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Mes années de PDG de la PHARMACIE CENTRALE ALGERIENNE
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 31 - 12 - 2016

Pour la postérité, je souhaiterai laisser ce souvenir qui m'a toujours fait mal.
J'avais pris mes fonctions de Directeur Général de la Pharmacie Centrale Algérienne sur décision du Président Chadli, qui souhaitait « ne plus me voir dans le secteur de l'Habitat », du fait que lors d'une réunion à Chlef, après le séisme, j'avais démontré preuves à l'appui, lors d'une réunion avec lui, de tous les cadres supérieurs et ministres engagés dans la reconstruction d'El Asnam, devenu, Chlef, que les aides (chalets, tentes, couvertures, produits alimentaires, médicaments et instrumentations etc…) qui nous avaient été généreusement offerts immédiatement après le séisme, par les pays frères et amis, avaient été réexportés par des maffieux, qui les ont aussitôt revendus vers la Libye et d'autres pays africains, en montrant des listings que j'avais fait élaborer sur la base des connaissements, et qui étaient 2 à 3 fois supérieurs aux « états » des dons reçus, présentés par le wali de Chlef, Aktouf, un intime de Chadli, et sa cour.
Sous moins de deux jours, après cette réunion honteuse et indigne de la situation d'abandon que vivaient les sinistrés, et qui a donc fait scandale, et dans laquelle les « réceptionnaires de dons » se rejetaient mutuellement les responsabilités des « coulages », et des « disparitions de colis, de caisses, de containers et d'ambulances » sous les yeux ébahis de Chadli, qui n'en sanctionnera pourtant aucun, la commission d'enquête » ad hoc » qu'il avait demandé de mettre en place, ne l'ayant jamais été, Abderazak Bouhara, Rahimahou Allah, m'a appelé pour me demander d'aller le voir, immédiatement, à son ministère.
Il m'a informé que lors du Conseil des ministres de la veille, le Président Chadli, lui avait demandé de me prendre comme DG de la Pharmacie Centrale Algérienne, puisque le poste était vacant et occupé par un intérimaire. Quand j'ai voulu refuser en arguant de mon incompétence dans le domaine, il m'a répondu, devant deux anciens ministres présents: » On ne discute pas les ordres du Président, tu es un haut fonctionnaire de l'Etat, tu fais partie de l'élite algérienne en matière de diplômes, donc tu peux te réadapter. Tu dois obéir et tu t'exécutes, mais tu as pleins pouvoirs ».
Après près d'une heure de discussions, Si Mhamed Bougara,son SG, m'a accompagné à la PCA, Rue Bichat, où nous attendaient les principaux professeurs chefs de service des hôpitaux d'Alger, et il m'a installé.
J'ai gardé les anciennes équipes, et veillé à les adapter à mon style de travail. Comme j'avais constaté que PCA était dispensée du Code des marchés publics, j'ai cru avoir trouvé là, matière à me donner un alibi pour refuser le poste. Mais Si Abderazak Bouhara, a au contraire, suivi mes propositions, et il a accepté de signer un arrêté conjoint avec le ministre du Commerce dont Medelci était le secrétaire général et qui suivait cette opération, pour la création d'une Commission des marchés à PCA, et par la suite, dans les sociétés que j'allais créer après restructuration de la PCA, dont ENEMEDI, qui allait s'occuper de l'instrumentation, de la maintenance, du suivi de la construction des hôpitaux et de leurs équipements dont ils avaient le monopole.
