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Lakhdar Brahimi corrige Bernard Bajolet
Ex-ministre des affaires étrangéres
Publié dans Le Midi Libre le 15 - 10 - 2018

L'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-envoyé spécial de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, à Baghdad,Lakhdar Brahimi nous a adressé des explications détaillées sur l'invasion del'Irak par les Etats-Unis en 2003, en réponse à laversion de l'ancien ambassadeur de France à Baghdad, Bernard Bajolet.
L'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-envoyé spécial de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, à Baghdad,Lakhdar Brahimi nous a adressé des explications détaillées sur l'invasion del'Irak par les Etats-Unis en 2003, en réponse à laversion de l'ancien ambassadeur de France à Baghdad, Bernard Bajolet.
Je n'ai pas lu le livre de M. Bajolet. Aussi, je ne sais pas tout ce qu'ila pu écrire ou dire d'autre à monsujet et, encore moins, au sujet de l'Irak.Mon commentaire ne porte donc, quesur ce que le site "Algeriepatriotique" apublié et, notamment, cette citation de M. Bajolet : "Les Américains parvinrentà mouiller les Nations- unies, en faisantavaliser leurs principaux choix (…) parun envoyé spécial que Kofi Annan,secrétaire général des Nations-unies,avait spécialement dépêché". Monobjectif n'est pasde polémiquer, oude me défendre,mais de rétablir lesfaits pour éclairer les lecteurs.
Dès septembre
2002
les Américains et lesBritanniques ont commencéà manoeuvrerpour obtenir le soutiendes Nations-unies à leurprojet d'invasion del'Irak. En février 2003, ilssont allés au Conseil desécurité, pour y obtenir unerésolution qui leur permettraitd'envahir l'Irak avec lesoutien de l'ONU, voire enson nom. Ils ont échoué,grâce à une résistance opiniâtrede la quasi-totalité des membresélus (non-permanents) duConseil. Je me souviens, que leChili et l'Allemagne, notamment,avaient réussi à résisteraux pressions énormes, exercées par lesEtats-Unis sur les ambassadeurs à NewYork ainsi qu'à Santiago, du Chili et deBerlin. Le ministre des Affaires étrangères français, Dominique de Villepin,
s'était à l'époque illustré par un discoursferme et passionné, applaudi chaleureusementpar les diplomates et les journalistesprésents à la séance, au cours delaquelle le forcing anglo-saxon s'estsoldé par un échec. En général, on n'applauditpas au Conseil de sécurité.
J'étais, alors, en
Afghanistan.
Au cours d'une interview donnée à une chaîne de Télévisionindienne, en cette période, j'ai condamnésans nuances, l'intention des Américainsd'envahir l'Irak. Les Américains ontprotesté auprès du Secrétaire général : "Iln'est pas permis à un haut fonctionnaire de l'ONU, de critiquer l'action d'un paysmembre". Kofi ne m'a même pasinformé de leur démarche. L'invasion eutlieu en mars 2003, avec des conséquencesdésastreuses pour l'Irak, la région et le monde que l'on sait.
Ce que l'on se rappelle rarement
c'est que, n'ayant pas obtenu l'accord du Conseil de sécurité pour envahirl'Irak, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont revenus à la charge, aprèsl'invasion pour se faire reconnaîtrecomme puissances occupantes du pays.Ils ont obtenu gain de cause assez facilement,par la résolution 1.483 du 22 mai 2003, adoptée par 14 voix sur 15, sousle titre pudique de "Résolution sur lareconstruction de l'Irak". Le quinzièmemembre, la Syrie, a préférés'absenter. La France avait doncvoté en faveur de cette résolution. Comme on le sait, une résolutionadoptée par le Conseil de sécurité,sous le chapitre VII de la Chartecomme ce fut le cas pour la résolution1.483, s'imposent à tousles pays membres etencore plus, auSecrétaire général et aux fonctionnaires de l'ONU.
Par cette résolution, les
Etats-Uni
et la Grande-Bretagne ont fait beaucoup plus que "mouiller les Nations-unies". En reconnaissant les deux envahisseurs principaux commepuissances occupantes, le Conseil desécurité a légitimé l'occupation ellemême.Certes, les membres du Conseilont tenté de faire valider l'argument que,ce faisant, ils n'avaient pas avalisé l'invasion.Soit. Mais ils ont bien avaliséet même légalisé, les résultats et lesconséquences de cette invasion.
