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LA CORRUPTION-�CHANGE SOCIAL
Sur fond de n�potisme, client�lisme, copinage et tribalisme
Publié dans Le Soir d'Algérie le 26 - 05 - 2008

I l est banal de constater qu�en Alg�rie, les relations sociales ont tendance � �tre fortement personnalis�es. Aussi, lorsqu�on veut analyser les m�canismes de la corruption, il est important de tenir compte de la fa�on dont diverses formes de relations sociales sont assimilables � de la corruption lorsque, en s�appliquant aux rapports avec le monde politique, administratif ou judiciaire, elles engendrent le favoritisme et contaminent ainsi la gestion publique : c�est ce que l�on appelle la �corruption-�change social�.
On a trop souvent tendance dans le langage courant � r�duire implicitement la corruption � la corruption purement �conomique, c�est-�-dire marchande, comme le pot-de-vin. Dans ce dernier cas, les biens et services s��changent directement ou sont m�diatis�s par l�argent, sans qu�intervienne dans l��change la personne des partenaires : l��change est impersonnel. Dans l��change social, si l��change conserve une dimension �conomique, il n�y est pas r�ductible, car la personne des acteurs modifie la nature m�me de l��change. Cette distinction rev�t une importance particuli�re dans le contexte alg�rien o� diverses pratiques de corruption-�change social sont monnaie courante, qu�il s�agisse du n�potisme, du client�lisme, du copinage ou encore du tribalisme. Le n�potisme renvoie � la pr�gnance des relations de parent� au sein de la famille �tendue, qui impose � l�acteur public de faire profiter les membres de sa parent�le de son acc�s privil�gi� aux ressources publiques. Cela peut se faire en recourant � toutes les formes de favoritisme comme la redistribution de l�argent des pots-de-vin ou des d�tournements au sein de la parent�le, ou encore en faisant recruter en priorit� ses parents � un poste public. Il s�agit � la fois d�un devoir moral et d�une obligation sanctionn�e socialement, parfois jusqu�au recours � la sorcellerie. La relation de client�le constitue un rapport de d�pendance personnelle qui repose sur un �change r�ciproque de faveurs entre deux personnes, le patron et le client, qui contr�lent des ressources in�gales.
Relations de proximit� et transactions corruptrices
On parle souvent de patronage lorsqu�il s�agit d�un responsable politique qui distribue des ressources publiques, comme des emplois ou des permis, contre une fid�lit� politique. Le copinage est un �change de services entre amis, et concerne des personnes �gales ou potentiellement �gales. Enfin, ce qu�on appelle vulgairement le tribalisme est une forme de favoritisme � base ethnique ou m�me ethno-r�gionale, qui se trouve plus ou moins � cheval entre le n�potisme et le client�lisme. Encore ne faut-il pas pousser la distinction entre ces deux formes de corruption trop loin. D�une part, les enqu�tes de terrain montrent qu�au-del� des transactions occasionnelles, les partenaires cherchent fr�quemment � p�renniser les transactions corruptrices, autrement dit � les transformer en relations sociales stabilis�es de type client�liste. C�est le cas des �couples� form�s par les commer�ants et les douaniers, les transporteurs et les policiers, les entrepreneurs et les techniciens des services de l�urbanisme, les agents de l��tat civil et les d�marcheurs, les procureurs et les gardiens de prison : la longue fr�quentation, le partage des m�mes lieux de travail et la ma�trise des m�mes syst�mes normatifs cr�ent des espaces de collusion et favorisent le d�veloppement de v�ritables �dyades corruptog�nes� (qui lie deux choses), o� les relations mon�taires sont noy�es dans les relations de proximit� (�changes de faveurs, invitations r�ciproques, etc.). D�autre part, il serait un raccourci dangereux que d�opposer les pays occidentaux, qui conna�trait la corruption �conomique mais pas la corruption- �change social, et l�Alg�rie, qui ne conna�trait que la corruption�change social ; cette derni�re ne pourrait pas �tre consid�r�e comme de la corruption, car elle ne serait pas ressentie comme telle par les acteurs. La corruption y serait simplement le prolongement des pratiques traditionnelles d��change de dons. La corruption en Occident est certes d�abord �conomique, mais la corruption�change social est loin d�en �tre absente, moins sous les formes du n�potisme, car la parent� n�y rev�t pas la m�me importance, que sous celle du copinage ou du client�lisme. Surtout, la corruption organis�e telle qu�elle se pratique en Occident ne pourrait fonctionner, si elle n��tait pas mise en �uvre par des r�seaux qui reposent sur l��change social. Inversement, la corruption �conomique marchande est aussi largement pratiqu�e en Alg�rie, sans que cela implique un quelconque �change social.
D�tournements de biens publics
Ces deux formes de corruption sont d�ailleurs fortement associ�es : la corruption �conomique se d�veloppe en grande partie pour faire face aux obligations sociales, comme celles relevant de la parent�, ou aux obligations politiques. Il est vrai que la corruption�change social n�est pas toujours ressentie comme de la corruption : alors que la loyaut� est due en priorit� � la famille, il n�existe g�n�ralement pas de loyaut� abstraite vis-�-vis de l�Etat anonyme et �froid�. La corruption�change social b�n�ficie d�une sorte de l�gitimit� intrins�que, alors qu�il n�en est pas de m�me de la corruption �conomique. En fait, la corruption�change social permet m�me de l�gitimer la corruption-�change �conomique, qui n�est v�ritablement condamn�e que lorsqu�on n�en profite pas soi-m�me par le jeu des redistributions particularistes. Il faut donc bien distinguer les pratiques et les repr�sentations de la corruption et prendre en consid�ration les deux niveaux d�analyse. Pour compl�ter cette br�ve pr�sentation des principales formes de corruption observ�es, il faudra mentionner des pratiques qui ne r�sultent pas des interactions entre services publics et citoyens, mais qui sont le fait des agents de l��tat et plus g�n�ralement de tout d�positaire d�une fonction publique : le d�tournement et les usages privatifs de mat�riels et fonctions publics ; d�tournements de biens publics, des abus de biens sociaux ou l�usage indu de mat�riel de l��tat. Un pillage en r�gle qui ne dit pas son nom.


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