Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, en réunion à Bruxelles lundi soir, ont appelé l'occupant israélien à arrêter ses projets de colonisation dans les territoires palestiniens occupés, jugeant illégales les colonies du point de vue du droit international. L'Union européenne estime aussi que la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et à El Qods-Est occupées constitue un sérieux frein à la paix. Dans un communiqué rendu public, les diplomates européens ont ramé à contre-courant de la position adoptée par les Etats-Unis, alliés stratégiques d'Israël. «Nos points de vue sur les colonies, y compris à Jérusalem-Est, sont clairs : elles sont illégales au regard du droit international et font obstacle à la paix», ont indiqué les ministres des Affaires étrangères européens dans le communiqué dont des extraits ont été repris par Reuters. Outre les chantiers des colonies, Bruxelles s'est prononcé en faveur de la levée du blocus israélien de la bande de Ghaza. sans oublier l'appel qu'il lance à la communauté internationale pour une augmentation de l'aide humanitaire à presque deux millions de Ghazaouis, victimes d'une guerre d'agression israélienne durant l'hiver 2008-2009, ayant coûté la vie à plus de 1 500 civils en plus des 5 000 blessés graves recensés par les autorités sanitaires locales. «L'UE réitère son appel à l'ouverte immédiate, durable et inconditionnelle des points de passage pour la circulation de l'aide humanitaire, des produits commerciaux et des personnes en direction et au départ de Gaza», a rappelé l'Union européenne. En dénonçant l'occupation israélienne des territoires palestiniens, elle chercherait à se replacer dans le processus de paix après que les Etats-Unis eurent repris seuls l'initiative de le relancer en septembre dernier. Cette sortie de Bruxelles intervient à un moment crucial marqué par l'arrêt des pourparlers directs israélo-palestiniens après l'annonce récente par Washington d'abandonner le préalable du gel de la colonisation en Cisjordanie et à El Qods occupées. Alors que le président américain Barack Obama a cédé devant la volonté israélienne de poursuivre sa politique de colonisation en Palestine occupée, la diplomatie européenne veut retrouver sa place dans ce processus duquel sont exclus même les pays arabes. Le communiqué de Bruxelles tombe à point nommé puisque Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, en attente de nouvelles propositions et garanties américaines, est aussi à la recherche d'appuis du côté occidental pour contraindre le Premier ministre hébreu, Benyamin Netanyahou, à prolonger le moratoire sur la colonisation et à ouvrir des discussions profondes sur la paix et la création d'un Etat palestinien autonome, libre et indépendant. L. M.