Estimation n L'agriculture de conservation gagne du terrain. Elle serait pratiquée sur environ 100 millions d'hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique du Nord et du Sud, mais aussi en Afrique et en Asie. Vendue comme étant une solution à l'insécurité alimentaire et un mécanisme d'adaptation aux changements climatiques, l'Agriculture de conservation (AC) est en train de donner aux fermiers une raison de sourire dans leurs champs et surtout le chemin vers la banque. «Les agriculteurs s'intéressent à cette technique culturale parce qu'elle leur permet de conserver leurs ressources naturelles, de les améliorer puisqu'elle est, du point de vue ressources, plus efficace et plus rationnelle», affirme Youcef Ferrag, ingénieur agro-pédologue. Dans les pays du Maghreb, c'est le Maroc qui, le premier, semble s'intéresser à l'agriculture de conservation et ce, en procédant depuis les années 1980 au développement des activités de recherche. Le semis direct, l'un des principes de l'agriculture de conservation qui nécessite des moyens spécifiques, est pratiqué au Maroc depuis 2001 déjà, suite aux premières rencontres de Réseau de grandes cultures méditerranéennes (RCM), animé par la Fondation française pour l'épanouissement et le renouveau de la terre (Fert). Des chercheurs marocains ont conçu et testé ainsi un semoir prototype «semis direct». On parle actuellement de semoir semis direct marocain. Les premières régions où le semis direct a commencé à être pratiqué dans ce pays sont Khemisset, Chaouia…. Dans l'autre pays voisin, en l'occurrence la Tunisie, on a procédé au lancement de cette technique en 1999 et ce, avec l'aide d'organismes français et d'autres chargés du développement de l'agriculture. Pour cela, elle s'est donné les moyens pour tester l'approche de cette méthode culturale. L'initiative a mobilisé également d'autres acteurs économiques privés qui commercialisent les semoirs spécifiques utilisés dans le semis direct. D'ailleurs, la Tunisie a pu obtenir des résultats encourageants, puisque la superficie emblavée en semis direct était estimée déjà en 2007 à près de 10 000 hectares. S'agissant de notre pays, de l'agriculture de conservation seulement, le semis direct a fait l'objet d'un intérêt particulier. Parmi les efforts consentis pour développer cette technique en Algérie, on cite l'acquisition par l'Institut national agronomique en 2000 d'un semoir semis direct, et ce, dans le cadre de l'expérimentation et la recherche au profit des étudiants de fin de cycle d'études. En 2005, la société Greencoop, spécialisée dans l'importation et la distribution de moyens et facteurs de production agricole, sise à Chéraga (Alger), a introduit un semoir suédois de marque Vaderstad et des surfaces ont été emblavées en semis simplifié dans la région de Aïn Defla. Durant la même période, un essai similaire a été fait dans la région de Sétif. Cependant, le plus important dans l'adoption de cette méthode a été consacré à la participation aux rencontres internationales en direction des agriculteurs et cadres nationaux (universités, Institut technique de grandes cultures, Institut national de la recherche agronomique d'Algérie…). C'est donc à partir de 2005 que des études «plus approfondies» ont été réalisées sur le terrain et ont touché des exploitations agricoles dans quelques régions. Dès lors, des propositions ont été faites aux agriculteurs pour l'essai de nouvelles pratiques dites TCS (Travaux culturaux simplifiés).