La résolution 1.483
demandait expressément au Secrétaire général,d'ouvrir une mission à Baghdad. Ce queKofi Annan fit sans enthousiasme, endépêchant Sergio Vieira di Mello àBaghdad, trèspeu de temps après. Onsait que le 19 août 2003, une violenteattaque terroriste détruisit le siège del'ONU à Baghdad, entraînant la mort deSergio et de 19 de ses collègues. KofiAnnan dira plus tard, que l'envoi deSergio à Baghdad avait été la décisionqu'il regretterait le plus, de toute sa carrière.
Mais voilà, qu'au
cours de la première semaine de janvier 2004, lesAméricains surprennent tout le mondepar une démarche officielle auprès du
+Secrétaire général en disant : "Nous voulonsrétablirl'Irak dans sasouverainetéetnousvoulonsle fairet r è srap i -dement".Et ilsajoutent :" M a i s ,nousne pouvons pas le faire sans le soutiendes Nations-unies". John Negroponte,alors ambassadeur américain auprès desNations-unies, dira aussi que son gouvernement souhaitait que la nouvelle mission à Baghdad soit dirigée par moi.
Comme à leur habitude
les Américains ont tout de suite mis la pression maximum : leur proconsul àBaghdad, Paul Bremer, est immédiatementarrivé à New York, flanqué partous les membres du "Conseil du gouvernement",que Sergio Vieira di Melloet son adjoint, Ghassan Salamé, avaient aidé à former. On m'invita à Washington, où je fus reçu par le secrétaired'Etat, Colin Powell, la conseillèrepour la Sécurité nationale,Condoleezza Rice, et le président Bush.Rien que ça!
Il était difficile pour
le Secrétaire général de se dérober : les Américains se prévalaient de cettefameuse résolution 1.483, adoptée à laquasi-unanimité par le Conseil de sécurité. En outre, comment pouvait-ilrefuser le concours de l'Organisation, au rétablissement de la souverainetéd'unEtat membre, qui fut envahi parune coalition dirigée par deux membres permanents du Conseil de sécurité ?
Je n'étais naturellement
pas du tout enthousiaste. Mais c'était toutde même difficile, de dire non à KofiAnnan, à un moment aussi difficilepour lui et pour l'Organisation. Etpuis, comment refuser d'essayer d'aiderl'Irak à commencer à mettre fin àl'occupation, même si l'issue de l'effort était incertaine ? Je pris néanmoins letemps de consulter quelques amis arabes, notamment Irakiens, qui avaient été, comme moi, opposés àl'invasion. Ils m'ont tous encouragé àaccepter.
A ma connaissance
aucun des ambassadeurs des membres permanents du Conseil de sécurité n'avait conseilléau Secrétaire général, ni en public ni en privé, de résister à la demande américaine.
J'avais moi-même
eu des entretiens avec les ambassadeurs, de tousles membres permanents du Conseilde sécurité. Le président Chirac avait bien voulu me recevoir à Paris. A Baghdad, j'ai rencontré l'ambassadeur de France, quin'était autre que M. Bajolet luimême. Aucun de mes interlocuteursne me donna lemoindre conseil, lamoindre idée quiaurait pu m'aider à naviguer dans les eaux troubles du gâchis irakien.
Ce n'est pas le lieu
, ici, dans
le cadre d'une courte mise au point, de dire dans le détail, ce que nous avonsfait et ce que nous avons vu et entendu, au cours de cette période. Pendant près de cinq mois, je me suis dépensé sanscompter, pour essayer d'aider lesIrakiens à résoudre quelques problèmes.Tout au long de mon séjour à Baghdad, je téléphonais à Kofi au moins une fois par jour. Nous avons fait de notremieux. Cependant, comme disent lesAnglais, notre mieux n'était pas suffisammentbon, en ce sens que nousavons certainement aidé les Irakiens un peu, mais nous ne les avons pas aidésà sortir complètement de l'horreur, danslaquelle l'invasion et l'occupationavaient plongé leur pays.
