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Kiosque arabe
Le pluriel et le singulier religieux
Publié dans Le Soir d'Algérie le 24 - 10 - 2016


Par Ahmed Halli
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Il faut se rendre à l'évidence : les musulmans, et principalement les Algériens qui croient dur comme fer qu'ils sont les meilleurs, après les Saoudiens, sont piégés, pour l'éternité. Pourquoi et en quoi ? me direz-vous. Toute question méritant réponse, mon explication aussi naïve que d'habitude se rapporte à l'Histoire, et donc à la place de l'Islam dans l'ordre d'arrivée. Les musulmans n'ont pas converti le monde entier, malgré tous leurs efforts, qu'ils soient de guerre ou de paix, pour convaincre du bien-fondé et de la suprématie de leur religion. Les autres, les «Gens du Livre», juif et chrétien, les seconds avec encore plus d'acharnement, ont donc combattu l'Islam qui voulait se faire une place au soleil, si tant est qu'il y en ait partout. En dépit de la violence des conquêtes, appelées plus tard «Ouvertures» sur les bancs des écoles, ou les tapis de prière, avant que tout se mélange, l'Islam a répandu du vert sur la planète Bleue. Les musulmans ont perdu l'Andalousie, un modèle que les historiens et les poètes chantent encore, mais l'Islam a gagné d'autres pays, d'autres continents, pour devenir second, après le christianisme. Le christianisme a eu raison des juifs, par la persécution et surtout par la volonté de ces derniers de rester entre eux, ce qui leur a très bien réussi, apparemment.
On sait que les chrétiens et les juifs, unis dans la Bible et divisés par les Evangiles, n'ont jamais voulu reconnaître le Prophète de l'Islam, ni accepter son message, ce qui peut être admissible. Non contents de combattre la nouvelle religion par les armes, les chrétiens se sont ingéniés à la disqualifier, ainsi que son messager, par toutes sortes de procédés très déloyaux. L'Europe latine et chrétienne a ainsi élaboré toute une rhétorique sur l'Islam, présenté comme une secte guerrière, et sur son Prophète dont elle a sciemment déformé le prénom en «Mahomet». Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin, puisque tout est permis, c'est le même «Mahomet» qui est aussi présenté comme l'auteur du Coran, niant ainsi son caractère divin et révélé. Tout ceci, sous le regard de nos juifs minoritaires qui ne se mêlaient pas de tout ça, par prudence ou par tactique, mais qui n'en pensaient pas moins et qui avaient leur idée là-dessus. Aujourd'hui, les plus religieux des Israéliens ne se soucient guère de savoir si les Arabes de Palestine, dont ils usurpent les terres, sont des chrétiens ou des musulmans, l'essentiel étant qu'ils soient au mauvais endroit. Chrétiens et juifs sont au moins d'accord sur un sujet : l'Islam n'est pas la synthèse des deux religions monothéistes qui l'ont précédé et Mahomet n'est pas le sceau des prophètes.
Ainsi donc, ces incroyants se sentent tout à fait libres de dénigrer, voire d'injurier, en privé et en public, le Prophète de l'Islam puisqu'ils ne croient pas qu'il en est un et qu'ils rejettent son message. Côté musulmans, la répartie et la riposte ne sont pas faciles : l'Islam leur enjoint de vénérer tous les prophètes depuis Adam, et de respecter, si cela est possible, les «Gens du Livre». Si cela est possible, car le Coran, et beaucoup plus encore les Hadiths, nous offrent d'infinies possibilités pour insulter et vilipender les juifs et les chrétiens, à longueur d'année. Oui, on peut ! Appeler Dieu à la rescousse contre les «hordes chrétiennes russes» en Syrie, ou les occupants juifs en Palestine, c'est faisable, et même hautement recommandé sous certains minarets. Mais défense de toucher à Moïse (Moussa) qui a contribué à alléger le fardeau de nos prières quotidiennes, et à Jésus (Aïssa), né de l'Immaculée Conception et élevé au ciel, en attendant. Certes, les principaux concernés, et un peu moins les juifs encore gênés aux entournures, ne se privent pas d'éreinter leurs prophètes et leurs saints, et même Dieu le Père, mais... Non seulement, nous ne jouissons pas des mêmes libertés, notamment concernant l'irrévérence ou la dérision en matière religieuse, mais nous somme pieds et poings liés, parce que nous devons respect à leurs prophètes.
Et que faisons-nous lorsqu'ils publient des caricatures offensantes à l'égard du Prophète de l'Islam, notre Prophète ? Ligotés que nous sommes par la foi et par l'obéissance aux enseignements de notre religion, nous brûlons des symboles chrétiens ou des églises, nous tuons même parfois. Dans ce cas, il suffit d'un ou deux centres d'incitation pour que les lectures intuitives du Coran et la soumission aux faux Hadiths nous ramènent à l'âge des foules. Puis, nos conseilleurs sonnent le rassemblement pour entonner en chœur l'antienne de la religion de paix, vu qu'il ne faut pas trop titiller cette Europe, vers laquelle nos guerres envoient des milliers de réfugiés. Il faut quand même trouver le temps pour s'occuper de nos propres offenseurs et blasphémateurs, potentiellement dangereux pour l'unité et la piété de la communauté. Les attaques et les anathèmes contre les juifs et les chrétiens, à l'exclusion de leurs prophètes, étant libres et laissés à l'appréciation des imams, restait le péril intérieur à conjurer. Pour renforcer le dispositif de répression des libertés, préoccupation majeure des dirigeants, certains pays arabes se sont dotés de lois contre l'atteinte aux religions, comme l'Egypte. Pour ce pays, on parle de «mépris des religions», le pluriel étant destiné à rassurer quelque peu les Coptes, mais la réalité est tout autre.
Dans les prétoires, tout se fait au singulier et tous les procès intentés à des intellectuels ou à des artistes égyptiens, toutes les condamnations concernent quasi exclusivement l'Islam. Fatima Naout, journaliste et poétesse, a été condamnée en avril dernier à trois ans de prison, alors qu'elle se trouvait à l'étranger pour avoir critiqué le sacrifice de l'Aïd al-Adha. Elle a regagné Le Caire, il y a une semaine, et elle comparaissait jeudi dernier devant le tribunal, en appel de sa condamnation. Finalement, le juge de Sayeda Zeynab a remis sa décision au 24 novembre prochain, ce qui laisse Fatima Naout en liberté, mais ne la protège pas d'une arrestation arbitraire. Moins chanceux, le prédicateur réformiste Islam Buhaïri est en prison depuis de plusieurs mois pour avoir critiqué le théologien Boukhari, grand validateur de Hadiths. Le journaliste Ibrahim Aïssa a interpellé le ministre de l'Intérieur égyptien : «Pensez-vous qu'Islam Buhaïri ne mérite pas d'être remis en liberté, tout comme les criminels que vous avez élargis ? Comme les voleurs et les bandits que vous avez libérés, après purgation d'un tiers de leur peine ? Ou bien, Islam Buhaïri constitue-t-il un danger pour la sécurité publique, de votre point de vue ?» Un homme dangereux ? Assurément, Islam Buhaïri en est un, mais pour la sécurité matérielle et morale des obscurantistes.


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