici, pour Sbiat, nous avons attendu deux années et signé un protocole il y a une année. Tout cela pour rien ». Chez le ministre, c'est un tout autre son de cloche. Il dément que Pharaon ait été sollicité pour Saïdia. « Il a été par contre en Tunisie et n'a pas terminé son projet et il est en litige là-dessus. Par contre, il prétend avoir deux établissements en Uruguay. Faudrait-il y aller pour s'assurer s'ils existent ? Pharaon, avant de penser à investir en Algérie, aurait dû s'enquérir de la réglementation algérienne. Nos lois disent une chose, lui veut réaliser des villas et les vendre sur plan et personne ne doit circuler là. J'ai répondu non tant que je serais là ! Personne ne doit nous imposer ses lois, c'est une question de souveraineté. Nous avons un arsenal législatif qui gère nos espaces. Même sur l'îlot, il veut construire (un restaurant, ndlr). » Quant à la question de savoir si la législation souverainiste évoquée par le ministre ne constitue pas un repoussoir à l'investissement, le ministre répondra que nos « lois sont bonnes et qu'elles ont tenu compte de ce qui se fait ailleurs ».