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Bouyacoub accuse !
Le jugement de l'affaire DIGIMEX se poursuit
Publié dans El Watan le 19 - 03 - 2007

Les déclarations des deux inspecteurs de la Banque agricole de développement rural (Badr), ayant rédigé le rapport sur la base duquel l'affaire Digimex a éclaté, ont fait tache d'huile, hier à la cour d'Alger.
L'audition de ces deux témoins n'a pas permis de lever le voile sur ce qui s'est réellement passé à l'agence de Birkhadem et encore moins au niveau central. Les cadres de la direction générale et les dirigeants de l'agence de Birkhadem se sont, tour à tour, rejeté la balle. Les premiers estiment qu'ils ne font qu'avaliser les dossiers transmis par la base, alors que les seconds affirment ne jamais prendre de décision sans en référer à la DG. Hamlaoui Charef Djamel, directeur adjoint à la direction régionale des grandes entreprises (DRGE), déclare n'avoir jamais remarqué une quelconque anomalie dans les dossiers transmis par l'agence. La présidente demande au directeur du service juridique, M. Mamerie, cité en tant que témoin, pourquoi n'a-t-il pas pris la peine de vérifier si le crédit documentaire de 1,8 million de dollars a été remboursé. « Je ne savais pas », répond-il. Même réponse est donnée lorsque la juge l'interroge si, dans l'opération du calcul du préjudice, le montant de 1,8 million de dollars a été pris en compte. Naceri Larbi, directeur adjoint à la DRGE, explique que ce crédit a été octroyé en bonne et due forme, ajoutant que le client Zidoune offrait des garanties suffisantes pour la couverture de tous ses crédits. Pour lui, il n'y a eu aucun dépassement de ligne de crédit, en précisant que parfois il arrive qu'il y ait un léger dépassement dans des opérations importantes, telles que l'importation du rond à béton pour l'AADL, ou encore pour des produits destinés à la pêche.
TROIS ACCORDS EXCEPTIONNELS DE CREDITS
La présidente l'interroge sur le cas où le client ne présenterait pas de garantie et le prévenu déclare : « L'agence peut engager la procédure de la cessation de crédit par exemple. » La juge : « Mais l'argent est déjà parti ! » Labboune Badaoui, directeur général adjoint, membre du comité central de crédit, déclare lui aussi que les dossiers traités à son niveau n'ont à aucun moment été entachés d'une quelconque anomalie. Il affirme ne pas se rappeler de ces dossiers, mais précise que Digimex a bénéficié de trois accords exceptionnels de crédit, du fait de l'urgence des opérations de financement engagées. Selon lui, cette procédure est tout à fait régulière et concerne surtout les clients honorablement connus comme étant solvables. « Je suis membre fondateur de cette banque et ce n'est pas après 37 ans de service que je vais commettre des erreurs », se défend-il. ` Interrogé sur les éventuelles instructions qu'il aurait reçues de la part du PDG ou qu'il aurait données pour faire passer le dossier de Digimex, le prévenu nie catégoriquement et déclare : « Je prends connaissance du dossier le jour même de la réunion du comité. Je ne peux donner des instructions ou des orientations parce que je n'ai pas le pouvoir de le faire. » Selon lui, tous les crédits ont été accordés à Zidoune à hauteur des garanties qu'il a présentées. Pour ce qui est de l'expertise des biens présentés par le client, il affirme qu'elle se fait par ce dernier, « car la banque n'a qu'un seul expert pour les 300 agences ». Il reste formel quant aux traites restées impayées pendant plus d'une année. « Je n'ai jamais entendu parler de celles-ci », dit-il. L'ancien PDG de la Badr, Farouk Bouyacoub, déclare n'avoir aucune relation avec la direction régionale (DRE) et la gestion des dossiers par celle-ci. Il explique avoir installé une organisation qui le place dans le niveau décisionnel, les agences étant dans celui de l'exécution. « J'ai un rapport de 2004 sur les crédits accordés aux clients de la banque. Il fait état d'une situation normale et me propose même de mieux cerner les besoins de Digimex, considéré par cette inspection comme solvable. » « Si nous acceptons le fait que Digimex a pris 12 milliards de dinars, nous ne pouvons parler de dépassement des 25% des 48 milliards de dinars constituant les fonds propres de la banque. Nous n'avons pas dépassé le ratio de solvabilité tel qu'il nous est reproché. »
LA DEUXIÈME BARRIÈRE DE SECURITE
Il explique qu'il lui arrive d'octroyer des crédits et d'envoyer après le dossier pour validation, dans le cas des procédures d'exception, qui est selon lui une pratique courante avec les clients solvables. Pour ce qui est des 634 traites impayées restées à la trésorerie, il affirme n'avoir jamais été mis au courant jusqu'au jour où les officiers de l'Office national de répression du banditisme (ONRB), chargés de l'enquête, lui en ont fait part. Pour lui, la seule question qui reste posée est celle de savoir pourquoi ces traites sont restées autant de temps à la trésorerie ? Il estime que Zidoune est parmi les 4 ou 5 bons clients que toutes les banques auraient voulu avoir. Il tente d'expliquer le préjudice auquel est arrivée l'expertise par un calcul simple des montants des crédits accordés, pour arriver à la somme de 5 milliards de dinars, totalement couverte, dit-il, par