De notre correspondant à Bouira Nacer Haniche Alors que le parc du logement est en train de connaître une croissance au niveau de la wilaya, grâce aux efforts déployés par les pouvoirs publics afin d'endiguer la crise du logement et de satisfaire les multiples demandes déposées depuis des années au niveau des services communaux. L'ancien bâti de la wilaya, dans le chef-lieu de wilaya et les autres agglomérations urbaines, continue de préoccuper les citoyens et responsables en raison de l'état de dégradation signalé au niveau des quartiers populaires constitués généralement d'habitations construites durant l'époque coloniale et d'autres sous forme de bidonvilles réalisés sans le respect des règles urbanistiques par des familles venues des localités rurales. Ces habitations sont bâties avec des moyens et matériaux rudimentaires et dans des endroits difficilement accessibles qui ne permettent pas aux habitants de bénéficier des autres facteurs modernes (l'électricité, l'AEP et le gaz de ville). Dans le même temps, les grandes agglomérations ont connu une urbanisation anarchique et une extension sauvage en raison de nombreuses constructions illicites réalisées avec précipitation et souvent au su et au vu des responsables locaux qui n'avaient pas daigné prendre des mesures ou des sanctions dictées par la loi. Les différents programmes de logement lancés (le logement social locatif LSL, le logement social participatif LSP, le logement promotionnel OPGI-CNEP et APC-CNEP, le logement AADL pour la location-vente et un programme LSP-FNPOS) auxquels s'ajoutent d'autres projets attribués à des promoteurs privés, s'avèrent maintenant insuffisants. Pour le prochain quinquennat 2010-2014, la wilaya prévoit la réalisation de 9 000 autres logements dans le cadre des trois formules (le logement public locatif, le logement aidé et le RHP), à ce nombre s'ajoutent près de 3 000 dont les travaux de réalisation n'ont pas encore débuté, en raison de divers problèmes.A côté de cela, la question de l'aménagement urbain et de la protection du cachet architectural et urbanistique de la région n'est que rarement inscrite dans le planning des responsables du secteur. Ces derniers sont plus occupés à accompagner la fièvre de la construction que de veiller au respect de la réglementation portant sur la lutte contre les constructions illicites. D'après les statistiques établies par les services de la wilaya, au début de l'année 2008 le parc du logement était évalué à quelque 130 000 habitations en collectif et en semi-collectif, 80% de ces logements étaient déclarés occupés, dont 26 000 dans un état précaire, près de 11 000 dans les zones urbaines et 15 000 dans les localités rurales. Ces statistiques indiquent que le chef-lieu de wilaya compte près de 1 500 logements précaires dans les quartiers populaires de la commune, dont les familles n'ont pas encore été relogées, pour diverses raisons.Dans ces localités rurales telles qu'El Mokrani, Souk Lekhmis, Bordj Okhris, Bouderbala…, on trouve encore des familles qui vivent dans des maisons en toub et ce, depuis des années. Ces habitations construites avec de la terre ont été évaluées à plus de 2 000. D'autre part, dans les grandes agglomérations comme Bouira, Sour El Ghozlane, Lakhdaria, on constate la précarité des vieilles bâtisses réalisées durant la période coloniale, ces dernières subissant depuis longtemps les facteurs naturels de dégradation doivent être rasées car leurs habitants courent le risque d'épidémies liées au manque d'hygiène. Cette situation a toujours engendré un sentiment de frustration chez les citoyens qui n'ont pas trouvé d'écoute de la part des pouvoirs publics. Des opérations ont été suivies juste après par la démolition des habitations précaires où vivaient les familles concernées, afin de récupérer des parcelles de terrain nécessaires pour les prochains programmes et empêche d'autres familles de venir s'installer sur les lieux. Toutefois, face à cette volonté des organismes publics d'en finir avec la précarité, les populations ciblées par ces différentes opérations sont loin d'être satisfaites, les ménages composés de plusieurs membres refusent souvent de quitter leurs anciennes habitations. L'argument qui est toujours présenté est lié au fait que les nouvelles habitations ne peuvent abriter des familles nombreuses. A chaque fois, les contestataires accusent les services communaux d'avoir marginalisé certains membres des familles qui résidaient sur les lieux.