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Questionnements d'écrivains de la nouvelle génération
Mille et une News, les soirées d'Algérie News
Publié dans Le Midi Libre le 06 - 09 - 2010

Il a été question de la nouvelle littérature algérienne dans les deux langues (arabe et français), vendredi soir à la librairie du quotidien Algérie News à Alger. Trois écrivains s'y sont prêtés au jeu des questions-réponses avec comme axe de discussion : cerner et analyser leurs propre travail et production littéraires. Il s'agit de Sarah Haïder, L'Kheïr Chouar et Mustapha Benfodil, tous les trois ont en commun d'être aussi des journalistes. La première question qui vient, donc, à l'esprit est-celle-ci : comment caractériser la nouvelle littérature algérienne ? Cette néo-littérature est-elle le fait des jeunes écrivains, en tant que telle donc liée à une affaire d'âge ou a-t-elle une partie liée avec une époque précise et auquel cas un Boualem Sansal, 61 ans, figurerait aux côtés de Sarah Haïder, à peine âgée d'une trentaine d'années ? Pour autant, la question a été traitée différemment. On a cherché à trouver des points de convergence et de divergence avec la littérature des pères fondateurs : Kateb Yacine, Tahar Ouettar, Mouloud Mammeri, etc. Ecrivaine de langue arabe, quoique parfaite bilingue, puisque Sarah Haïder s'exprime en français au Jeune Indépendant, elle compte faire paraître prochainement son cinquième roman qu'elle a rédigé dans la langue de Molière. Elle a eu un avis tranchant s'agissant du legs littéraire des anciens. «Il n'y a pas de continuité avec ce qui s'écrivait avant», a-t-elle soutenu d'emblée. Et d'ajouter : «Tous les romans que j'ai publiés traduisent un dépaysement, il n'y a aucune trace d'Algérie, ce n'est pas un choix prémédité, réfléchi, c'est spontané.» «Si je m'étais appliquée, a-t-elle ajouté, à écrire un roman sur l'Algérie, ça serait un roman râleur, un écrit de protestation plus qu'un écrit littéraire.» Ses romans, a-t-elle expliqué, ne comportent pas de lieux et mettent en scène des personnages dépourvus de nationalité. Sarah Haïder se méfie, en fait, des lieux communs de l'idéologie. «Dans mon roman à paraître, j'ai introduit, certes, un lieu : Alger, mais je ne rêve pas, précise-t-elle. Je suis plutôt dans l'invective, je ne me plaints pas mais j'attaque par le biais d'une écrivaine journaliste écorchée vive, un peu nihiliste. On retrouve rarement dans le roman la thématique qui donne à voir de quoi souffre la fille algérienne, le diktat du mâle, le poids des traditions et de la religion. Si je devais, assène-t-elle, parler de ça, je me sens capable d'écrire une dizaine de romans de ce genre.» L'Kheïr Chouar, auteur de plusieurs recueils, de nouvelles et de romans en arabe, a défendu l'idée de l'existence en même temps d'une rupture et d'une continuité avec les aînés de la littérature algérienne. «Il y a eu, a-t-il dit, une rupture à l'intérieur de la génération des années 70 mais il y a eu continuité avec la génération d'écrivains qui nous a directement précédés.» L'Kheïr Chouar a évoqué ses premiers repères littéraires. Ce sont les écrivains Saïd Boutadjine et Hmida El-Ayachi qui ont été sa source d'inspiration à travers les personnages d'Abdellah El-Yatim et de Bahlito. Il a cité aussi un troisième écrivain, Abdelaziz Ghermoul. Ces écrivains, qui pour lui appartiennent à la génération des années 80, «n'ont pas fait l'objet d'attention. La légitimité littéraire, ils l'ont obtenue avec la génération qui est venue après ; c'est nous qui les avons compris», note-t-il. L'Kheïr Chouar pense que l'écrivain fait ses premiers pas en s'inspirant des autres avant de construire sa personnalité propre. Mustapha Benfodil, écrivain francophone, quant à lui, pense qu'il est impossible d'échapper à une filiation littéraire, voire même à un certain carcan. Il parle de «vie rituelle inhérente à la littérature» de laquelle il serait impossible de s'extraire. «Ça me rappelle, dit-il, d'ailleurs un mot de Jean Genêt qui disait : "J'aime la vie et la littérature mais je déteste la vie littéraire." C'est un peu mon cas. Je me trouve ennuyé dans la mesure où après