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Mon père disait… de Kaci Hadjar
Une petite chanson de piété filiale
Publié dans El Watan le 21 - 10 - 2007

Kaci Hadjar rappelle par certains côtés Marcel Pagnol. Avec le créateur de Fanny, il partage la prescience et le respect du au père. Par ses écrits, il tient à rendre grâce à celui qui fut pour lui le réconfort.
Son père, Omar Hadjar, le poussera à bachoter sans trop s'encombrer des considérations matérielles dont il s'occupait lui-même en travaillant chez Usinor en France. Les textes ne manqueront pas d'étonner, en publiant son dernier livre, Mon père disait paru aux éditions Grand Alger Livres, Kaci Hadjar a su rendre compte d'une époque à jamais révolue. Le père ne fut pas instituteur comme celui de Pagnol, mais un ouvrier comme on en trouvait tant dans les usines métropolitaines. Hadjar perdra ce père en 1968, il ne s'en consolera jamais. De lui, il gardera une certaine retenue et un amour raisonné du verbe et du travail bien fait. L'idée d'exhumer les souvenirs d'enfance, déclare Hadjar, n'est pas venue ex nihillo, il s'y exerçait déjà. « Je m'étais résolu alors, à surseoir à ce projet d'écriture et à attendre l'accumulation des faits et des événements vécus à mesure que la maturité s'accomplissait », relève-t-il. Ce natif de Aït Boumehdi à Aïn El Hammam reste attaché aux mots bien sentis du paternel, auquel il a su rendre compte dans ce recueil de proverbes bien commentés. Comment peut-il s'en défaire, lui qui a eu à vivre les privations de l'exil avec un père resté toujours attaché à ses racines. Là-bas n'est pas loin pour lui, semble toujours dire Omar Hadjar. Après des études dans l'école indigène, Hadjar ira à Ath Yenni parfaire son éducation avant d'aller rejoindre son père en France. Il y fréquentera l'école des jésuites dont il gardera un certain rigorisme puis les lycées parisiens. Il deviendra plus tard professeur titulaire et chef de service de gynécologie-obstétrique au CHU de Bologhine. De la même manière qu'il donnera naissance sans forceps à des enfants, il en fait de même pour les mots. Point n'est pour lui de se forcer. Du même village que cet autre professeur, Belkacem Aït Ouyahia, avec lequel il partage le respect du verbe, Hadjar ne se fait pas violence pour nous raconter son père. Coauteur attitré de ce beau livre sapiental, il fait accompagner ce livre de commentaires utiles et d'annotations de philologie berbère. Un éclectisme auquel on ne peut que souscrire, caractérise ce livre écrit dans une langue que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
Mon père disait... de Kaci Hadjar aux éditions Grand Alger Livres 2007


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