Résumé de la 6e partie n Gilbert Renault, alias Remy, détenteur de la précieuse carte, apprend que sa vie est en danger, il décide alors de rejoindre, accommpagné de toute sa famille, l'Angleterre... Rentré dans son appartement parisien, le colonel Rémy prend les contacts prévus en cas d'urgence. Il fait annoncer sa venue à Londres par l'émetteur radio clandestin. Il donne instruction à tous les membres de son réseau de se disperser jusqu'à nouvel ordre et il se rend à la gare Montparnasse, avec deux valises pleines : l'une contient ses effets personnels, l'autre est bourrée de documents secrets, dont les plans du mur de l'Atlantique en Normandie. Son arrivée à Pont-Aven, qu'il n'avait pas annoncée, est un intense moment d'émotion. Sa femme Edith était en train de donner le biberon à leur petit dernier, âgé de six mois, tandis que les trois autres jouaient dans le jardin. Elle se précipite vers lui, l'air plus angoissé qu'heureux de sa venue: — Qu'est-ce qui se passe ? Il est arrivé quelque chose ? — Oui. Nous devons passer en Angleterre le plus tôt possible. Je vais aller sur le port. Prépare-toi. Si tout va bien, nous partirons à l'aube. Peu après, Gilbert Renault est sur les quais de Pont-Aven. Le temps est radieux. Les maisons pimpantes et les bateaux peints de couleurs vives composent un spectacle charmant ; seuls quelques uniformes vert-de-gris rappellent qu'on est en guerre. Gilbert Renault va directement sur le «Deux Anges», un petit homardier avec trois hommes d'équipage. Le patron, Alex le Quérec, est sur le pont. Rémy sait qu'il fait partie de la Résistance locale et qu'il peut s'adresser à lui en cas de besoin. — J'aurais besoin de passer en Angleterre demain, mais je ne serai pas seul. — Qui sera avec vous ? — Ma femme et mes quatre enfants. C'est possible ? Alex le Quérec ouvre l'écoutille de la petite cale où on jette les homards. — Il faudra vous serrer, mais il n'y a pas de problème. — Il y a aussi une grosse valise. — Ça ira... Le patron des «Deux Anges» réfléchit un instant et ajoute : — Soyez ici demain, à 6 heures. Cela nous permettra de nous présenter à l'embouchure de la rivière en même temps que les pêcheurs des autres petits ports. Si nous arrivons avec eux à Port-Manech, nous aurons de meilleures chances de passer. C'est là que les Allemands inspectent les bateaux de pêche. — Comment pratiquent-ils ? — Ils sont une quinzaine. Ils montent à bord d'un bateau sur deux. — Et s'ils viennent sur le «Deux Anges», ils nous trouveront ? — Pas forcément. Quelquefois, ils ne demandent que les papiers. De toute façon, nous serons entre les mains de la Providence... Le lendemain à 6 heures, Edith, avec le bébé dans les bras, les trois autres enfants et le colonel Rémy, portant la valise renfermant les plans du mur de l'Atlantique, se présentent devant le «Deux Anges». La jeune femme a un mouvement de recul en voyant l'exiguïté de la cale. — C'est trop petit. Nous ne tiendrons jamais. — Mais si, pressez-vous ! Il ne faut pas vous faire remarquer. (à suivre...)