dix ans d'écriture, je ne sais trop où me situer. En terme de généalogie, je ne saurais me revendiquer d'une quelconque généalogie.» Et d'ajouter à propos des pères fondateurs de la littérature algérienne : «Il est tout à fait clair que c'est un héritage qui nous parle. C'est normal, c'est humain. C'est tout à fait normal qu'on doit s'initier au cinéma. Un cinéphile, a-t-il ajouté, passe une moitié de sa vie à regarder des films. Nous on passe notre temps à lire des bouquins et d'essayer de comprendre, d'autant plus qu'il n'y a pas d'école pour former des écrivains. On peut faire 20 ans de lettres françaises, ça ne veut pas dire qu'au bout, on est romancier.» Mustapha Benfodil insiste sur l'interrogation de l'héritage. «On cherche son identité, on cherche sa parole, son style, et la première chose qu'on découvre, ce n'est pas un exercice simple, loin s'en faut, on essaye de trouver dans cet héritage quels sont les textes qui se rapprochent un peu plus de notre âme.» Et d'évoquer «Nedjma» de K. Yacine, Boudjedra et Nabile Farès. L'Kheïr Chouar s'inscrit en faux contre le concept de «littérature de l'urgence», dont la néo-littérature a été affublée (surtout celle décrivant les années du terrorisme) mais sans expliciter le fond de sa pensée. Il pense, néanmoins, que sa génération est plus ouverte sur la littérature universelle. Se disant proche de Garcia Marqués et d'Umberto Ecco, il soutient que cela inscrit son œuvre dans une continuité littéraire. Sarah Haïder est plus précise. La description du réel pour elle s'appuie sur l'intrusion à l'intérieur d'une conscience. "Je m'installe à l'intérieur du personnage puis j'assiste à ses étonnements, à ses états d'âme sans me soucier de l'intrigue et des événements.» Enfin, de la condition d'écrivain de la néo-littérature algérienne, Mustapha Benfodil a dressé un tableau saisissant. «J'ai découvert l'horreur du marché qui est un nivellement par les prix. Quand on rentre dans n'importe quelle librairie, c'est une violence contre nous ; on se rend tout de suite compte à quel point on est petit, à quel point on a rien inventé, à quel point c'est de la m… ce qu'on fait.»
Il a été question de la nouvelle littérature algérienne dans les deux langues (arabe et français), vendredi soir à la librairie du quotidien Algérie News à Alger. Trois écrivains s'y sont prêtés au jeu des questions-réponses avec comme axe de discussion : cerner et analyser leurs propre travail et production littéraires. Il s'agit de Sarah Haïder, L'Kheïr Chouar et Mustapha Benfodil, tous les trois ont en commun d'être aussi des journalistes. La première question qui vient, donc, à l'esprit est-celle-ci : comment caractériser la nouvelle littérature algérienne ? Cette néo-littérature est-elle le fait des jeunes écrivains, en tant que telle donc liée à une affaire d'âge ou a-t-elle une partie liée avec une époque précise et auquel cas un Boualem Sansal, 61 ans, figurerait aux côtés de Sarah Haïder, à peine âgée d'une trentaine d'années ? Pour autant, la question a été traitée différemment. On a cherché à trouver des points de convergence et de divergence avec la littérature des pères fondateurs : Kateb Yacine, Tahar Ouettar, Mouloud Mammeri, etc. Ecrivaine de langue arabe, quoique parfaite bilingue, puisque Sarah Haïder s'exprime en français au Jeune Indépendant, elle compte faire paraître prochainement son cinquième roman qu'elle a rédigé dans la langue de Molière. Elle a eu un avis tranchant s'agissant du legs littéraire des anciens. «Il n'y a pas de continuité avec ce qui s'écrivait avant», a-t-elle soutenu d'emblée. Et d'ajouter : «Tous les romans que j'ai publiés traduisent un dépaysement, il n'y a aucune trace d'Algérie, ce n'est pas un choix prémédité, réfléchi, c'est spontané.» «Si je m'étais appliquée, a-t-elle ajouté, à écrire un roman sur l'Algérie, ça serait un roman râleur, un écrit de protestation plus qu'un écrit littéraire.» Ses romans, a-t-elle expliqué, ne comportent pas de lieux et mettent en scène des personnages dépourvus de nationalité. Sarah Haïder se méfie, en fait, des lieux communs de l'idéologie. «Dans mon roman à paraître, j'ai introduit, certes, un