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EMNA MENIF, PR�SIDENTE DE KOLNA TOUNES, AU SOIR D�ALG�RIE :
�Ennahdha est une menace non seulement pour la libert� de la femme mais pour la libert� tout court !�
Publié dans Le Soir d'Algérie le 04 - 04 - 2013

Le Soir d�Alg�rie : Comment se pr�sente Emna Menif ?
Emna Menif : C�est une femme qui, avant la r�volution, avait choisi le combat du syndicalisme. Je suis professeur en m�decine et chef de service dans un h�pital public.
Avant la r�volution, le syndicalisme �tait le seul champ d�expression libre qui �tait offert et qui a permis aux gens de prendre conscience de la n�cessit� de briser le mur de la peur. Le champ est devenu plus vaste maintenant. Apr�s un premier choix d�appartenance � un parti politique, j�ai consid�r� que le monde associatif �tait un outil plus efficace et en m�me temps plus ind�pendant pour pouvoir mener l�action de d�mocratisation dont nous avons besoin � tous les niveaux. Et cela fait un an et demi que je me bats dans le champ de la soci�t� civile.
Comment est n�e Kolna Tounes ?
Nous sommes un groupe qui avons quitt� le parti dans lequel nous �tions ainsi que d�autres personnes d��ues par leurs partis qui nous ont rejoints. Ensemble, nous avons pens� cr�er cette association qui porte le nom Kolna Tounes. Nous voulions une association qui agisse dans toute la Tunisie et pour tous les Tunisiens et surtout dans tous les domaines qui touchent � la citoyennet�. Cette id�e s�est concr�tis�e dans cette association qui, au d�part, �tait form�e � peu pr�s d�une trentaine de personnes. Progressivement, le mouvement a eu des �chos favorables � l�int�rieur du pays parce que nous avons concentr� l�essentiel de notre action sur les r�gions, sur la p�riph�rie des grandes villes.
Qui dit citoyennet� dit affaires publiques, dit politique. Le succ�s de vos actions ne nourrit pas en vous une ambition politique ?
La question n�est pas vraiment d�une ambition politique mais de trouver l�outil qui permet de concr�tiser ses id�es. Aujourd�hui, je consid�re que l�action men�e � travers Kolna Tounes est plus efficace que l�action politique � travers le pouvoir, parce que nous sommes vraiment dans la proximit�. Vous avez bien vu � Nefta l�action men�e en marge du rassemblement (voir reportage), elle a permis d��tre proche des citoyens que ce soit le citoyen prestataire, performeur artistique ou le citoyen lambda. Pour l�instant, c�est ce qui m�int�resse. Si ambition il y a, un jour, �a sera uniquement parce que j�aurai un programme, un projet � concr�tiser, autrement le pouvoir pour le pouvoir ne m�int�resse pas.
Est-ce que les partis politiques ne permettent pas aux militants de s�exprimer librement ?
Oui ! Nous avons pris la d�cision d��tre � �gale distance de tous les partis y compris les partis d�mocrates dont, bien s�r, nous sommes proches, parce que nous appartenons � cette famille d�mocratique, progressiste, moderniste. Mais nous sommes � �gale distance de tous les partis. Nous portons une parole libre, une expression libre et nous associons deux choses en m�me temps. D�une part, une critique constructive. Nous ne sommes pas revendicatifs. Concr�tement, nous exprimons la parole de ceux qui ne sont pas d�accord sur une certaine vision, nous sommes dans la r�flexion sur un mod�le de soci�t�, un projet politique, �conomique, social et culturel. Et nous sommes, d�autre part, dans l�action du terrain. Soit � travers l�expression culturelle ou �conomique par le d�veloppement de projets d��conomie solidaire ou sur l�action �ducative. Nous organiserons dans moins d�un mois, � titre d�exemple, une grande campagne de collecte de livres au profit des �coles rurales qui sera accompagn�e par des actions de lecture avec les enfants. Soit dans le domaine de la solidarit� parce qu�il y a de larges couches populaires qui sont dans le besoin. Nous essayons de r�unir toutes ces dimensions parce que, finalement, la citoyennet�, c�est l�ensemble de ces dimensions.
Comment la soci�t� tunisienne voit-elle l�activisme de la femme ?
