Annoncé pour la mi-septembre, le retour du crédit à la consommation n'est pas pour demain. Des sources bancaires n'écartent pas son annulation faute de financement. La crédibilité de la Banque d'Algérie et de l'Association des établissements bancaires et financiers (ABEF) est en jeu. Hier, nous avons tenté de faire réagir les responsables de ces deux établissements. Mais personne n'a osé se prononcer à ce sujet. Au niveau de la Banque d'Algérie, on se contente de nous renvoyer auprès des banques en activité sur la place d'Alger, évoquant le fait que la centrale des risques a été mise en place et que la balle est désormais dans le camp des banques. Quant à l'Association des établissements bancaires et financiers (ABEF), son responsable, M. Trabelsi, est constamment absent et indisponible. Sollicité à plusieurs reprises, ce dernier demeure injoignable. Au niveau des banques, c'est l'expectative. Des responsables d'agences s'interrogent et affirment d'ailleurs ne pas avoir plus d'information à ce sujet. Ils estiment que son lancement n'est pas possible pour le moment. Pour sa concrétisation, il faudrait, affirme une autre source bancaire, procéder à la formation du personnel chargé de ce produit, une opération qui nécessitera du temps et des moyens. Alors que la Banque d'Algérie avait annoncé la mise en œuvre du crédit à la consommation à partir du 1er octobre 2015, la formation dans ce métier n'a même pas encore démarré. On apprend également que les établissements bancaires du secteur public ne peuvent prétendre à cette formule de financement faute de disponibilité financière. A l'exception de la Banque extérieure d'Algérie (BEA) disposant d'un matelas financier, étant donné qu'elle gère les avoirs de la compagnie Sonatrach, les autres banques publiques algériennes sont en difficulté, à l'exemple de Badr Bank. Le lancement du crédit à la consommation va plutôt profiter aux établissements privés, particulièrement les banques françaises (Société générale et BNP Paribas), qui peuvent se financer via les marchés extérieurs. Pour les pouvoirs publics, le crédit à la consommation concerne les produits fabriqués localement. Mais sur le terrain, il est difficile de mettre en œuvre cette exigence. S'agissant des véhicules Renault, les capacités de production sont en deçà de la demande. L'usine de Oued Tlélat ne produit aujourd'hui que 25 000 véhicules par an, ce qui est largement insuffisant par rapport aux besoins évalués à plus de 200 000 véhicules par an. Autrement dit, l'achat des véhicules de la marque française par crédit ne sera accessible qu'à une infime clientèle. Quant aux autres catégories d'articles de consommation (électroménager, électronique, meubles…) la principale difficulté relevée est la sélection des produits concernés. La prise en charge des contentieux et les défauts de paiement demeurent un véritable casse-tête. Y aura-t-il un système de prélèvement à la base ? Les banquiers ne savent comment y procéder surtout que le taux de bancarisation en Algérie reste faible. Le crédit à la consommation ne profitera pas donc à tous les salariés. Le silence de la Banque d'Algérie et de l'ABEF à propos de ces interrogations illustrent que le lancement du crédit à la consommation n'est pas pour demain.