les garanties présentées. « Il avait un délai qui n'arrivait pas encore à échéance. Puis lorsque vous mettez un terme à une ligne d'escompte brutalement, vous provoquez la catastrophe. S'il y a quelqu'un qui doit être jugé pour crime économique, c'est bien l'actuel PDG de la Badr », déclare Bouyacoub, en éclatant en sanglots. « J'ai été impliqué et surpris d'être condamné à 3 ans de prison et, après, le juge d'instruction m'informe d'autres accusations. Il me reproche de ne pas avoir pris des garanties bloquantes, alors que le comité a exigé la garantie. Mon travail est l'octroi de crédit qui est un acte fondamental chez un banquier. » La présidente l'interroge sur le rachat de la dette de Digimex auprès d'ABC Banque, qui était de l'ordre de 350 millions de dinars. Il déclare que cette somme est infime et la banque a le droit de faire cette opération pour peu que cela ne dépasse pas 25% de ses fonds propres. A la barre, Belarbi Khaled, directeur des financements des petites entreprises, abonde dans le même sens que son co-prévenu. Il estime que le nouveau PDG de la Badr, M. Meçibah, n'a pas ratifié la procédure après son installation, alors que la décision de l'octroi des crédits était déjà prise. Il s'agit de la somme de 141 millions de dinars, destinée à l'achat d'une grue, pour servir à la manutention de la marchandise arrivée au port qu'importait Digimex. Ameziani Ali, son collègue, affirme les mêmes propos et estime que Digimex a été sommé de régulariser sa situation, lorsque le compte était à découvert et il l'a fait en ramenant la somme de 320 millions de dinars. Appelé pour une confrontation, Labboune déclare avoir discuté par téléphone avec Bouyacoub, qui lui a demandé d'ajouter une deuxième barrière de sécurité pour filtrer davantage les dossiers. Bouyacoub conteste. Labboune se ressaisit et explique que cela n'est pas qualifié d'instruction, mais juste des orientations destinées à tous les clients, pas uniquement Digimex. Appelé à la barre, Zidoune note que contrairement à ce qui a été dit, toutes ses filiales existaient avant son arrivée à la Badr. Il conteste toutes les accusations et déclare que les crédits dont il a bénéficié sont tous garantis. Il relève qu'il a tenu des réunions avec les responsables de la banque pour leur proposer toute forme de régularisation, mais la nouvelle direction a refusé et a préféré la mise à mort de ses sociétés. Pour lui, le PDG actuel de la Badr était chargé de liquider la Badr, du fait qu'il a dès son installation procédé à la suspension des lignes d'escompte de tous les clients de sa banque, mettant celle-ci dans une situation fragile.
« JE SUIS VICTIME »
La présidente lui fait remarquer que cette suspension est intervenue à la suite du préjudice. « Non, tous les problèmes d'impayés ont apparu après la suspension, c'est-à-dire en juin 2005. Je l'ai connu personnellement quand il était à la Cnep et je sais qu'il est venu avec comme mission de liquider la Badr. Il ne semble pas connaître ce qu'est une ligne d'escompte, qui est une pratique bancaire universelle. Tous nos équipements sont nantis au nom de la banque. Nous possédons le plus grand silo de grains d'une capacité de 343 000 t. Il a fait tomber les échéances et mis à l'arrêt une usine qui nourrissait 630 familles », déclare le patron de Digimex. La présidente lui demande : « Vous êtes victime alors ? » Le prévenu : « Je suis victime, parce que les pertes que j'ai subies sont incommensurables. Je versais quotidiennement la somme de 192 millions de dinars à la banque. » L'avocat de la Badr intervient. « Les impayés existaient avant la suspension de la ligne d'escompte. » Zidoune lui répond : « Pourquoi ne m'ont-ils pas écrit ou saisi sur la question ? » La présidente appelle les deux inspecteurs de la Badr. M. Tafat estime que tous les rapports établis par l'inspection avant 2005 présentaient Digimex comme un bon client, alors que les anomalies relevées remontent au début de 2001. Il s'agit de décaissement sans autorisation, de chèques escomptés sans garanties et de traites impayées. Il explique que Digimex avait un compte débiteur de l'ordre de 553 millions de dinars par exemple, dit-il, au mois d'avril 2003. Zidoune réagit : « Mais vous avez entendu l'ancien PDG dire que les inspections n'ont rien relevé. » L'inspecteur relève que les impayés de Digimex ont atteint 5% du montant des impayés de tous les clients de la banque. A propos des chèques escomptés impayés, Zidoune se demande quelles sont les sociétés qui n'en ont pas. Les deux inspecteurs finissent par lâcher : « Digimex a bénéficié de largesses auprès de l'agence. » Pour eux, les garanties de Digimex ne représentent même pas la moitié des montants dont il a bénéficié. Les deux inspecteurs ne donnent pas d'explications au fait que les traites rejetées par ABC banque se retrouvent logées dans le compte de la trésorerie. Ils lâchent : « Ce sont des traites de sociétés écrans du groupe et elles ont été logées à la trésorerie pour qu'elles ne soient pas repérées. Elles devaient revenir à l'agence. » Une affirmation contestée par Zidoune, qui affirme que ses sociétés sont actives et n'ont jamais été fictives. Les auditions se poursuivront aujourd'hui.


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