Moins d'un an après la crise entre et après une série de sanctions économiques de la Russie contre la Turquie, le temps des tensions semble bel et bien révolu. Erdogan et Poutine semblent avoir passé une sorte de marché sur la Syrie. Moscou laisse l'armée turque mettre en place une zone de sécurité à l'ouest de l'Euphrate pour empêcher la constitution d'un Kurdistan syrien autonome dans le nord de la Syrie. En contrepartie, Ankara révise ses alliances locales et ne fait plus du départ du président Assad, un préalable de sa politique syrienne Entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan le temps semble être à la réconciliation. Novembre 2015, un avion militaire russe volant à proximité de la frontière turquo-syrienne est abattu par la Turquie, qui assure que l'appareil avait violé son espace aérien. Cet acte aggrave la crise naissante entre la Russie de Poutine et la Turquie d'Erdogan, en total désaccord sur le dossier syrien. Moins d'un an plus tard et après une série de sanctions économiques de la Russie contre la Turquie, le temps des heurts semble bel et bien révolu. Si les deux chefs d'Etat se sont déjà rencontrés après la tentative manquée de putsch contre le leader turc, il s'agit de la première visite de Vladimir Poutine en Turquie depuis novembre 2015. Sur la Syrie, les deux chefs d'Etat semblent avoir passé une sorte de marché sur la Syrie. Moscou laisse l'armée turque mettre en place une zone de sécurité à l'ouest de l'Euphrate afin d'empêcher la constitution d'un Kurdistan syrien autonome dans le nord de la Syrie. En contrepartie, Ankara révise ses alliances locales et ne fait plus du départ du président Assad un préalable de sa politique syrienne. Les deux présidents ont insisté sur la nécessité du retrait des groupes armés de la ville syrienne d'Alep. «Le président turc et moi-même avons convenu de tout faire pour soutenir l'initiative de l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, sur le retrait des unités militaires qui refusent de déposer les armes à Alep, afin de mettre fin à la violence», a déclaré le président russe à l'issue de cette rencontre. Il a également réitéré sa proposition faite aux Etats-Unis de retirer toutes les forces armées de la route du Castello. «Soit les Etats-Unis ne peuvent pas le faire, soit ils n'en ont pas envie. J'espère que cette idée sera évoquée lors des entretiens qui auront lieu le 15 octobre en Suisse», a noté le président Poutine. Les deux présidents ont assuré qu'il fallait éviter les provocations auxquelles les convois humanitaires faisaient face chaque fois qu'ils arrivaient en Syrie. «Nous avons une position commune avec la Turquie concernant ce qui doit être fait pour fournir une aide humanitaire à Alep. La question est de veiller à la sécurité pour les livraisons des cargaisons», a conclu Poutine. L'heure est surtout à la coopération énergétique. Les deux dirigeants se sont accordés pour mener à bien le projet de gazoduc russo-turc TurkStream, qui doit acheminer le gaz russe vers l'Europe en passant par la mer Noire. M. B./Agences