En effet, avant ma décision d'expulser les agents des fournisseurs de médicaments des rouages de la PCA, ceux-ci avaient leurs bureaux au sein de PCA, et ils avaient la haute main sur les approvisionnements des médicaments, puisqu'ils géraient avec les cadres PCA, les stocks et décidaient des achats. J'ai aussi mis fin à la gabegie des achats en gré à gré, et imposé aux services commerciaux, des consultations avant tout achat. Ils furent très difficiles à convaincre, car moulés dans des habitudes héritées depuis la colonisation et après l'indépendance quand furent imposées les AGI (Autorisations Globales d'importations) accordées aux seuls monopoles rendant impossibles pour les sociétés étrangères, l'importation des médicaments directement. Les dirigeants qui m'avaient précédé vivaient dans l'angoisse des pénuries de médicaments, et ils comptaient sur l'expérience des agents des laboratoires étrangers, pour la gestion des stocks de PCA, celle-ci se contentant de vérifier passivement les états présentés par ces « gestionnaires détachés des laboratoires étrangers ». J'ai décidé de n'acheter qu'après consultations auprès de 3 à 4 fournisseurs, au minimum, et d'éviter d'acheter des marques, mais selon les molécules, (substance active), et la dénomination commune internationale, conformément aux prescriptions de l'OMS qui m'avait aidé sérieusement. Par ces décisions radicales, j'allais créer un séisme politique, car je touchais innocemment à des intérêts immenses et à des rouages situés à des niveaux hautement élevés politiquement. En effet, PCA achetait en gré à gré, et se comportait en simple distributeur et importateur des médicaments et instrumentations livrés par les fournisseurs de PCA, qui avaient libre accès aux magasins de PCA, pour le contrôle des stocks et décider des réapprovisionnements, en préparant des offres aussi bien quantitatives que de prix, la PCA se contentant de faire de mièvres contre-offres sur les prix, de confirmer les commandes et de payer les droits de douane, dédouaner les produits, les distribuer et payer les fournisseurs à 90 jours après livraison, avant d'en incinérer les périmés, vu que ces laboratoires livraient abusivement des produits qu'ils ne pouvaient pas écouler dans leurs propres pays, et dont les péremptions étaient toujours très proches, causant des pertes sèches pour PCA, qui se défendait certes et se retournait contre ses fournisseurs, mais par manque de personnel qualifié aussi bien techniquement que juridiquement, ces conflits trouvaient toujours une issue « amiable » au profit du fournisseur qui avait un argument imparable et réel, de « mauvaise gestion des stocks » aussi bien dans les dépôts centraux, de Dar El Beidha, que régionaux et pire, dans les pharmacie à 100% PCA. Et pour le ridicule les fournisseurs, qui grugeaient PCA, se permettaient de compenser en « bons princes » annuellement PCA, au prorata des volumes des achats, des « cadeaux » en livrant quelques cartons de médicaments à titre compensatoire et de participation aux aléas de péremptions dus à de mauvais stockage et donc de péremption, et pour ajouter du piquant à ces cadeaux empoisonnés, des colis de cadeaux aux gestionnaires des magasins, pratique répandue dans le secteur et dans le monde, mais en fait pour se fabriquer une cliente docile, en les rajoutant systématiquement dans les containers livrés, pour acheter et corrompre les magasiniers indélicats et corrompus, formés dans ces us et coutumes !
Parmi ces catastrophes de gestion héritées du temps des « magasins généraux coloniaux », nous étions alors, dans le temps des pénuries, et le Professeur Si Mohamed Toumi, qui était président du Conseil médical du CHU Mustapha, me disait » Si Abdelmadjid avant toi, nous n'écrivions pas des ordonnances, mais des talismans « hrouz » car, quand les patients allaient dans les officines pharmaceutiques acheter leurs médicaments, (95% PCA) puisqu'elles étaient toutes nationalisées, les vendeurs leur répétaient MAKACH, ( ils délivraient 2 à 3 sur une liste de 7 à 8). Aussi les patients attendaient pour compléter leur ordonnance, des livraisons hypothétiques, alors que paradoxalement, les pharmacies étaient pleines à craquer de produits livrés à l'initiative de ces fournisseurs qui se débarrassaient de leurs quasi périmés etc…
Avec l'aide de ces professeurs pionniers, et l'écoute inlassable, positive et efficace de Si Bouhara, nous allions non seulement, diversifier nos sources d'approvisionnement, acheter sur la base d'une gestion interne rigoureuse de nos stocks, d'autant plus que j'ai envoyé en formation des dizaines d'ingénieurs, de pharmaciens et de techniciens, y compris ou surtout, à l'étranger, aussi bien dans les laboratoires que dans les universités spécialisées dans la pharmacie industrielle, l'engineering biomédical, nous allions sortir du tunnel. C'est ce qui m'a permis avec l'appui de quelques professeurs, dont Si Ghrib l'un des doyens de la pharmacie, obtenir, un accroissement du budget pour la santé. « 100 milliards de DA, pour la Santé », titrera Abdelmadjid Cherbel, qui suivait nos actions, dans El Moudjahid. Mais mieux que tout, à la demande de Si Abderazak Bouhara, j'avais élaboré avec l'aide de quelques cadres supérieurs du ministère de la Santé et après un lobbying, sur insistance de nos remarquables aînés, les présidents Ferhat Abbas et Benyoucef Benkhadda, et l'aide inlassable et soutenue des professeurs algériens de tous les hôpitaux du pays, un dossier pour la dénationalisation des cabinets privés de médecine et dentaire, et surtout, la restitution des pharmacies nationalisées par Ben Bella puis Boumedienne, à leurs titulaires. Hélas, quand j'ai restitué sa pharmacie, Place d'Hydra, à Benyoucef Benkhedda, un quotidien algérien, qui confondait médecine « gratuite » avec restitution des biens à leurs dus propriétaires, écrira que Monsieur Ait Saadi « fait de la politique ».
