L'édification du «partenariat exclusif» entre l'Algérie et la France connaît une avancée appréciable, selon les responsables des deux pays. Lors d'un point de presse, animé hier à Alger, conjointement par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, Laurent Fabius, une satisfaction partagée a été exprimée à propos de l'état d'avancement de la coopération économique bilatérale. Ils ont qualifié la réunion d'étape du Comité mixte économique algéro-français (Comefa) de «réussite». «Nous avons la satisfaction de constater que nous progressons», a indiqué Lamamra, à l'issue de la cérémonie de signature de plusieurs accords de partenariat économique qui a suivi la réunion d'évaluation d'étape du Comefa, créé en 2013. «Nous avons trouvé la bonne méthodologie et que nous disposons de bons outils qui nous permettent de progresser dans la construction de ce partenariat d'exception», a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie algérienne a considéré que les accords de partenariat signés hier «sont incontestablement symboliques et expressifs de cette progression soutenue». Il a relevé que le Comefa constituait un «bon mécanisme» permettant de promouvoir la coopération bilatérale qui a été renforcée depuis la visite du président français, François Hollande, en Algérie en décembre 2012. De son côté, Fabius a estimé que le processus de partenariat d' «exception» algéro-français était un modèle «réussi» qui s'est traduit par des résultats concrets à l'instar des usines Renault d'Oran et de Cital d'Annaba, inauguré dans la matinée d'hier. Ce partenariat devrait être étendu vers d'autres régions du pays, notamment dans le sud algérien, a avancé Fabius qui a été accompagné, lors de cette visite en Algérie, par le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, et le représentant spécial pour les relations avec l'Algérie, Jean-Louis Bianco. «Le constat que je fais est qu'après deux ans et demi de travail en commun, c'est que, d'une part, les relations algéro-françaises, dans tous les domaines, sont excellentes et que, d'autre part, il ne se passe pas une semaine sans que les dirigeants, les responsables d'entreprises et les sociétés civiles des deux pays ne soient en contact», s'est-t-il réjouit, qualifiant l'évaluation d'étape du Comefa de «résultat concret et avancé». Pour Fabius, il faut «veiller que les projets soient concrétisés à travers toute l'Algérie». Il a annoncé la visite prochaine du président François Hollande en Algérie. Plusieurs accords signés L'Algérie et la France ont signé, par ailleurs, quatre accords de partenariat économique et deux accords institutionnels. Il s'agit de la signature d'un pacte d'actionnaires pour la création d'une société mixte de production de gaz industriel. Cette joint-venture est constituée du groupe industriel public national des industries métallurgiques, IMetal, et le français Air Liquide, conformément à la règle 51/49% du capital régissant l'investissement étranger en Algérie. Le deuxième accord signé porte sur la création d'une société mixte entre l'Entreprise Métro d'Alger (EMA) et le groupe français Systra, qui sera chargée de l'engineering des transports urbains en Algérie. Le troisième accord concerne une prise de participation par la société française Otech dans le capital social de l'entreprise publique Irragris (filiale du groupe IMetal) spécialisée dans la fabrication de systèmes d'irrigations multiformes. Le quatrième document, porte sur la création d'une école supérieure de management en Algérie en partenariat avec l'école française Knowledge management (Skema). Ce nouvel établissement prendra en charge les besoins en matière de formation des groupes industriels publics issus de la dernière restructuration du secteur ainsi que des entreprises privées. Les experts algériens et français devraient entamer leur collaboration afin que cette école soit opérationnelle au dernier trimestre 2015 et qui s'ajoutera à trois autres écoles algéro-françaises, en cours de création, dans le domaine des métiers de l'industrie, de la logistique et de l'économie industrielle. Par ailleurs, Lamamra et Fabius ont signé deux accords définissant les statuts juridiques du Centre culturel algérien et de l'Ecole internationale algérienne à Paris. L'Algérie et la France avaient signé en décembre 2012 la Déclaration d'Alger sur l'amitié et la coopération entre la France et l'Algérie ainsi que la Déclaration conjointe sur le partenariat industriel et productif. Dans la matinée d'hier, les deux délégations ministérielles algérienne et française étaient présentes à la cérémonie d'inauguration, à Annaba, de l'usine Cital pour l'assemblage et la maintenance de tramways, fruit d'un partenariat entre l'Entreprise de constructions de matériels et d'équipements ferroviaires (Ferrovial), l'Entreprise du métro d'Alger (EMA) et la société française Alstom.