Le dossier de la santé publique, très attendu, a été examiné en détail et consigné dans un rapport de 35 pages élaboré par les membres de la commission de l'APW chargée de la santé, de l'hygiène et de la protection de l'environnement. La nouvelle équipe de l'APW, issue du scrutin du 23 novembre dernier, a reçu son baptême du feu lors de sa première plénière de 2018, tenue mercredi dernier dans la salle des délibérations de cette institution, où les 43 membres étaient tous présents à l'appel. On n'a relevé aucune défection pour ce début de mandat, contrairement aux années précédentes. L'ordre du jour comportait deux points: La formation et l'enseignement professionnels, ainsi que la santé publique, dans toute ses dimensions. Si le premier point a fait l'objet seulement d'une lecture d'un rapport présenté par le responsable du secteur, par contre le dossier de la santé publique, très attendu, a été examiné en détail et consigné dans un rapport contenant 35 pages, élaboré par les membres de la commission de l'APW chargée de la santé, de l'hygiène et de la protection de l'environnement. Dans son discours inaugural, le nouveau P/APW, Abdellah Bouregaâ, a bien justifié le choix de l'ordre du jour de cette première entame qui a porté sur la situation de la santé publique dans la wilaya du Titteri. Ce choix n'est pas fortuit, a-t-il dit, il répond à des préoccupations majeures, compte-tenu de l'importance et de la valeur de la santé des concitoyens. Car ce secteur, qui est en ce moment au creux de la vague, préoccupe énormément la population locale à plus d'un titre, en particulier concernant les carences relevées çà et là et se rapportant à des défaillances dans la prise en charge réelle et intégrale des malades, que ce soit au niveau des hôpitaux ou des centres de soins de proximité. Et pour ce faire, la commission de l'APW s'est scindée en groupes de travail pour sillonner durant une quinzaine de jours plusieurs localités, en vue d'aller chercher sur le terrain la réalité de la situation qui prévaut à travers les différentes localités de la wilaya et de recenser les difficultés tout en questionnant les citoyens. La même commission a proposé des solutions aux responsables du secteur pour une prompte amélioration. L'amer constat Il ressort du contenu de ce document, jugé sérieux et objectif par toute l'assistance, qui n'a pas manqué en premier lieu de faire allusion aux dernières dispositions de la réforme de la santé, qui ont fait apparaître un dysfonctionnement entre les services d'hospitalisation et ceux des consultations externes. Des disparités visibles ont été constatées dans la couverture sanitaire au sein même d'une commune, d'un quartier à un autre, et encore pire, pour tout le territoire du Titteri. Aussi, on a mis en ligne de mire les lacunes et les faiblesses de la carte sanitaire de la wilaya qui reste encore figée. Celle-ci se trouve largement dépassée aujourd'hui par le temps et l'espace, compte tenu de l'évolution incessante des mouvements migratoires des populations et de la croissance démographique galopante. Des localités ont été vidées à 50% de leurs potentialités humaines, et d'autres agglomérations urbaines par contre se sont surpeuplées par l'attractivité de l'emploi. Ce qui a provoqué une asphyxie inévitable dans les grands centres urbains, où les infrastructures de santé publique ont pris un gros coup de massue. A titre d'exemple, on peut indiquer les hôpitaux importants des grandes villes, à l'instar de Médéa, Berrouaghia, Ksar El Boukhari et Beni Slimane, jadis réputés pour la qualité des soins médicaux qu'ils prodiguaient, et qui, aujourd'hui, ont été réduits à de simples gros dispensaires de consultations externes devant l'immense flux des patients qui déferlent de partout, abandonnant ainsi leur mission initiale de recherche et de soins de qualité. Les faux rapports dénoncés Le rapport dénonce également les statistiques farfelues et complaisantes établies au pif, souvent confiées à des agents derrière un bureau, faussant ainsi la réalité du terrain et induisant en erreur les hauts responsables sur l'adéquation des besoins réels de la wilaya, alors que beaucoup de malades se plaignent du mauvais accueil, des absences répétées des médecins, du manque d'hygiène et du non-respect des horaires d'ouverture et de fermeture, en particulier au niveau des dispensaires de soins situés dans des zones périphériques. Ce qui a obligé ces derniers à grossir davantage le lot des malades devant les urgences des EPH des centres urbains, parfois pour une simple injection ou un petit bobo. Parmi la foultitude de problèmes soulevés, les membres de la commission santé de l'APW ont mis l'accent sur le déficit en médecins radiologues, en gynécologues, en sages-femmes et en agents paramédicaux à travers presque toutes les structures d'accueil. Ils ont également insisté sur le manque criant d'équipements et d'appareils nécessaires pour les examens radiologiques, les analyses et les explorations au niveau des laboratoires d'urgence de proximité. Sans oublier le manque d'ambulances pour les évacuations des malades graves à partir des faubourgs. Des logements pour les spécialistes A la clôture de cette première session de 2018 de la nouvelle APW, la parole fut donnée au DSP pour répondre à la série de questions qui ont été posées avec insistance par une vingtaine d'élus. Lui emboîtant le pas, le wali s'est tout d'abord félicité du bon travail de la commission enquêtrice de l'APW, qui a mis en reflet dans ce document toutes les préoccupations nécessitant une intervention dans ce secteur sensible et ambigu de la santé publique. Dans ce contexte, il a déclaré que la wilaya n'a pas cessé de déployer de gros efforts pour améliorer constamment les prestations médicales en offrant des facilités pour l'attribution de logements aux praticiens afin qu'ils s'installent dans les différentes daïras de la wilaya. Le wali a aussi fait savoir que la wilaya continuera à encourager les praticiens spécialistes à s'installer dans la région de Médéa en mettant à leur disposition des terrains d'assiette pour construire leurs propres structures médicales et chirurgicales, et ceci pour désengorger les centres hospitaliers. Il a annoncé, à cette occasion, le lancement prochain de la construction d'un complexe Mère enfants au chef- lieu de wilaya et d'un centre anti-cancer dont le choix de terrain d'assiette est situé à Ouzera. Mais il a souligné, par ailleurs, que la plupart des insuffisances relevées çà et là proviennent du manque de volonté de certains gestionnaires irresponsables. Enfin, nous pourrions dire qu'on est loin de vouloir tirer sur une ambulance en s'amusant à mettre tout le monde dans le même sac, mais à partir de ce rapport accablant, on n'a pas le droit de laisser aussi ces acquis si chers au peuple tomber en désuétude volontairement à cause de certains gestionnaires insouciants. Car l'hôpital public exerce en réalité une activité éminemment rentable, si l'on considère l'homme comme le capital le plus précieux d'un pays. Donc, les responsables de ce secteur devront mettre les bouchées doubles et redoubler d'efforts pour redresser cette situation alarmante, en mettant un terme aux fonctions des esprits malades et tordus, qui causent des préjudices à la réputation de la santé publique.