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LE REGARD DE MOHAMED BENCHICOU
On cache la v�rit� aux Alg�riens [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 15 - 02 - 2007

A sa huiti�me ann�e de r�gne, Abdelaziz Bouteflika r�alise que la dignit� nationale est d�cid�ment quelque chose de trop s�rieux pour servir de simple slogan de camelot. Subir le visa libyen d�molissait d�j� ce qui restait de la � izza oua el karama � promise sous l�ivresse de la victoire.
Imposer Kassaman dans les �coles � l�heure de partir � Cannes assister � un humiliant sommet avec l�ancienne puissance colonisatrice pr�tait d�j� au burlesque. Voil� que les derniers attentats d�Al-Qa�da en Kabylie nous r�veillent � la gravit� du handicap : l�Alg�rie de Bouteflika, d�j� incapable de pr�voir le pire, s�av�re inapte m�me � le r�aliser et encore moins � l�affronter. Car enfin, ouvrons les yeux : ce ne sont plus �nos fils �gar�s�, mais Al-Qa�da qui frappe sur notre sol et qui le revendique ! C'est-�dire un terrorisme plan�taire, incontr�lable, puissant, ind�finissable, �tranger � nos crit�res d�analyse traditionnels, un terrorisme universel et � qui, avouons-le, le pouvoir a donn� le temps de s�installer. Le temps, mais aussi les hommes, rel�ch�s de prison, et m�me l�argent pour s��quiper. Les attentats de mardi signent la d�faite sanglante d�une politique aveugle, sourde et d�risoire. Huit ann�es de vanit� politique, de candeur id�ologique et d�incomp�tence strat�gique, encourag�es par la bigoterie nationale, les servilit�s intellectuelles et l�opportunisme politique. Tout �tait faux : le diagnostic, l�analyse et m�me la terminologie. Le chef de l�Etat, dans son infinie na�vet�, croyait pouvoir traiter ce terrorisme universel par l��motion patriotique, la mis�ricorde alg�rienne, la �r�conciliation entre Alg�riens�, le pardon r�dempteur accord� aux enfants �gar�s. Mais ces tueurs n�avaient rien d�Alg�rien, M. le pr�sident ! Ils ob�issent � une foi qui ne se conna�t pas de fronti�res, ni de filiation patriotique, qui �chappe � l��poque et aux r�gles de l�attachement national. Ils ne sont pas aveugl�s par la col�re, ils ont les yeux ouverts sur leur cause. Ils ne se battent pas pour une justice terrestre, mais pour une purification de l�Alg�rie. Ils ne cherchent pas votre pardon, mais votre r�demption. �coutons comment les terroristes qui ont ensanglant� mardi la Kabylie vous regardent : �Etat de voleurs, d�esclaves des juifs et des chr�tiens et des enfants de la France.� Regardez comment ils comptent r�agir : �Les jeunes musulmans dans le Maghreb islamique sont d�termin�s � vous abattre et � lib�rer les terres d�Islam de tout crois� et apostat.� Les hostilit�s s�annoncent longues et incertaines. Confort�es, �l�gitim�es� presque par ces proc�s sur la corruption, ce proc�s interminable o� l�on devait juger Khalifa, mais o� l�on voit tout le r�gime � la barre des accus�s. Ces images de la d�pravation ach�vent de donner un sens � cette nouvelle guerre sainte : �Tous pourris !� Qui d�fendra un pouvoir aussi sali ?
La guerre reprend un second souffle
On cache la v�rit� aux Alg�riens : nous ne sommes plus dans un �conflit fratricide �, mais dans une guerre classique entre le Bien et le Mal, impitoyable, planifi�e, justifi�e par les r�gles ancestrales de l�Inquisition, une guerre � laquelle nous ne sommes pas pr�par�s. Il va falloir changer de strat�gie ou de pouvoir. Les hommes qui nous gouvernent n�ont ni les outils ni la volont� politique pour prendre la mesure du p�ril annonc�. La jonction entre le Groupe salafiste et Ben Laden, tournant dans la guerre que livre le terrorisme international � l�Alg�rie, et pris tr�s au s�rieux par les capitales occidentales, a �t� n�glig�e chez nous, par cupidit� politique et par indigence d�esprit. Faut-il continuer � miser sur l�insupportable arrogance de Yazid Zerhouni pour qui le ralliement du GSPC � Al- Qa�da �n�aura aucune cons�quence sur le terrain� et qui, avec un sens in�galable de la gal�jade, va jusqu�� �valuer � �une centaine d�hommes� les groupes terroristes qui s�vissent en Kabylie ? On ne sait pas si pour Yazid Zerhouni les huit morts de mardi sont � classer parmi les �cons�quences sur le terrain �, mais il faut parier sur son g�nie pour qu�aucun cadavre inopportun ne vienne plus g�cher les statistiques officielles. Ne parlons pas des boutades de son adjoint, M. Ould Kablia qui, avec la m�me aptitude � la rodomontade, assurait la semaine derni�re que l�adh�sion du Groupe salafiste � Oussama Ben Laden est �sans signification � et qu�Al-Qa�da Maghreb n�a d�sormais qu�une nuisance limit�e. �Ils pourraient d�cider de s'attaquer � un �tranger ou � ce qu'ils consid�rent comme �tant leur ennemi, mais ce serait un acte isol� et nous avons pris les dispositions n�cessaires pour que cela n'arrive pas.� J�ignore si les victimes retir�es des d�combres de Si-Mustapha et de Dra�-Ben-Khedda �taient tous canadiens ou n�erlandais, mais leurs familles savent d�sormais qu�elles ont p�ri dans �un acte isol� qui ne devait pas se produire puisque M. Ould Kablia avait pris les �dispositions n�cessaires pour que cela n'arrive pas�. Oui, il va falloir dire la v�rit� aux Alg�riens. En finir avec les d�robades et avec les formules de M. Jourdain. Les opposants politiques qui succombent � la tentation de l�impatience et affirment que �la paix est revenue� participent au mensonge d�Etat. Il nous suffit des contrev�rit�s de Yazid Zerhouni pour que viennent s�y ajouter celles de d�mocrates press�s de �pacifier� le pays par la m�taphore afin d�y tenir �lections. Pour l�heure, il faudra compter sur l�inqui�tude des gouvernements occidentaux pour esp�rer pallier la passivit� et les dissimulations du pouvoir alg�rien. Pour les services am�ricains et europ�ens, l�Alg�rie de 2007 pose un s�rieux probl�me d�instabilit� et de vuln�rabilit� au terrorisme islamiste international. On se r�jouirait presque que la proximit� de l�Europe nous �pargne d��tre otages de l�arrogance d�un r�gime d�pass� par son �poque. Mais cela ne nous exon�re en rien de nos devoirs : il va falloir changer de strat�gie ou de pouvoir.