Mais, ce qui m'a fait le plus de mal, c'est quand j'ai, avec l'appui inlassable du ministre de la santé, Si Abderazak Bouhara et de la Direction générale des Ressources matérielles au Ministère de la Santé, et des directeurs de la Sécurité sociale, alors dirigée par Babes, ressorti les dossiers qui grévaient le budget de la sécurité sociale, à savoir les prises en charge, pour soins » à l'étranger » devenues un moyen de chantage politique, pour récompenser les « dociles ».
Nous avions donc, décidé suite à notre dossier qui avait été accepté lors d'une réunion spéciale « santé » du Comité central du FLN, qui décidait de tout, de faire des importations massives d'équipements pour rééquiper nos hôpitaux devenus des « mouroirs » et d'équiper les cabinets privés, dentaires et médicaux, en accordant des crédits aux médecins et dentistes ou laborantins privés, ainsi que de lancer un programme de construction de polycliniques 1 pour 25.000 habitants, des maternités, une par commune de 5.000 habitants, un centre de santé pour 5.000 habitants, 1 hôpital de 120 lits par daïra, 1 hôpital de 240 lits par wilaya, 1 Hôpital de 600 lits par région, 1 CHU, conformément à la carte universitaire, et des cliniques spécialisées et d'appliquer le programme des équipements sanitaires….
Sans vouloir entrer dans les développements, sur lesquels un livre ne suffirait pas, je voudrai rappeler ici et maintenant, un épisode qui démontre le régionalisme de certains de nos plus hauts dirigeants, et qui m'a peut-être valu, mon départ de ce secteur si sensible et si tentant pour les VAUTOURS.
En effet, nous vivions les effets du fameux « printemps berbère », et hélas mon nom, AIT, typique de la Kabylie, ne pouvait hélas, que me valoir des inimités voir de l'agressivité de la part de quelques responsables à l'esprit tordu et idiots, au sommet de l'Etat. .
Ainsi donc, alors qu'avant mon arrivée à PCA et en fait, depuis l'époque du professeur Omar Boudjellab, comme ministre de la Santé, sommeillait entre autres, un dossier d'achat de scanners, depuis près de 5 ans, devenu encore plus pressant avec le « prêt par Siemens » d'un scanner qui n'avait jamais été installé, lors de la maladie du Président Boumedienne, 3 ou 4 années plus tôt .
Si Bouhara m'avait donc demandé puisque nous venions d'obtenir « 100 milliards de DA pour la Santé » (ndr 0,58 DA=1FRF alors), s'il n'y avait pas moyen de puiser sur ce budget pour rééquiper en radiologie spécialisée, échographie, équipements de chirurgie etc… et d'y inclure, les 4 scanners planifiés depuis près de 5 ans, pour un montant de 7 milliards de DA, sur la base d'une offre faite alors, par CGR, qui avait le monopole de la radiologie depuis bien avant l'indépendance, en Algérie, et dont les équipements représentaient alors, pratiquement 85% du parc national, dont 70%, était inutilisable faute de maintenance idoine et de pièces détachées. Les contrats préparés par mes prédécesseurs, 2 ou 3 ans plus tôt, étaient signés aussi bien par PCA, que par le fournisseur CGR, mais ils n'avaient pas été notifiés au fournisseur, du fait du manque de financement et surtout, d'insuffisance d'AGI (Autorisation Globale d'Importation).
