La 10e session du comité bilatéral frontalier algéro-malien s'est ouverte mardi à Alger, en présence de M. Dahou Ould Kablia, ministre délégué chargé des Collectivités locales, et du général de division Kafougouna Kone, ministre malien de l'Administration territoriale et des Collectivités locales. Le ministre délégué chargé des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, a affirmé que la coopération frontalière algéro-malienne peut jouer un rôle mobilisateur dans le renforcement des relations entre les deux pays. M. Ould Kablia a indiqué que la coopération bilatérale frontalière "traduit la ferme volonté des chefs d'Etat des deux pays, en l'occurrence les présidents Abdelaziz Bouteflika et Amadou Toumani Touré, de faire du renforcement de la coopération et de la concertation bilatérales, un axe stratégique des relations entre le Mali et l'Algérie". Rappelant que la 9ème session qui s'est tenue en 2004 à Bamako a permis de "tracer les lignes directrices d'un raffermissement des liens de la coopération bilatérale", le ministre a relevé "avec satisfaction" la "concrétisation de résultats positifs indéniables", notamment en matière de circulation des personnes et des biens, de coopération entre les services de sécurité frontaliers et de coopération commerciale, agricole et culturelle. Le domaine de la lutte anti-acridienne a été également, de l'avis du ministre, un "symbole révélateur de l'intensité de la coopération frontalière bilatérale, au cours des trois dernières années". La poursuite de la réalisation de la route transsaharienne constitue, a-t-il ajouté, un autre volet "primordial" de cette coopération, estimant que ce projet sera un "vecteur d'intensification des échanges commerciaux entre les régions frontalières". A cette occasion, M. Ould Kablia a relevé le développement "remarquable" du commerce de troc frontalier qu'il conviendra, a-t-il dit, de "renforcer et de diversifier au bénéfice des populations frontalières des deux pays". D'autre part, le ministre a souligné que "la conjugaison de nos efforts s'avère encore plus vitale quand il s'agit de faire face au phénomène du terrorisme qui ne connaît pas de frontière", ajoutant qu'"aucun pays ne peut prétendre en être à l'abri". Au sujet de l'immigration illégale, il a estimé que la concertation et la coopération bilatérales constituent des "choix stratégiques" dans la prise en charge de ce phénomène. A ce propos, M. Ould Kablia a plaidé pour le déploiement des "efforts nécessaires" à même de "renforcer la coopération bilatérale multiforme" et "densifier les relations d'amitié et de solidarité" entre les deux pays. Cela constitue, a-t-il poursuivi, un "rempart commun sûr à la mesure de l'ampleur des défis et de la gravité des menaces et au service de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité dans toute la sous-région". Pour sa part, M. Kafougouna Kone, ministre malien de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, a indiqué que le comité bilatéral frontalier "s'affirme plus que jamais dans un cadre de concertation approprié au sein duquel les autorités des deux pays débattent des questions liées à l'amélioration des conditions de vie des populations résidant dans les zones frontalières communes". Ce comité "a pour objet, non seulement de raffermir les relations d'amitié et de fraternité existant entre les deux peuples, mais aussi de maintenir et de renforcer la coopération bilatérale", a-t-il expliqué. Evoquant les problèmes de sécurité, le ministre malien a estimé qu'il s'agit d'une question "qui perturbe dangereusement la libre circulation des personnes et des biens dans notre espace frontalier et compromet inéluctablement toute volonté de développement". C'est la raison pour laquelle, a-t-il insisté, "il nous apparaît nécessaire, aujourd'hui, de mesurer le chemin parcouru et de prendre des décisions mieux adaptées et des mesures plus rigoureuses dans la perspective d'une coopération économique et sécuritaire plus dynamique", en vue d'assurer, a-t-il indiqué, une "meilleure intégration de nos populations frontalières". Le Comité bilatéral frontalier algéro-malien a été institué par un protocole d'accord signé à Adrar (sud de l'Algérie) par les ministres de l'Intérieur des deux pays, le 16 février 1995. Il a pour mission de renforcer la coopération bilatérale frontalière entre les wilayas de Tamanrasset, Adrar et Illizi, côté algérien, et les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, côté malien. Il est chargé également de promouvoir des projets de développement socio-économiques pour les régions frontalières, organiser et faciliter la circulation des personnes et des biens au niveau de la bande frontalière, et oeuvrer à la sécurisation de la zone frontalière.