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Entre laxisme et opérations ponctuelles ciblées
L'informel prolifère à Annaba
Publié dans La Tribune le 29 - 09 - 2010


Photo : Riad
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani
L'informel, devenu un véritable phénomène de société dans notre pays, touche pratiquement tous les secteurs d'activité et s'est imposé au fil des ans pour s'affirmer comme un marché qui a ses règles, ses fournisseurs, ses détaillants et ses clients. En l'absence d'un contrôle rigoureux et d'une répression sévère, ce marché s'est développé et a prospéré de telle sorte qu'il est aujourd'hui quasi impossible de l'éradiquer parce que nécessitant une vigilance et une mobilisation constantes des services de l'Etat et une volonté de ces mêmes services d'en finir avec ce type d'activité illicite. Le commerce informel a fait son apparition et s'est installé au début des années 1980 avec les pénuries qui avaient touché dans un premier temps les produits de première nécessité pour s'étendre plus tard à presque tout ce qui se vend et s'achète, bien sûr, en dehors du circuit officiel suivi et réglementé. Cela avait commencé aux abords des Galeries algériennes et des souks el fellah où l'on revendait au prix fort les produits achetés en grande quantité avec l'aide d'un complice travaillant dans cette grande surface. Des produits subventionnés et fortement soutenus par l'Etat se vendaient 2 à 3 fois plus cher sous l'œil bienveillant de ceux-là mêmes censés réprimer ce type d'activité illicite. Le laxisme de l'autorité en place, la bienveillance de certains responsables, ajoutés aux «petits cadeaux» que reçoivent certains ont fait que «l'activité» devienne tout à fait normale et soit admise par tous comme telle.
Annaba, place forte «spécialisée»
Annaba, place forte de l'informel, est aujourd'hui un terrain conquis par le commerce illicite, les revendeurs agissent en maîtres des lieux défiant quiconque et écoulant leurs marchandises au grand jour.Il n'y a pas un seul mètre carré de l'espace public qui ne soit squatté, tout a été envahi et ceux qui arrivent sur le tard sont obligés de s'entendre avec ceux qui étaient là avant, quitte à leur payer une «dîme». Il n'y a plus de trottoirs et les passants sont obligés de se faufiler à travers les marchandises étalées à même le sol ou d'emprunter la chaussée au grand dam des automobilistes qui pestent contre cette situation. Il y a à Annaba une sorte de spécialisation de l'activité informelle -les secteurs sont répartis selon le type de marchandise proposée- et une entente tacite entre «opérateurs» est généralement respectée parce que la clientèle s'est habituée aux lieux et sait où se trouve tel ou tel produit.
Du côté de la rue Gambetta, surtout dans les rues parallèles, ce sont les effets vestimentaires de toutes marques et de tous types, hommes, femmes, enfants qui sont exposés ou accrochés aux murs. Des vendeurs à la criée louent leurs produits et en font la promotion, proposant des prix défiant toute concurrence et une foule nombreuse se bouscule pour faire ses achats. A la rue Bouskara, c'est presque la même chose sauf que -rentrée des classes oblige- ce sont les fournitures scolaires qui envahissent tous les espaces. Stylos, règles, compas, équerres, rapporteurs, crayons de couleur et autres trousses, sacs et cartables sont proposés aux clients qui viennent des quatre coins de la ville pour en acheter ; une abondance où la qualité des produits passe au second plan, les prix étant un indicateur infaillible. A titre d'exemple, un étui de 12 stylos à 50 DA, une affaire ? Non, c'est plutôt une arnaque puisque plus de la moitié du contenu ne fonctionne pas, le client vérifiant rarement ces articles.Au quartier Mersis, on trouve tout ce dont on a besoin, de la bouteille de gaz vide à la brocante en passant par les portables, les chaussures d'occasion, les ustensiles en cuivre, les réchauds à gaz et autres meubles. «Ici, on trouve un téléphone portable avec sa carte SIM entre 1 000 et 1 500 DA, des chaussures toutes neuves à 500 DA, nous dit le jeune Naouri, natif du quartier. L'origine de ces articles, on ne la connaît pas, le client ne pose pas de questions, le vendeur n'est pas inquiété et tout le monde y trouve son compte.»Du côté du marché El Hattab après le rond-point, c'est le quartier des «opticiens» et des «libraires». Ici, on vend tous types de lunettes de vue avec les corrections qu'on veut, il suffit de demander. «Sur la paire de lunettes, la correction est déjà inscrite, vous prenez ce qui vous convient et cela coûte à peine 200 DA, nous lance le vendeur. Cela vaut mieux que de payer les mêmes entre 2 500 et 3 000 DA sans compter la visite chez l'ophtalmo.» Un langage qui ferait sortir de ses gonds un opticien ou un médecin. Ce qui est sûr, c'est que la plupart des gens viennent «s'approvisionner» dans ces boutiques à ciel ouvert sans se soucier des risques que cela peut avoir sur leur acuité visuelle ou sur leurs yeux. Les étals se multiplient et à chaque fois on voit arriver de nouveaux venus chargés de marchandises «made in China». Juste à côté, ce sont les libraires qui tiennent «étal» (faute de boutique). Les livres sont disposés à même le sol sur une sorte de bâche transparente qui sert aussi de couverture en cas de pluie. Manuels scolaires de tous niveaux, dictionnaires, livres de recettes de cuisine, œuvres littéraires, romans policiers, vieux magazines ou vieilles revues, bref tout ce qui peut être lu. Les prix, bien sûr, sont très abordables et les clients ne manquent pas.De l'autre côté de la rue, ce sont les vendeurs de cartes Sim qui ont squatté les lieux, Djezzy, Mobilis ou Nedjma se négocient avec les revendeurs sans contrat, au mépris de la réglementation en vigueur. On y vient, on achète sa puce comme on achète sa baguette de pain et on a sa ligne disponible. A la question d'où il se procure ces cartes Sim, Redha, 25 ans, nous déclare que c'est une relation à lui qui les ramène et qui les lui revend. Il ne nous en dira pas plus, préférant garder secrète l'origine de ces cartes. Toujours est-il que les puces continuent à être vendues dans la rue au vu et au su de tout le monde sans que personne s'en
inquiète.A Souk Ellil ou à la Colonne, deux quartiers populaires, ce sont les marchands de fruits et légumes qui ont pignon sur rue, étals et charrettes à bras ne se comptent plus à tel point que certaines rues et ruelles ne permettent plus la circulation automobile. On ferme carrément la rue et on met sur des cageots sa marchandise exposée au soleil et à la poussière. Ce qui est étonnant, c'est que même dans ces conditions les clients affluent, attirés par les prix plus ou moins accessibles pour les petites bourses.
