Programmée pour hier, la session extraordinaire de l'Assemblée populaire de la wilaya (APW) de Béjaïa, à laquelle avait appelé son président, Mohamed Bettache, avec comme seul point à discuter, la conformité de l'Assemblée aux textes et règlements, suite à l'exigence maintes fois réitérée par la nouvelle majorité, à savoir le renouvellement de l'exécutif de l'APW et la restructuration des commissions permanentes, s'est finalement terminée en queue de poisson avant d'être, une nouvelle fois, reportée par le premier responsable de l'institution élue devant la terrible zizanie qui s'est installée dans la salle. Une prise de bec entre certains membres du bloc FFS et des élus ayant décidé de claquer la porte du plus vieux parti d'opposition algérien pour rejoindre «le mouvement dénommé Forum socialiste» qui forme la nouvelle majorité au sein de l'Assemblée ; avec le RCD, le FLN a failli dégénérer après que leurs partisans, présents en force pour assister à la réunion, se sont mêlés à la polémique. Il faut dire que jamais dans les annales de ladite institution élue plurielle, de telles images de désolation n'ont été observées. Invectives, dialogue de sourds, rien n'a été laissé en rade par le bloc FFS et la nouvelle majorité visiblement plus divisés que jamais au sein d'une Assemblée définitivement bloquée. Le désordre était total. Des personnes étrangères à l'APW, autorisées à l'occasion à assister en tant qu'observatrices à la session, se sont invitées dans les «débats». La cacophonie, les altercations entre les élus ont duré plus d'une heure avant que le président de séance ne décide de lever et d'ajourner la session. Un renvoi de la session par le président de l'APW que la nouvelle majorité soupçonne «de coup monté de toutes pièces pour gagner du temps». «Les textes et règlements de l'Assemblée sont pourtant très clairs dans pareilles situations. Le président de séance devait exclure toute personne étrangère à l'APW entravant le déroulement normal de la session comme le stipulent les textes», font observer à ce sujet les chefs de groupe de la nouvelle majorité lors d'un point de presse. «J'ai toujours appelé à la sérénité et à la solidarité entre tous les élus. Quelle que soit la majorité qui se dessine, on travaille tous dans l'intérêt du citoyen. Ce qui s'est passé est désolant et désobligeant pour l'ensemble des élus», déplore à son tour le P/APW, Mohamed Bettache dans un point de presse. «Nous sommes tous élus pour une même mission au service du citoyen : servir et non se servir.(...) l'intox semée par une poignée d'individus ne sert aucunement l'intérêt de notre population, c'est ce qui nous a amenés à cette situation que j'ai dénoncée le premier», a souligné le président de l'APW. Dans sa déclaration, la nouvelle majorité note de son côté que «le blocage de l'Assemblée populaire de wilaya de Béjaïa vient, aujourd'hui, d'être assumé pleinement et honteusement par son président. La règle démocratique, par la fuite en avant, la violation de la loi et l'irresponsabilité de la minorité du groupe FFS à l'APW et de leurs courtisans, est transgressée contre la volonté de la nouvelle majorité». «Acculé, le président de l'APW, otage de cercles maffieux inquiets de la perte de leurs privilèges, choisit de recourir aux artifices de l'agitation. La foire orchestrée, aujourd'hui, discrédite et humilie ses auteurs qui ne peuvent plus se targuer du respect de la volonté populaire et du choix de la majorité», écrivent les élus du RCD, du FLN et du FS dans leur document. «Complaisant et complice du marasme que vit notre wilaya depuis des années, le FFS vient par son refus de se conformer au choix de la majorité d'aggraver la situation plus qu'inquiétante que vit notre région. Refuser le libre jeu démocratique est maintenant clairement revendiqué et assumé par le FFS pour se maintenir, indignement et illégalement, aux commandes de notre Assemblée», poursuit-on dans le même document. Le bloc de la nouvelle majorité estime que «l'illégitimité ne doit plus présider lâchement aux destinées de notre wilaya qui a trop souffert de l'incompétence et de la désinvolture de ceux qui ont compromis le destin de toute la région». Enfin, tout en se disant «renforcée et déterminée», la majorité à l'APW exige qu'il soit «mis fin à la violation de la loi et à se conformer aux choix du peuple».