Deux mois après la fin des «opérations militaires majeures» en Irak, l'armée américaine s'efforce toujours, avec les grands moyens, de mater une résistance apparemment croissante, alors que des sénateurs américains ont prévenu que la lutte risquait d'être encore longue. Malgré tout, l'administrateur américain de l'Irak Paul Bremer a estimé mardi que la reconstruction du pays se poursuivait «comme prévu» et ce, en dépit de la lenteur du retour à la normale des services publics essentiels. «Certes, il y a eu un certain nombre d'attaques contre les forces de la coalition, contre les civils irakiens et contre l'infrastructure irakienne», a dit M. Bremer, mais «nous sommes bien en voie d'établir une administration irakienne intérimaire vers la mi-juillet comme je l'ai toujours suggéré». La reconstruction se poursuit «comme prévu», a-t-il ajouté, indiquant qu?en six semaines, les autorités d'occupation avaient dépensé près d'un milliard de dollars pour divers projets dans le pays. Mais deux mois exactement après que le président américain George W. Bush eut annoncé la fin des «opérations militaires majeures» en Irak, un groupe de sénateurs américains influents en visite à Baghdad a lancé un message d'avertissement à l'intention des soldats et de l'opinion publique américaine, estimant que la guerre était loin d'être terminée. «Le principal combat est terminé, mais pour les soldats, la guerre se poursuit. Les risques existent encore et il pourrait y avoir des victimes», a déclaré le sénateur républicain John Warner, président de la Commission des forces armées. «La guerre n'est pas finie (...) Nous sommes ici pour une longue période», a dit pour sa part le sénateur démocrate John Rockefeller, de la Commission restreinte sur le renseignement. Confrontée à une recrudescence d'attaques et d'actes de sabotage, l'armée américaine a lancé lundi une nouvelle opération, «Crotale du désert», la plus grosse campagne depuis la fin de la guerre contre les partisans de l'ancien parti unique, le Baas.