Le Parti de la liberté et de la justice ( PLJ) estime que l'Algérie est en pleine période de transition. Le parti de Mohamed Saïd constate, en effet, que le report de l'élection présidentielle entraîne le pays carrément dans une période transitoire ouverte non déclarée et incertaine pour l'avenir. Karim Aimeur – Alger (Le Soir) - «Elle sera encore d'autant plus incertaine si les initiatives de sortie de crise lancées par des forces politiques, sociales et des personnalités nationales restent en marge des préoccupations du pouvoir de fait», alerte le PLJ dans un communiqué à l'issue d'une réunion de son bureau national. Pour ce parti, plus la solution de la crise tarde, plus elle sera compliquée et constituera une source de danger pour la sécurité, la stabilité et l'économie nationale. Et de mettre en garde contre des tergiversations retardant le départ des symboles du régime exigé par les millions de manifestants depuis le 22 février comme impératif préalable au changement radical revendiqué. Appelant à un dialogue national inclusif et responsable, qui met l'intérêt national au-dessus de toute considération, le PLJ affirme que les appels successifs au dialogue demeurent sans effet s'ils ne sont pas accompagnés de mesures concrètes qui instaurent la confiance entre le pouvoir et le peuple représenté par les forces politiques et sociales dont elles émanent. «Point de sens à un dialogue ou à un consensus si en même temps des pressions sont exercées sur les médias, des obstacles dressés devant les activistes politiques, autant de mesures provocatrices pour l'opinion publique dans l'espoir de réduire le niveau de la mobilisation populaire», explique encore le parti, soutenant que la sensibilité de la situation exige plus de sagesse pour créer l'atmosphère nécessaire à la réunion de tous les efforts en vue de mettre un terme à la crise dans les plus brefs délais. Pour le PLJ, le problème aujourd'hui ne réside nullement dans le port du drapeau amazigh par des manifestants. Le vrai problème réside plutôt dans la minorité politico-financière corrompue qui tente encore, à travers ses bras dispersés dans le pays, de reprendre l'initiative sur le terrain, affirme le parti, en appelant les animateurs du mouvement populaire à plus de vigilance pour préserver l'unité de leurs rangs et le caractère pacifique des marches «qui ne doivent pas être déviées de leur objectif principal, à savoir le changement radical de régime, et ce, quelles que soient les provocations». «Nous ne devons pas oublier que les forces hostiles à ce changement et impliquées dans la corruption n'épargnent et n'épargneront aucun effort pour mieux se redéployer en faveur du maintien du régime à travers l'exploitation du temps actuellement perdu dans la recherche d'une solution politique consensuelle à la crise», souligne le PLJ. K. A.