En Angleterre, les chroniques du XIIe et du XIIIe siècle, comme celles de Nugis Curialim ou celle de Walter Map, fourmillent de récits de défunts, qui quittent la nuit leur tombeau pour venir tourmenter les vivants et sucer leur sang. Et quand, soupçonnant des cas de morts-vivants, on ouvre les cercueils, on découvre des cadavres frais, avec du sang sur les lèvres. Dès lors, on voit des vampires partout et on se méfie des personnes au teint pâle ou au comportement bizarre. Mais c'est au XVIIIe siècle que l'Europe est prise par la psychose du vampire. A la suite de l'épidémie de peste, les gens épouvantés par l'étendue du désastre, croient voir des phénomènes étranges, comme le fait que les corps des victimes du fléau ne se décomposent pas. Les vieilles croyances ressurgissent. On crie aux vampires et les légendes les plus folles circulent en Europe. un militaire du nom de Flückinger, consacrant une étude «scientifique» aux vampires, cite le cas d'un vampire serbe qui a décimé tout un village. L'Eglise s'en mêle et les autorités religieuses s'emparent de nombreuses affaires d'accusation de vampirisme. On traque les vampires, on procède à des arrestations et on diligente des enquêtes. Le procédé le plus recommandé pour lutter contre les morts vivants est, après les avoir débusqués dans leur tombe, de leur enfoncer un pieu dans la poitrine, puis de les brûler. Mais il n'y a pas que les morts à être soupçonnés. De pauvres hères, errant dans les campagnes, hagards et faméliques, et sans doute victimes de la rage, qui faisait suite aux épidémies de peste, étaient soupçonnés et arrêtés.