Le vase rouge et noir déborde. Son propriétaire s'énerve et accuse les comploteurs. Les tribunes de Bologhine explosent et s'égosillent suite à cette cinquième panne consécutive de l'USM Alger. Deux points sur quinze. Un bilan d'une équipe « star-système » qui s'avère très maigre. La crise est là, de surcroît pour un champion sortant. Mais une situation pas spécifique au club algérois. Nombre d'autres clubs algériens ou étrangers ont connu le sommet avant de sombrer au prochain exercice. Pourquoi alors cette montée au créneau de Rebouh Haddad, pourtant habitué au respect de l'obligation de réserve, pour dénoncer, subitement, l'arbitrage au... huitième match de la saison ? « Le président de la CFA, Hamoum, ne fait pas correctement son boulot. Il y a un complot contre nous. Il faut revoir la désignation des arbitres. Hamoum doit assumer... Aujourd'hui, l'arbitre stagiaire a privé mon équipe d'un penalty », concède le patron de l'USMA, ajoutant que « si la LFP me convoquait, elle ne me coupera pas la tête ». Il faut avouer que dans cette scène, le « poquito » paradoxal sent très fort chez un responsable qui accuse l'arbitrage que toute l'opinion sportive algérienne soupçonne d'avantager le club de Haddad avec tous les penalties, depuis trois saisons, dont il a bénéficié. Ce sont les supporters de l'USMA qui sont les auteurs de la fameuse « demande » scandée dans les tribunes « papa Haddad, achète-nous un penalty », dès que l'équipe tarde à scorer. Un écho qui résonne encore depuis les trois penalties sifflés par Houasnia à Bologhine et qui n'avaient pas suffi pour éviter la défaite (3-4) devant la JSMB. Le président de l'USMA, cette saison, n'a rien « reproché » aux arbitres qui ont offert des penalties imaginaires à son club (USMA 1-ESS 1, USMA 2-CRB 0) ou privé d'autres de penalties (JSK 1-USMA 2), comme cette tête du défunt Ebossé ricochant sur le bras de Meftah. L'USMA, quand bien même elle méritait un penalty contre le NAHD, ce n'est pas ce but qui va effacer son long passage à vide. Le président serait mieux inspiré de chercher les failles ailleurs, a estimé le public usmiste après le match. A la LFP, après l'épisode Hannachi, ce sera, peut-être, celui de Haddad que la CD rappellera sa prise de position en faveur de l'arbitre Bitam. Pôvre football.