Naturellement, j'ai donc ressorti les dossiers qui étaient dans des malles, et nous avions commencé à les étudier, puis j'ai pris sur moi, de retarder leur conclusion, et de relancer la consultation, en appliquant la nouvelle procédure de publication de l'Appel d'Offres.
J'ai immédiatement, reçu des appels anonymes de menaces de mort. En effet, je touchais aux intérêts d'hommes de l'ombre, qui étaient les vrais « intermédiaires de CGR ». J'en ai parlé à Si Bouhara, et nous avons décidé de prendre chacun nos responsabilités et de ne pas nous laisser intimider. Le hasard, faisant bien les choses, nous avons reçu la visite de Jacques Ralite, un membre du PCF, qui avait été nommé ministre de la Santé en 1981, dans le premier gouvernement de François Mitterand, et comme ce ministre avait pris fait et cause selon lui, pour l'indépendance de l'Algérie, durant sa jeunesse, il avait tenu à faire sa première visite à l'étranger, en Algérie, qui représentait tout de même, le plus gros client médical et pharmaceutique de la France. Lors du dîner officiel offert par notre ministre au « Mouflon d'Or », j'ai été placé par le protocole à côté de la Directrice Générale de L'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, et durant nos discussions M. Ralite avait émis le désir de signer au moins un protocole d'accord avec nous. Si Abderazak m'a alors demandé « Si Abdelmadjid, as-tu un dossier qui pourrait faire l'objet d'un accord de coopération ? »
Comme le dossier des scanners, me tenait tellement à cœur, surtout après les menaces au téléphone, j'ai répondu en parlant de ce dossier; nous avions donc convenu d'une réunion sur ce dossier pour le lendemain,au ministère de la santé. Lorsque nous nous sommes retrouvés le lendemain, je m'étais fait accompagner par le Professeur Messaoud Bendib, chef du Dept radiologie au CHU Mustapha, de mon directeur commercial ainsi que de deux de mes ingénieurs qui avaient suivi ce dossier, lors des négociations précédentes.
Ayant eu confiance spontanément, dans mon interlocutrice, je lui ai donc montré les photos du scanner proposé par CGR, et après moult hésitations, je lui ai montré les factures proforma de CGR. J'ai immédiatement, perçu chez elle un étonnement qui m'a intrigué. Avec l'aide de Si Messaoud Bendib, nous lui avons fait avouer l'impensable. Le prix 35 millions de FRF, était au moins 5 fois plus cher que ceux que paye l'AP pour des équipements identiques. Nous sommes montés voir les deux ministres avec cette information, et la directrice générale de l'AP, a alors demandé l'autorisation d'appeler son bureau pour vérifier ses dires; mieux, elle m'a proposé de faire venir immédiatement 6 de ses ingénieurs bio-médicos pour nous aider pour un diagnostic de l'état de nos installations radiologiques en Algérie, sous réserve de leur prise en charge par PCA durant leur séjour et aussi de tenir à notre disposition leurs CAHIERS DE CHARGES pour les achats d'équipements et médicaments, à titre BENEVOLE; aussitôt dit, aussitôt fait.
Nous allions découvrir que le scanner que voulait nous refourguer CGR, n'était qu'un scanner reconditionné et de très vieille génération, récupéré de l'Hôpital Edouard Herriot de Lyon !
Mais pire, quand nous allions lancer notre AOI, envoyé faute de temps directement aux ambassades, une fois que nous avions changé le cahier de charges, ( en fait il n'y en avait pas avant) et adopté celui de l'AP, nous allions découvrir lors de l'ouverture des plis, que les offres oscillaient entre 5 à 6 millions FRF (Shimadzu, General Electric, Phillips, Siemens) et…. 35 millions FRF (CGR).