Les Américains
ont certes, tiré
profit de notre présence et de notre action. Mais ils n'avaient pas besoinde nous, pour "mouiller les Nationsunies" : cela avait été fait de manière plu officielle, et bien plus spectaculaire, par le Conseil de sécurité, ses membres permanents en tête.
Je n'ai pas lu le livre de M. Bajolet. Aussi, je ne sais pas tout ce qu'ila pu écrire ou dire d'autre à monsujet et, encore moins, au sujet de l'Irak.Mon commentaire ne porte donc, quesur ce que le site "Algeriepatriotique" apublié et, notamment, cette citation de M. Bajolet : "Les Américains parvinrentà mouiller les Nations- unies, en faisantavaliser leurs principaux choix (…) parun envoyé spécial que Kofi Annan,secrétaire général des Nations-unies,avait spécialement dépêché". Monobjectif n'est pasde polémiquer, oude me défendre,mais de rétablir lesfaits pour éclairer les lecteurs.
Dès septembre
2002
les Américains et lesBritanniques ont commencéà manoeuvrerpour obtenir le soutiendes Nations-unies à leurprojet d'invasion del'Irak. En février 2003, ilssont allés au Conseil desécurité, pour y obtenir unerésolution qui leur permettraitd'envahir l'Irak avec lesoutien de l'ONU, voire enson nom. Ils ont échoué,grâce à une résistance opiniâtrede la quasi-totalité des membresélus (non-permanents) duConseil. Je me souviens, que leChili et l'Allemagne, notamment,avaient réussi à résisteraux pressions énormes, exercées par lesEtats-Unis sur les ambassadeurs à NewYork ainsi qu'à Santiago, du Chili et deBerlin. Le ministre des Affaires étrangères français, Dominique de Villepin,
s'était à l'époque illustré par un discoursferme et passionné, applaudi chaleureusementpar les diplomates et les journalistesprésents à la séance, au cours delaquelle le forcing anglo-saxon s'estsoldé par un échec. En général, on n'applauditpas au Conseil de sécurité.
J'étais, alors, en
Afghanistan.
Au cours d'une interview donnée à une chaîne de Télévisionindienne, en cette période, j'ai condamnésans nuances, l'intention des Américainsd'envahir l'Irak. Les Américains ontprotesté auprès du Secrétaire général : "Iln'est pas permis à un haut fonctionnaire de l'ONU, de critiquer l'action d'un paysmembre". Kofi ne m'a même pasinformé de leur démarche. L'invasion eutlieu en mars 2003, avec des conséquencesdésastreuses pour l'Irak, la région et le monde que l'on sait.
Ce que l'on se rappelle rarement
c'est que, n'ayant pas obtenu l'accord du Conseil de sécurité pour envahirl'Irak, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont revenus à la charge, aprèsl'invasion pour se faire reconnaîtrecomme puissances occupantes du pays.Ils ont obtenu gain de cause assez facilement,par la résolution 1.483 du 22 mai 2003, adoptée par 14 voix sur 15, sousle titre pudique de "Résolution sur lareconstruction de l'Irak". Le quinzièmemembre, la Syrie, a préférés'absenter. La France avait doncvoté en faveur de cette résolution. Comme on le sait, une résolutionadoptée par le Conseil de sécurité,sous le chapitre VII de la Chartecomme ce fut le cas pour la résolution1.483, s'imposent à tousles pays membres etencore plus, auSecrétaire général et aux fonctionnaires de l'ONU.
Par cette résolution, les
Etats-Uni
et la Grande-Bretagne ont fait beaucoup plus que "mouiller les Nations-unies". En reconnaissant les deux envahisseurs principaux commepuissances occupantes, le Conseil desécurité a légitimé l'occupation ellemême.Certes, les membres du Conseilont tenté de faire valider l'argument que,ce faisant, ils n'avaient pas avalisé l'invasion.Soit. Mais ils ont bien avaliséet même légalisé, les résultats et lesconséquences de cette invasion.
