La liste des participants aux législatives du 10 mai 2017 s'élargit. Et les candidats sont désormais de tous les courants politiques. Il y a aussi bien les démocrates que les islamistes. Parallèlement, ce qui est incontestable, l'espace des boycotteurs se rétrécit. Même le parti de l'ex-chef du gouvernement, Ali Benflis, «Talaï El Houriet», semble tergiverser sur la question: il ne s'est pas encore prononcé officiellement pour le boycott. Sa décision finale sera connue le 7 janvier prochain et des observateurs laissent entendre que ce parti va opter pour le boycott. Il n'empêche qu'un revirement de dernière minute pourrait se produire. Et la raison est toute simple. C'est que des partis de l'Instance de concertation et de suivi de l'opposition (Icso), et non des moindres, entre autres, le MSP et le RCD, ont annoncé leur participation aux nouvelles élections. Benflis laisse faire en affirmant que les partis sont souverains dans leur décision. Pourtant, d'aucuns le constatent, une telle réaction des deux partis est loin d'être sans conséquences. Talaï El Houriet est en train de perdre du terrain. Et pour ne pas en perdre davantage, une éventuelle décision de prendre part, lui aussi, aux élections, n'est pas à écarter. Deux autres partis, membres de l'Icso, à savoir le FJD et Nahda, ont annoncé leur participation aux législatives 2017. Ils s'engagent dans la course avec des listes communes, ne pouvant le faire séparément, en raison de leur faible taux de représentativité (selon la nouvelle loi électorale). Ils ont donc décidé de fusionner. Les deux partis islamistes proposent même d'aller vers une «alliance intégrée» en prévision de ce même rendez-vous électoral. Ce qui devrait permettre à d'autres petites formations politiques de prendre part, elles aussi, aux élections et aspirer à quelques sièges au sein des assemblées futures. «Le projet d'alliance entre le Mouvement Nahdha et le Front pour la justice et le développement a été adopté», a indiqué un communiqué du mouvement Nahdha à la fin des travaux de son Majless Echoura. Et de poursuivre: «les démarches pour une alliance avec les autres partenaires politiques ont été finalisées». Hassan Aribi du FJD, a indiqué que «l'alliance reste ouverte aux autres formations politiques, notamment celles à tendance islamique et nationale. Le temps est venu pour unifier les rangs et se consacrer à l'édification de l'Etat algérien». Un projet d'alliance et des propos à ne pas prendre à la légère. C'est dire que la course électorale s'annonce, d'ores et déjà serrée. D'un côté, le FLN qui revient en force, à la faveur d'un travail d'unification des rangs du parti suite à la destitution de l'ancien secrétaire général du parti, Amar Saâdani et son remplacement par Djamel Ould Abbès qui a réussi à convaincre de nombreux dissidents de revenir dans la grande-maison FLN. Le FLN ne projette aucune alliance, avec aucune formation. Il n'en a pas besoin, fort de la mobilisation de sa base militante, dans les 48 wilayas du pays, mais aussi de membres influents dans la direction du parti, entre autres, le comité central qui compte plusieurs ministres. Certains noms sont déjà donnés comme partant du gouvernement pour se consacrer à la campagne électorale. Ils seront «têtes de listes». D'un autre côté, les islamistes. Et d'un autre côté, le FFS et le RCD, séparément, mais dont le lectorat kabyle, principalement, demeure fidèle, voire inconditionnel, malgré les crises et les turbulences. Une participation «tactique» comme le disait le FFS lorsqu'il a annoncé sa participation aux législatives de 2012. Les deux partis tiennent à participer aux élections pour faire barrage, à leur manière, à certains projets et décisions qu'ils jugent contraires à leurs idées. Agir de l'intérieur du système faute de pouvoir le faire efficacement de l'extérieur. La participation de ces formations politiques, de différents courants, donnent du crédit aux prochaines législatives. Par ailleurs, cela donne espoir de pouvoir écarter de la compétition ceux habitués à recourir aux grands moyens, financiers s'entend. Ils n'auraient plus d'influence comme par le passé. C'est du moins le souhait des électeurs. Une concurrence loyale pour des candidats et des projets de qualité. K. M.