lieu : Alger, mais je ne rêve pas, précise-t-elle. Je suis plutôt dans l'invective, je ne me plaints pas mais j'attaque par le biais d'une écrivaine journaliste écorchée vive, un peu nihiliste. On retrouve rarement dans le roman la thématique qui donne à voir de quoi souffre la fille algérienne, le diktat du mâle, le poids des traditions et de la religion. Si je devais, assène-t-elle, parler de ça, je me sens capable d'écrire une dizaine de romans de ce genre.» L'Kheïr Chouar, auteur de plusieurs recueils, de nouvelles et de romans en arabe, a défendu l'idée de l'existence en même temps d'une rupture et d'une continuité avec les aînés de la littérature algérienne. «Il y a eu, a-t-il dit, une rupture à l'intérieur de la génération des années 70 mais il y a eu continuité avec la génération d'écrivains qui nous a directement précédés.» L'Kheïr Chouar a évoqué ses premiers repères littéraires. Ce sont les écrivains Saïd Boutadjine et Hmida El-Ayachi qui ont été sa source d'inspiration à travers les personnages d'Abdellah El-Yatim et de Bahlito. Il a cité aussi un troisième écrivain, Abdelaziz Ghermoul. Ces écrivains, qui pour lui appartiennent à la génération des années 80, «n'ont pas fait l'objet d'attention. La légitimité littéraire, ils l'ont obtenue avec la génération qui est venue après ; c'est nous qui les avons compris», note-t-il. L'Kheïr Chouar pense que l'écrivain fait ses premiers pas en s'inspirant des autres avant de construire sa personnalité propre. Mustapha Benfodil, écrivain francophone, quant à lui, pense qu'il est impossible d'échapper à une filiation littéraire, voire même à un certain carcan. Il parle de «vie rituelle inhérente à la littérature» de laquelle il serait impossible de s'extraire. «Ça me rappelle, dit-il, d'ailleurs un mot de Jean Genêt qui disait : "J'aime la vie et la littérature mais je déteste la vie littéraire." C'est un peu mon cas. Je me trouve ennuyé dans la mesure où après dix ans d'écriture, je ne sais trop où me situer. En terme de généalogie, je ne saurais me revendiquer d'une quelconque généalogie.» Et d'ajouter à propos des pères fondateurs de la littérature algérienne : «Il est tout à fait clair que c'est un héritage qui nous parle. C'est normal, c'est humain. C'est tout à fait normal qu'on doit s'initier au cinéma. Un cinéphile, a-t-il ajouté, passe une moitié de sa vie à regarder des films. Nous on passe notre temps à lire des bouquins et d'essayer de comprendre, d'autant plus qu'il n'y a pas d'école pour former des écrivains. On peut faire 20 ans de lettres françaises, ça ne veut pas dire qu'au bout, on est romancier.» Mustapha Benfodil insiste sur l'interrogation de l'héritage. «On cherche son identité, on cherche sa parole, son style, et la première chose qu'on découvre, ce n'est pas un exercice simple, loin s'en faut, on essaye de trouver dans cet héritage quels sont les textes qui se rapprochent un peu plus de notre âme.» Et d'évoquer «Nedjma» de K. Yacine, Boudjedra et Nabile Farès. L'Kheïr Chouar s'inscrit en faux contre le concept de «littérature de l'urgence», dont la néo-littérature a été affublée (surtout celle décrivant les années du terrorisme) mais sans expliciter le fond de sa pensée. Il pense, néanmoins, que sa génération est plus ouverte sur la littérature universelle. Se disant proche de Garcia Marqués et d'Umberto Ecco, il soutient que cela inscrit son œuvre dans une continuité littéraire. Sarah Haïder est plus précise. La description du réel pour elle s'appuie sur l'intrusion à l'intérieur d'une conscience. "Je m'installe à l'intérieur du personnage puis j'assiste à ses étonnements, à ses états d'âme sans me soucier de l'intrigue et des événements.» Enfin, de la condition d'écrivain de la néo-littérature algérienne, Mustapha Benfodil a dressé un tableau saisissant. «J'ai découvert l'horreur du marché qui est un nivellement par les prix. Quand on rentre dans n'importe quelle librairie, c'est une violence contre nous ; on se rend tout de suite compte à quel point on est petit, à quel point on a rien inventé, à quel point c'est de la m… ce qu'on fait.»

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