Du 20 au 26 décembre, les mélomanes de musique andalouse et des musique anciennes se sont délectés d'un programme des plus sélectifs, avec en prime une nouvelle scène des plus prestigieuses, répondant aux normes internationales. En changeant de domiciliation, puisque le festival s'est toujours déroulé à la salle Ibn Zeydoun, à Alger, le public a répondu encore plus présent. Ainsi, après un festival qui a duré six jours en hommage au regretté musicien Mohamed Tahar Fergani, avec des soirées musicales au quotidien, ainsi que l'organisation d'un symposium sur le qanun, les lampions de ce festival se sont éteints, dimanche soir, avec le déroulement d'un programme très riche. L'entame de la soirée se fait par l'entrée sur scène de l'Ensemble régional d'Alger Junior, sous la houlette du chef d'orchestre Youcef Nouar. Ces jeunes musiciens, dont l'âge varie entre 9 et 16 ans, sont issus des conservatoires, des écoles et des associations, à savoir El Manara, de Cherchell, El Ghoutia, de Chebli, Essendoussia d'Alger, le Conservatoire d'El Biar, Dar El Ghernatia, Les Beaux-Arts d'Alger et Mezghenna. Dans un jeu de scène irréprochable, ces musiciens en herbe ont interprété, magistralement, la nouba Dil dans son intégralité, et ce, sous les applaudissements du public enthousiasmé. Place ensuite à l'hommage rendu à l'artiste Mohamed Tahar Fergani, à travers la projection d'un film documentaire, retraçant le parcours de ce brillant artiste. Ne pouvant se déplacer à la clôture du festival, la famille s'est manifestée à travers un appel téléphonique en direct — initié par les organisateurs du festival — et le petit-fils du défunt, Adlène Fergani, a remercié chaleureusement les initiateurs de cet hommage, en ne manquant pas d'indiquer que la famille compte préserver et présenter au public toutes les pièces précieuses conservées et enregistrées par les aînés de son grand-père. Il a également souhaité que d'autres membres de la famille relancent l'école du malouf, que son grand-père avait créée il y a quelques années, mais qui, aujourd'hui, n'active plus. Les 25 élèves de diverses nationalités, ayant pris part à l'atelier du 2e symposium du qanun qui se sont produits, initiés par le musicien Mohamed Saadaoui, ont conquis l'assistance avec un extrait de Bechref lekbir, de feu Mohamed Tahar Fergani, suivi d'une pièce musicale turque, Longa Chahinez, aidés en cela par un jeu de qanun divin. La dernière partie de la soirée s'est caractérisée par l'entrée sur scène de l'Orchestre national algérien de musique andalouse, sous la houlette de Samir Boukridia. Nourreddine Saoudi s'est départi de sa casquette de directeur de l'Opéra d'Alger pour se retrouver dans le corps du remarquable interprète qu'il a toujours été. Devant une assistance subjuguée, il a interprété deux extraits de sa propre nouba, Dziria, dans le mode sahli, à savoir Rahti Chorb El Okkar (inqilab) et une valse Billahi ya Hamami. Il termine son tour de chant par la célèbre chanson de feu Amar Ezzahi Ana barani ghrib. Après trois heures de spectacle bien plein, le commissaire du festival, Aïssa Rahmaoui, a clos cette 11e édition du Festival en présence d'invités de marque, à l'image, entre autres, de Lila Borsali, Imène Sahir et Hamdi Benani. Rencontré en aparté à la fin de la soirée, le commissaire du festival, Aïssa Rahmaoui, estime que cette 11e édition a été une totale réussite, dans la mesure où elle a répondu aux attentes du public nombreux. «Le public algérien est un fin connaisseur de musique. Il aspire à découvrir les autres musiques du monde. Nous avons toujours œuvré dans ce sens-là. Nous continuerons sur notre lancée en commençant, d'ores et déjà, à plancher sur l'édition 2017», dit-il confiant.