La résolution 1.483
demandait expressément au Secrétaire général,d'ouvrir une mission à Baghdad. Ce queKofi Annan fit sans enthousiasme, endépêchant Sergio Vieira di Mello àBaghdad, trèspeu de temps après. Onsait que le 19 août 2003, une violenteattaque terroriste détruisit le siège del'ONU à Baghdad, entraînant la mort deSergio et de 19 de ses collègues. KofiAnnan dira plus tard, que l'envoi deSergio à Baghdad avait été la décisionqu'il regretterait le plus, de toute sa carrière.
Mais voilà, qu'au
cours de la première semaine de janvier 2004, lesAméricains surprennent tout le mondepar une démarche officielle auprès du
+Secrétaire général en disant : "Nous voulonsrétablirl'Irak dans sasouverainetéetnousvoulonsle fairet r è srap i -dement".Et ilsajoutent :" M a i s ,nousne pouvons pas le faire sans le soutiendes Nations-unies". John Negroponte,alors ambassadeur américain auprès desNations-unies, dira aussi que son gouvernement souhaitait que la nouvelle mission à Baghdad soit dirigée par moi.
Comme à leur habitude
les Américains ont tout de suite mis la pression maximum : leur proconsul àBaghdad, Paul Bremer, est immédiatementarrivé à New York, flanqué partous les membres du "Conseil du gouvernement",que Sergio Vieira di Melloet son adjoint, Ghassan Salamé, avaient aidé à former. On m'invita à Washington, où je fus reçu par le secrétaired'Etat, Colin Powell, la conseillèrepour la Sécurité nationale,Condoleezza Rice, et le président Bush.Rien que ça!
Il était difficile pour
le Secrétaire général de se dérober : les Américains se prévalaient de cettefameuse résolution 1.483, adoptée à laquasi-unanimité par le Conseil de sécurité. En outre, comment pouvait-ilrefuser le concours de l'Organisation, au rétablissement de la souverainetéd'unEtat membre, qui fut envahi parune coalition dirigée par deux membres permanents du Conseil de sécurité ?
Je n'étais naturellement
pas du tout enthousiaste. Mais c'était toutde même difficile, de dire non à KofiAnnan, à un moment aussi difficilepour lui et pour l'Organisation. Etpuis, comment refuser d'essayer d'aiderl'Irak à commencer à mettre fin àl'occupation, même si l'issue de l'effort était incertaine ? Je pris néanmoins letemps de consulter quelques amis arabes, notamment Irakiens, qui avaient été, comme moi, opposés àl'invasion. Ils m'ont tous encouragé àaccepter.
A ma connaissance
aucun des ambassadeurs des membres permanents du Conseil de sécurité n'avait conseilléau Secrétaire général, ni en public ni en privé, de résister à la demande américaine.
J'avais moi-même
eu des entretiens avec les ambassadeurs, de tousles membres permanents du Conseilde sécurité. Le président Chirac avait bien voulu me recevoir à Paris. A Baghdad, j'ai rencontré l'ambassadeur de France, quin'était autre que M. Bajolet luimême. Aucun de mes interlocuteursne me donna lemoindre conseil, lamoindre idée quiaurait pu m'aider à naviguer dans les eaux troubles du gâchis irakien.
Ce n'est pas le lieu
, ici, dans
le cadre d'une courte mise au point, de dire dans le détail, ce que nous avonsfait et ce que nous avons vu et entendu, au cours de cette période. Pendant près de cinq mois, je me suis dépensé sanscompter, pour essayer d'aider lesIrakiens à résoudre quelques problèmes.Tout au long de mon séjour à Baghdad, je téléphonais à Kofi au moins une fois par jour. Nous avons fait de notremieux. Cependant, comme disent lesAnglais, notre mieux n'était pas suffisammentbon, en ce sens que nousavons certainement aidé les Irakiens un peu, mais nous ne les avons pas aidésà sortir complètement de l'horreur, danslaquelle l'invasion et l'occupationavaient plongé leur pays.
Les Américains
ont certes, tiré
profit de notre présence et de notre action. Mais ils n'avaient pas besoinde nous, pour "mouiller les Nationsunies" : cela avait été fait de manière plu officielle, et bien plus spectaculaire, par le Conseil de sécurité, ses membres permanents en tête.


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