Quand on sort des grandes villes, les femmes dans les r�gions sont assez frustr�es. Elles subissent le poids de la tradition et du machisme. Parfois, le poids de la tradition modifie leur fa�on de fonctionner. Malheureusement, ce ne sont pas toutes les femmes qui sont porteuses de la lib�ration de la femme. Mais, elles ont une perception tr�s positive des femmes qui viennent de l�ext�rieur, qui est humble. Moi, je ne me comporte pas comme quelqu�un qui donne des le�ons. Je m�approche des gens et j�essaie de m�adapter � leurs r�alit�s et de partager avec eux une exp�rience, un projet. Je ne leur impose pas de l�adopter mais, je crois que cette proximit� permet, avec le temps, de faire changer les choses.
Mais, la femme en g�n�ral et m�me les femmes instruites comme celles issues des corporations d�avocats, de m�decins ne s�int�ressent pas � la politique comme cela a �t� constat� lors des �lections.
En r�alit�, elles s�int�ressent mais, la pratique de la politique ne se d�cr�te pas, c�est une culture. Quand on a v�cu pendant 60 ans dans un pays o� tout int�r�t � la vie politique engendre des cons�quences n�fastes sur la personne, il y a forc�ment une sorte de d�sint�r�t. Parce qu�elle devait, soit s�inscrire dans le syst�me ou se taire. Il y a aussi la peur de s�avancer dans la vie politique et se voir r�prim�e. Aujourd�hui, tous les Tunisiens s�int�ressent � la vie publique mais ont du mal � s�imposer comme acteurs. Et c�est l�une des choses qu�il faut changer en Tunisie. C�est que les gens qui se pr�occupent de la vie politique et des autres cat�gories sociales ne doivent pas rester au stade de la th�orie mais passer � la pratique.
Comment peut-on expliquer cette situation � votre avis ?
Le probl�me est que nous n�avons pas la culture de la diff�rence et la culture du travail en groupe avec le respect des autres. On cr�e des structures, des partis politiques mais, ces structures ne sont pas d�mocratiques en r�alit� et ne permettent pas au citoyen lambda de venir trouver sa place. Il y a une centralisation de la d�cision. Elle est verticale. C�est encore une fois l�habitude et l��ducation re�ue par la population depuis des dizaines d�ann�es. Et si Kolna Tounes travaille surtout avec les jeunes et sur la formation des jeunes, c�est parce que nous pensons qu�il faudrait une g�n�ration pour que tout cela change. Il faut que les partis et les associations soient d�abord d�mocratiques pour construire un pays d�mocratique. Ce sont les jeunes d�aujourd�hui qui seront les dirigeants de demain et c�est � eux qu�il faut apprendre la citoyennet� et la d�mocratie.
Pour revenir au statut de la femme, pensez-vous que la configuration politique actuelle constitue une menace pour la situation de la femme en Tunisie ?
Oui, c�est une menace ! Comme l�avait d�clar� le pr�sident du parti islamiste au pouvoir, c�est le vainqueur qui �crit et interpr�te la loi. Et bien que le vainqueur ait une majorit� relative, gr�ce � sa minorit� de blocage (plus de 30%), il peut tout � fait emp�cher l�adoption d�une Constitution d�mocratique consacrant le caract�re civil de l�Etat et puis, par la majorit� qu�il pourrait avoir au prochain Parlement, il pourrait toucher aux lois qui prot�gent la libert� tout court et la libert� de la femme en particulier. Ainsi, l�avenir de la femme va �tre difficile. Il est menac� y compris par la femme qui n�a pas b�n�fici� de la modernit�, qui ne conna�t pas ses acquis et qui pourrait renoncer � ses avanc�es. Si nous arr�tons de demander des avanc�es, nous reculons et il est, donc, de notre devoir de rester vigilants pour faire face � toute r�trogradation.
Peut-on avoir des indicateurs sur l�instruction des femmes en Tunisie ?
Les chiffres dont nous disposons ont �t� produits par l�ancien r�gime qui les avait toujours instrumentalis�s. Mais ce que nous avons pu constater est qu�il existe pr�s de 25% d�analphab�tes dont une grande partie serait constitu�e de femmes. La proportion des filles qui interrompent leurs �tudes est plus importante que celle des gar�ons, notamment dans les milieux ruraux et pr�urbains, lesquelles se retirent des �coles pour des raisons �conomiques, de s�curit�, etc. Donc, forc�ment, il y a plus de femmes illettr�es. En revanche, ce qui est remarquable aussi, il y a une grande proportion de femmes instruites. 70 % des meilleurs laur�ats sont des femmes et 60% de ceux qui fr�quentent l�universit� sont des filles.


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