La seconde mort de Moufdi Zakaria
C�est donc la semaine o� il obligeait ses potaches � entonner Kassaman que le pr�sident alg�rien accourrait � la Croisette pour �couter la France parler � ses anciennes colonies africaines. Comme pour d�montrer que les serments, m�me les plus beaux, sont faits pour �tre trahis. Parce qu�enfin, � quoi riment ces retrouvailles d�un autre �ge o� quelques dictateurs africains et deux ou trois nations d�charn�es papotent avec l�ancien Empire de leur condition d�anciens colonis�s ? Et qu�a � y faire l�Alg�rie qu�on supposait affranchie de ces protocoles d�all�geance et qui, nous rebattait-on les oreilles, attendait de son ancien colonisateur qu�il se repent�t de ses crimes ? D�cid�ment, oui, la dignit� alg�rienne, dans la bouche de nos dirigeants, a quelque chose de simple slogan de camelot. Ils n�en mesurent pas la gravit�, ils se contentent de l�exhiber en tenue de soir�e. Mais alors, comment pr�tendre l�imposer aux �coliers par l�oukase quand on la bafoue sous leurs yeux ? Kassaman est une promesse faite aux hommes. Dans l�Alg�rie d�aujourd�hui, elle devient une promesse non tenue. Et nos gamins le savent. Le sentent. Kassaman est un hymne � l�espoir. Et � la dignit�. �Par les foudres qui an�antissent, par les flots de sang pur et sans tache, par les drapeaux flottants qui flottent sur les hauts djebel orgueilleux et fiers, nous jurons nous �tre r�volt�s pour vivre ou pour mourir, et nous avons jur� de mourir pour que vive l�Alg�rie ! T�moignez ! T�moignez ! T�moignez !� Comment esp�riez-vous, messieurs, faire trembler par d�cret nos enfants sur ce chant d�orgueil quand un demi-si�cle de gabegie et de corruption les pousse aujourd�hui aux portes du consulat de France ? Ah, l�absurdit� � vouloir mimer les rites patriotiques am�ricains ! Mais enfin, les enfants am�ricains chantent volontiers The Star- Spangled Banner parce que cet hymne vit avec eux, ils l�assimilent � leurs conqu�tes m�me relatives ou contestables, la d�mocratie, la libert� et la prosp�rit�. Quelles conqu�tes rappelle Kassaman � nos enfants sinon des vies perdues ? Pourtant les deux hymnes ont �t� �crits pour le m�me r�ve, la libert�. Moufdi Zakaria rassure sa patrie par des mots simples : �Le cri de la patrie monte des champs de bataille, �coutez-le et r�pondez � l�appel, �crivez- le dans le sang des martyrs et dictez-le aux g�n�rations futures.� Francis Scott Key a pos� sur la sienne le m�me regard : ��, dis, est-ce que cette banni�re parsem�e d'�toiles flotte toujours, pardessus la terre des hommes libres, et la patrie des hommes braves ?� Mais qui peut dire que les deux chants ont surv�cu au temps de la m�me mani�re ? Qui peut dire que les deux serments ont �t� tenus avec la m�me foi ? Pourtant, il y a dans Kassaman, �crit en 1955 ce qu�il n�y a pas dans The Star- Spangled Banner, r�dig� en 1814 : l�odeur encore fra�che du si�cle, le cri de la libert� qui r�sonne encore � nos oreilles. Comment a-t-on fait pour trahir de si jeunes serments quand les Am�ricains, que vous voulez copier messieurs, donnent toujours une seconde vie aux leurs, pourtant vieux de deux si�cles ? Il ne suffit pas de d�cr�ter Kassaman, il faut surtout en �tre digne, messieurs. C'est-�- dire d�abord faire son examen de conscience. Ensuite abolir l�injustice. Enfin, redonner la parole au peuple. C�est � cette seule condition qu�on �vitera ces parjures d�Etat qui, d�une fa�on ou d�une autre, ont fini par tuer une seconde fois Moufdi Zakaria. M. B.


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