Evidemment, avec ces nouvelles données et l'aide professionnelle de nos amis de l'AP, Si Abderazak Bouhara, m'a demandé de maintenir le budget tel quel, et d'acheter 7 scanners au lieu d'un seul, ce que j'ai fait et exigé la formation pour chaque appareil de 2 radiologues, de rang professeur ou maître de conférence, au minimum, dans un CHU de référence aux frais des fournisseurs. Mais comme les professeurs « mandarins » étaient puissants, le professeur Messaoud Bendib a exigé du Siemens, et le professeur Hamidou à Oran et Tlemcen du Phillips, sauf pour Constantine et Annaba, ou nous avons mis du General Electric, le moins cher de tous, et le plus performant,qui venait d'être présenté au Salon annuel de Chicago.
Restait à implanter ou affecter les 3 autres scanners, obtenus sur des réductions après négociations: En lice, Tizi Ouzou, Bejaia, Bab El Oued (ex Maillot), Setif, Batna. Mal m'avait pris d'accéder à la demande de l'armée de mettre un scanner à l'ex Maillot CHU Bab El Oued, et surtout, celui de Tizi Ouzou, suite à une réunion que nous sommes allés faire avec les ministres Bouhara et Selim Saadi, alors si mes souvenirs sont bons, ministre de l'agriculture ou de l'industrie. J'avais obtenu l'accord pour Tizi Ouzou, et je me rappelle, connaissant les « non dits », avoir demandé au Directeur Général de l'hôpital de venir récupérer sans délai le scanner qui lui était affecté,et demandé au DG de l'ex ECOTEC dont j'étais l'un des Directeurs avant d'être affecté à la PCA, puis ENEMEDI, de mettre immédiatement une équipe renforcée quitte à travailler H24, pour installer le scanner.
Quand, un mois plus tard, lors d'une réunion au CLUB DES PINS des cadres de la Nation, je présentais le bilan de notre activité, le président CHADLI, m'a interrompu, et dit, » … C'est çà, c'est çà, quand tu envoies des équipements à Tzi Ouzou, les porte chars, passent sous le pont de Thnia, [(ex Menerville) avant l'autoroute], mais quand ils doivent aller à Annaba, comme par hasard, le pont de Thnia empêche les porte chars de passer » !!!!
Bien entendu, mes ennuis avec le Pouvoir ou le régime allaient commencer et on me fera payer mon origine…. Ce qui est loin de mes convictions de simple Algérien attaché à l'Algérie et à rien d'autre. Mais les soi-disant « présidents » retrouvent leur véritable nature d'ignorants quand ils sont conditionnés par de vils personnages et hommes d'affaires, comme avec ce PDG de CGR, qui au demeurant, était en quasi liquidation, ce qu'il nous cachait; et dont j'avais mis la société sur une liste noire, du fait de ses prix, de ses abus dans les prix des pièces détachées et l'inefficacité de ses techniciens de maintenance.
Ce dernier va demander plusieurs RDV, puis n'ayant pas obtenu satisfaction, il en demandera un par le biais, de l'attaché commercial et le premier secrétaire de l'Ambassade de France qui l'accompagneront lors de notre RDV.
Or, ce PDG de CGR, une fois confondu devant les documents que je lui ai montrés pour lui donner les raisons de son élimination, et pourquoi je ne l'ai pas convoqué aux négociations, il osera me demander de lui passer au téléphone sur la « ligne rouge ou le 2 chiffres », téléphone entre hauts fonctionnaires, ministres et présidence, pour lui » passer SON AMI LARBI BELKHEIR », disait-il.
Quand je lui ai répondu qu'en tant qu'invité il n'avait pas à me donner des ordres, il s'est levé et a même osé me menacer physiquement, n'était-ce l'intervention de M. Bourgeois de l'Ambassade de France, qui s'est intercalé entre nous, l'a calmé et s'est excusé à sa place, auprès de moi, et l'a conduit dehors.
Toutefois, Larbi Belkheir, alors directeur de cabinet du Président Chadli, m'a bien appelé une semaine plus tard, pour simplement me dire : « Monsieur AIT SAADI, je crois que vous ne savez pas qui commande en Algérie… GHADI ENFEHMOUK (on va te le faire comprendre ) puis il a raccroché »… Mes ennuis allaient pleuvoir depuis, à commencer par le gel de mon salaire et la publication de mon décret de nomination et …. je le saurai plus tard, deux décennies plus tard: « Mon dossier n'existe plus » pour demander la retraite de haut fonctionnaire et bénéficier des années y relatives…


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