Calvaire - La décharge publique demeure un véritable souci pour la population d'Ouled Fayet et les habitants des communes environnantes. «Le Centre d'enfouissement technique d'Ouled Fayet sera bien fermé.» Ainsi en a décidé la justice en 2007. Mais sept ans plus tard, les riverains de ce qui est devenu une décharge à ciel ouvert n'en peuvent plus. «J'adresse un message aux habitants d'Ouled Fayet pour qu'ils sachent que, d'ici à la fin de l'année, nous allons entamer progressivement la fermeture de cette décharge», avait déclaré M. Benyounes à la presse en marge d'une visite d'inspection des projets liés à la gestion des déchets au niveau de la wilaya d'Alger. Dans les faits, cette décharge demeure un véritable souci pour la population d'Ouled Fayet et des communes environnantes. Au contraire, elle continue de prendre de l'ampleur. Pour atterrir au niveau de cette décharge, il n'y a pas lieu de trop chercher, il suffit tout simplement de suivre les dizaines de camions transportant des déchets ménagers rencontrés sur l'autoroute pour atteindre cette fumée noire qui se dégage dans le ciel. Certains d'entre eux laissent une partie de la cargaison sur la route, la transformant en de véritables décharges sauvages, semblables à celles que nous rencontrons un peu partout dans les cités du pays. A l'entrée de la décharge, plus d'une centaine de camions transportant des déchets ménagers, pare-chocs contre pare-chocs se bousculent pour déverser les déchets des autres communes. Nous avons même remarqué des camions immatriculés dans la wilaya de Blida, se mettre de la partie pour agresser la santé des citoyens. «Cette odeur nauséabonde te colle à la peau, reste dans ta tête, tu ne peux t'en défaire. Et quand on passe le doigt sur la fenêtre, il devient tout noir.» Sid-Ali, 35 ans, au même titre que ses concitoyens, se révolte contre les pouvoirs publics qui «nous abreuvent de promesses». «Voilà sept ans que la décharge d'Ouled Fayet pollue la vie des habitants des communes environnantes», nous dit-il. Le 11 juillet dernier, un appel d'offres international a été lancé pour trouver une entreprise qui doit se charger de la fermeture de ce qui devait être un Centre d'enfouissement technique performant et qui est devenu, au cours des années, une décharge. Une fermeture déjà prononcée par décision de justice en 2007, suite aux protestations récurrentes de la population. Un Central Park à l'algérienne tel qu'il a été pensé et tel que le représentent la maquette et les documents se trouvant à la direction de l'environnement. Un document que les habitants de la zone d'Ouled Fayet ne connaissent pas. Mais Salah Fizi, un spécialiste en écologie, ne croit pas à sa reconversion. «Il est impossible de transformer cette décharge en espace de détente, tant les sols sont infiltrés de lixiviats et de gaz toxiques et explosifs», s'emporte ce militant de la nature. Plus que les désagréments dus aux odeurs insupportables, c'est l'ensemble des considérations sanitaires et écologiques confirmées par des médecins présents lors de notre rencontre, qui sont mises en avant. «La nappe phréatique est touchée», disent nos interlocuteurs parmi lesquels des médecins et des écologistes. Lire demain notre dossier : «Aïn Benian : une commune qui se cherche»