Que signifient toutes ces dissidences qui marquent la configuration des partis politiques ? Nous savions le FLN régulièrement secoué par des mouvements de redressement et ces troubles trouvaient alors leur explication dans les tentatives de main-mise d'un sur un autre, tant la vieille chapelle représente bien plus qu'un parti politique, un appareil faiseur et défaiseur de rutilantes carrières. Par sa proximité d'avec les centres de décision, le FLN a toujours constitué un enjeu très important aux yeux de ses apparatchiks et de ses militants. D'où les récurrentes crises et luttes en vue d'en prendre le contrôle. Le grand paradoxe qui le caractérise, se situe sans doute dans la position très délicate de son actuel secrétaire général qui, bien qu'auréolé d'une victoire éclatante aux législatives, se retrouve l'objet de contestations de la part d'autres franges. Mais le plus étonnant, c'est surtout ces airs de dissidence qui secouent tous les partis dont le RND, réputé pour la discipline de ses militants. C'est donc son charismatique «patron» qui est remis en question. Le vent de révolte a commencé lors de la campagne électorale lorsque furent confectionnées les listes de candidats. La troisième dissidence concerne le plus vieux parti d'opposition que dirige le leader historique depuis son exil suisse : le FFS est sujet, lui aussi, à de profondes dissensions qui remettent en cause les méthodes du chef qui mène à sa guise, la ligne de cette formation, limogeant par-ci, nommant par-là qui lui semble le plus fidèle. Là aussi, c'est un autre tabou qui est brisé par des membres du parti qui considèrent l'inexistence des débats et le sacro-saint caractère des décisions du «zaïm» comme un frein à la démocratie, pourtant credo du FFS. La contestation n'a pas non plus épargné la mouvance islamiste, toutes chapelles confondues, et c'est le MSP qui se trouve le premier à subir les conséquences, avec l'indécision et les hésitations qui régissent désormais sa ligne politique considérée «d'entriste», dans la mesure où ce parti a toujours prôné une participation active au sein du gouvernement tout en clamant haut et fort, son opposition. De fait, ce sont tous les partis dits islamistes qui ne savent plus à quel saint se vouer, eux qui ont été les grands perdants des législatives alors qu'ils avaient prévu un raz de marée qui devait s'inscrire dans la continuité naturelle du printemps arabe qui a secoué les pays voisins. Ils ont fait semblant d'ignorer qu'ici, on a déjà essayé avec tous les dégâts et les immenses pertes en vie humaine. Enfin, de quoi je me mêle ? Khelli l'bir beghtah. Rabah Khazini