Mais suffit-il d'établir ces constats pour se dédouaner aux yeux de l'autorité directe, des parents, des enfants, de la famille éducative ? Non qu'il faille taire ces vérités qui font mal, ou se déculpabiliser en rejetant la faute sur l'autre, ou encore diagnostiquer sans tenter d'apporter le remède. Sans miracle. Car, force est de croire qu'il n'y en pas. Ni de recette toute prête à la consommation. Le débat est ouvert aujourd'hui en guise d'invitation à l'enrichir, à l'entretenir pour mieux l'appréhender. C'est toute la problématique posée en toute sincérité, sans arrière-pensée. Mais force est de reconnaître que devant cette appréciation d'échec, de faiblesse ou de médiocrité, il est des préoccupations certaines, toujours bonnes à dévoiler, surtout lorsque ces dernières ne faisant pas table rase de tout ce qui touche comme tabou à l'institution Ecole, sont suivies d'effet. Du moins l'effort est-il là, à se manifester sous plusieurs formes. Puisque les tentatives de résoudre les mille et un problèmes vécus par la famille éducative, dans toute son entité, valent la peine de les faire vivre pour les solutionner. Ensemble. Tous secteurs confondus, toute partie y ont intérêt. Responsabilité partagée D'abord en situant les responsabilités de tout un chacun. Du chef d'établissement, à l'enseignant, en passant par l'élève. Et, bien entendu, la tutelle qui est comptable devant les parents qui ont placé en elle leur confiance et devant tout cet ensemble qui constitue les éléments fondateurs de l'école. Depuis 18 mois maintenant, l'éducation, ministère, directions, administration se déploient pour reprendre les manquements enregistrés à la bonne mission de prise en charge de l'école, des écoliers et de leurs parents. Face à l'attente de la société qui, en fin de compte, est structurée par l'école, le pilier en quelque sorte qu'il ne faut pas perdre de vue, il est une réforme qui depuis les années 2000 a fait son bonhomme de chemin. Même s'il faut reconnaître que le bout du tunnel est peut-être encore long à atteindre. L'école est en fait toute une histoire, et son application. Elle commence par l'amélioration d'une situation en train d'être réformée. Une des actions fondamentales qui a procédé par l'évaluation des besoins, à travers l'installation de la commission chargée d'initier la charte d'éthique, composée de la famille éducative et des syndicats, élaboration et enrichissement. Et ce en revisitant, en réactualisant les données déjà posées sur la table des négociations avec tous les partenaires, social, familial, éducatif. 2014-2015 aura été plus qu'un ballon d'essai, en ces deux rencontres d'évaluation du système éducatif, pour apporter un correctif à cette gouvernance devenue obligatoire, eu égard à la refonte pédagogique, la réécriture des programmes, le livre scolaire, en d'autres termes, arriver à un produit national, algérien pour constituer un socle de référence commun, et rattraper ces valeurs, véritable composante identitaire à travers le riche patrimoine de la littérature algérienne qui est le nôtre dans ses trois déclinaisons : arabe, tamazight et français. Programme, mesures et application Tout un programme, donc, qui se veut un apport certain en remédiation, en examination, en production...Revenir aux fondamentaux qui ont appris à des générations à lire, écrire et calculer. L'éducation s'en est allée en campagne pour distiller ce plus dans 10 wilayas du nord et dans onze autres du sud. De là où est partie cette action de volontarisme éducatif afin de pourvoir au hiatus qui a sévi et qui continue de drainer d'autres manques à gagner et qui ne peut se faire sans l'assistance de tous les secteurs, en passant par les médias, véritable passerelle, qui jettent tous au départ déjà leur fondements dans cette école maintes fois décriée, critiquée, dénoncée sans jamais prendre la peine de se pencher réellement sur ces facteurs, portés en disgrâce, à chaque fois que des tentatives de remise sur les rails se manifestent. Pourtant, au travers de ces approches avec les wilayas, il a été mis en avant ces éléments qui sont connus de tous, rendus palpables avec ces taux d'échec, de redoublement, de déperdition scolaire, qui sont reconnus par la tutelle. Sans faire dans l'alarmisme. Mais plutôt pour avancer dans le bon sens en allant plus loin que le constat, en assurant un suivi, effectif de toutes les opérations engagées. Un engagement non-stop pour un enjeu qui en vaut la chandelle. Une sacralité à laquelle il est tenu pour ne plus perdre de vue que les repères ne sont plus là et qu'il ne faut plus se permettre de se voiler la face et ne pas tenter de les récupérer. Un des paramètres est sans doute celui du respect de l'institution par tous ceux qui la composent. L'école réunit enseignants, élèves, administration et parents d'élèves. C'est une belle association qui donnerait de si bons résultats pourvu que l'on se donne la main pour contrecarrer cette irruption maladive de la violence, de l'exclusion, de la compromission de l'effort. Cet effort tant dévoyé et chahuté, alors que c'est lui qui permet à l'enfant de murir, de se prendre en charge, de mesurer ses capacités intellectuelles, de le responsabiliser. Et la présente charte d'éthique s'y consacre. S'y attelle. Le contrôle continu en est un des supports pour créditer cette notion de donner l'enseignement et de le recevoir. Les principes fondateurs de la composante éducative sont compris dans cette charte qui sera soumise à signature ce 29 novembre. Revendications, oui, mais pas au détriment de l'élève Le partenaire social, six des syndicats invités à cette signature, donnent d'ores et déjà leur paraphe. Alors qu'il y a quelques jours, le mouvement de grève initié par le CLA n'a fait réagir que 250 enseignants de quatre wilayas sur les 101.000 du palier secondaire sur tout le territoire national. Les revendications étant toujours celles inhérentes à l'élément socioprofessionnel, quand ce qui peut être clamé pour améliorer l'entité Ecole du point de vue pédagogique avec tout ce qui représente de l'acte d'enseigner, de l'améliorer reste lettre morte... Et seuls les acteurs de cette école savent combien le métier d'enseigner est difficile, plus que tout autre métier. Car, celui ou celle qui le pratique est en continuel effort, avant, pendant et après la classe. Tout comme l'élève qui suit ce rythme pour être en situation. C'est en fait : « Créer un climat favorable pour une remise en ordre adéquate, urgente et nécessaire ». Une bonne politique qui servirait les uns et les autres, encore faut-il regarder dans la même direction. Celle de garantir un meilleur enseignement avec une meilleure formation, et non plus recruter dans le tas pour pallier l'urgence, accomplir un effort collectif, pour placer l'élève au cœur des préoccupations de l'éducation nationale et venir à bout de toutes les dérives qui ont atteint un seuil intolérable, entre violence, atteinte à l'intégrité morale et physique, amalgame entre droits et devoirs, restituer à l'école la place qui lui sied, de qualité, autrement dit issue d'un pur produit algérien. A condition que tous contribuent à cette amélioration visée par les concepteurs de cette charte, sans avoir à hypothéquer ou à compromettre l'avenir de millions d'élèves.