Dans un rapport sur "L'intérêt croissant pour les terres agricoles", rendu public mercredi dernier , la Banque mondiale préconise d'encadrer les investissements dans les terres arables par un code de bonne conduite. Ce code devrait, selon elle, reposer sur quelques principes clés : le respect des droits et des ressources locales ; l'assurance de la sécurité alimentaire pour les populations ; la transparence et la bonne gouvernance ; la consultation et la participation des acteurs locaux. Enfin, ces investissements devraient être "responsables" d'un point de vue social et environnemental. Or, la Banque mondiale insiste sur la nécessité d'un meilleur investissement dans l'agriculture afin de réduire la pauvreté, soutenir la croissance économique et protéger l'environnement. Selon elle, l'augmentation de la demande en produits agricoles prévue pour la prochaine décennie pourrait être satisfaite, sans toucher aux forêts, en agissant à la fois sur la productivité et l'expansion des surfaces cultivables. Et de préciser qu'une des priorités du développement est d'accroître la productivité de l'agriculture vivrière, notamment en Afrique. L'étude note que la surface de terres cultivées a augmenté de 2,7 millions d'hectares par an entre 1990 et 2005. Une progression qui ne s'accompagne pas d'une croissance de productivité de la même ampleur. Cette expansion est concentrée en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et en Asie du sud alors que les pays industrialisés perdent en moyenne 0,9 millions d'hectares chaque année. Selon le rapport de la Banque mondiale, cette expansion des terres n'est pas prête à ralentir au vue des demandes futures (croissance démographique, développement d'énergies alternatives au pétrole…). Selon une approche plutôt conservatrice, cette progression est estimée à 6 millions ha supplémentaires par an d'ici 2030 dans les pays développés. Les deux tiers seraient concentrés en Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Les principaux produits cultivés sur ces terres nouvellement conquises sont les huiles végétales, le sucre de canne, le riz, le maïs et la plantation de forêts. Ils sont destinés à l'alimentation, à l'industrie ou à la transformation en agrocarburants. Souvent, ces cultures entraînent des changements de production profonds: en Amérique latine le soja et les arbres à croissance rapide pour le bois et les pâtes à papier prédominent alors qu'en Asie du sud ce sont les huiles végétales.