Le secrétaire général de l'Organisation nationale des enfants de chouhada (Onec) est de ceux qui sacralisent le travail durant le Ramadhan. Il estime qu'il faudrait supprimer le couffin de solidarité pour le remplacer par une politique durable de l'emploi devant épargner à jamais aux citoyens de tendre la main. Parlez-nous de votre quotidien durant ce Ramadhan ? Je commence ma journée à 8h et la termine à 17h30. Quand je rentre chez moi, c'est souvent les courses et les charges familiales qui m'attendent. Au bureau, je m'occupe actuellement de la préparation du 60e anniversaire du déclenchement de la de la Révolution et des évènements du 20 Août. En toute sincérité, le jeûne ne me dérange en rien. Posez la question à mes amis ils vous diront que je suis très zen durant le mois sacré. Je ne suis ni fumeur ni nerveux. Sur le plan culinaire, j'exige seulement de ma conjointe de préparer une bonne soupe. Le reste m'importe peu. Je ne choisis aucun plat. Toute la nourriture est la bienvenue. Le Ramadhan d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier. On regrette les rencontres familiales et conviviales qui se font très rares actuellement. Le soir, je veille jusqu'à 1h. C'est souvent des rencontres amicales durant lesquelles on tente d'oublier les tracas quotidiens. On se soucie également de ce qui se passe chez nos frères palestiniens que Dieu les aides à surmonter leur peine. D'ailleurs, nous sommes en train de préparer des actions de solidarité à leur égard. De petites aides symboliques pourraient apporter un peu de joie à cette population martyre. Ces actions s'inscrivent dans le cadre d'un objectif national initié par la plus haute autorité du pays. On compte intervenir en tant qu'association nationale aux côtés de l'ensemble des autres intervenants dans le cadre d'une mission purement humanitaire. Que faut-il retenir de ce mois sacré ? À mon avis, durant le Ramadhan, il ne faut jamais renoncer au travail qui est une obligation de taille. Votre lieu de travail est tout simplement l'endroit où vous gagnez votre salaire pour subvenir aux besoins de votre famille. Le travail est une autre sorte de dévouement à Dieu Tout-Puissant. Je suis tout le temps en déplacement dans le cadre de mes missions habituelles. Je réponds toujours présent et j'essaye de satisfaire tout le monde pourvu que mes tâches soient agréées par notre créateur. Mon rythme de vie ne change pas. Je règle des dossiers en suspens et je tente de soulager certaines personnes dans le besoin par devoir de conscience. Louanges à Allah le Gracieux, le Bienveillant celui qui nous guide dans le droit chemin et a prescrit à ses croyants le mois de Ramadhan une fois par an pour jeûner ses journées et prier durant ses nuits. Le Ramadhan est l'un des plus grands fondements de l'islam qui purifie l'âme de ses péchés. Faut-il maintenir le couffin du Ramadhan ? J'estime qu'il faut éliminer ce couffin. La solidarité ne se fait pas par le couffin, mais par l'instauration d'une politique durable de l'emploi devant épargner à beaucoup de nécessiteux le besoin de tendre la main. Tout le monde doit travailler. L'assistanat est un procédé provisoire. L'Algérien doit vivre de sa sueur. Il ne doit pas exiger un emploi précis, mais de vivre dignement et de participer à l'édification de notre pays. Le couffin est une aide qui n'est pas acceptable. Il faut aller vers l'investissement productif pour assurer des emplois aux jeunes.