Réactions «laxistes» des autorités
Ce petit tour d'horizon du marché informel à Annaba renseigne sur l'ampleur du phénomène dans cette ville transformée en grand bazar par ces marchands qui ne respectent rien. Les riverains qui se plaignent souvent de cette situation, nuisances sonores, ordures, odeurs et autres désagréments, n'en peuvent mais ; les autorités, des élus ou des responsables de l'administration locale font la sourde oreille ou interviennent sporadiquement. Des campagnes sans lendemain qui encouragent encore plus ce type d'activité illicite. Les différentes APC qui se sont succédé à la tête de la commune de Annaba ont géré le phénomène en adoptant la politique du chou et de la chèvre. On fait semblant d'éradiquer le phénomène, on maintient la pression pendant quelque temps puis c'est le relâchement et ça repart de plus belle. Certains parmi les élus assimilent ces campagnes à des mesures impopulaires qui risquent de leur coûter cher pour leur carrière politique, d'autres estiment qu'il faut laisser les gens travailler de peur qu'ils ne versent dans le banditisme ou qu'ils ne soient recrutés par le terrorisme, quitte à gérer ce désordre et à en subir les conséquences. L'Etat ne veut pas trop
s'impliquer de peur d'avoir à affronter des manifestations de rue dont les conséquences sont imprévisibles. Il y a près de deux ans, un marché couvert a été construit à Sidi Amar pour rassembler et régulariser ces commerçants mais ceux-ci ont refusé de s'y installer et la situation est restée telle quelle.
La colère des commerçants
Les commerçants établis et inscrits ont vu chuter de plus de la moitié leur chiffre d'affaires du fait justement de l'informel qui s'est installé dans la durée. En effet, sur le trottoir, juste devant leurs boutiques, des vendeurs proposent les mêmes articles à des prix bien inférieurs à ceux que les premiers proposent, les clients ne s'embarrassent pas trop de la qualité des marchandises et achètent ces produits. «C'est un manque à gagner pour nous, nous dit le propriétaire d'une boutique de vêtements à la rue Gambetta, rue commerçante de la ville de Annaba. Nous payons nos impôts, des charges et des vendeurs, nous n'arrivons plus à nous en sortir et si cela continue tout le monde va baisser rideau et s'installer sur le trottoir, on ne payera rien du tout à l'Etat et on vendra tout ce qu'on voudra comme ces parasites le font.» La situation est intenable pour les commerçants qui se sont plaints à maintes reprises auprès de l'UGCAA, laquelle à son tour a rapporté leurs préoccupations aux autorités locales. Une grève des commerçants a eu lieu il y a quelques mois pour protester contre le commerce informel, une grève très suivie qui avait transformé Annaba en ville morte.
Opération «nettoyage ciblé»
Il y a près de 3 mois, la rue Gambetta a été complètement nettoyée suite à une opération coup de poing menée par les forces de l'ordre. Des policiers avaient été déployés tout le long de cette artère empêchant toute incursion des vendeurs à la sauvette. Le dispositif, maintenu jusqu'à aujourd'hui, a rendu les trottoirs aux piétons, les commerçants établis commencent à respirer et la circulation automobile y est fluide. Seulement, cela ne règle pas le problème puisque les vendeurs se sont installés juste derrière, dans les rues parallèles à la rue Gambetta, occupant parfois la chaussée puisque leur nombre a encore augmenté. L'informel a pris des proportions telles qu'il s'approprie carrément des espaces publics en y dressant des étals abrités sous des armatures métalliques, s'arrogeant ainsi des droits et des avantages que des commerçants établis et inscrits au registre du commerce n'ont pas.La situation empire de jour en jour. A quand donc l'éradication de ce phénomène qui empoisonne l'économie nationale et qui la tue à petit feu ?


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