Dans son rapport pour 2011, la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) relève que les IDE français, hors hydrocarbures, restent concentrés dans les services, secteur à faible risque avec un retour sur investissement relativement rapide. Les IDE français, y compris dans les hydrocarbures, ont atteint 2,7 milliards de dollars tandis que ceux hors hydrocarbures se comptent en quelques centaines de millions d'euros. Ce montant, bien qu'en nette croissance, ne représente qu'un pourcentage minime des investissements industriels déclarés par de grandes entreprises françaises et dont la réalisation en Algérie est toujours en attente. «Nous attendons depuis 2007 la concrétisation d'un projet de pétrochimie à Arzew (ouest)», avait récemment indiqué Pascal Petteau, représentant de Total Algérie. Pour sa part, le directeur général de Cristal-Union, premier producteur de sucre en France, Alain Commissaire, avait exprimé son «intention» de construire, avec un partenaire algérien privé, une raffinerie de sucre à Boumerdès. La compagnie française d'assurance AXA a annoncé, de son côté, son installation en Algérie en 2008, chose qui n'a pas été conclue jusqu'à aujourd'hui. La plus récente des intentions d'investissement a été faite récemment par le constructeur automobile français Renault, qui serait intéressé par la réalisation «d'une usine, non de montage, mais de construction de véhicules en Algérie». La Coface, qui a relevé «la stabilité politique qui prévaut depuis l'élection du président Abdelaziz Bouteflika» ainsi que «l'amélioration de la situation sécuritaire en Algérie», a maintenu donc la note «A4» pour le «risque Algérie» à «B» sa notation pour l'environnement des affaires, sur une évaluation à sept niveaux de risque, qualifiant ainsi ce risque de «moyen». La notation «A4» signifie notamment que «les perspectives politiques et économiques du pays peuvent être marquées par quelques fragilités : une relative volatilité de l'environnement des affaires est susceptible d'affecter les comportements de paiement». La notation «B» fait état «d'incertitudes au plan économique et financier et d'un environnement des affaires parfois difficile, ce qui peut affecter des comportements de paiement. La probabilité moyenne de défaut des entreprises est assez élevée», selon la même source. Mais «la baisse du risque Algérie», selon la Coface, ne semble pas, pour autant, convaincre les entreprises françaises pour investir en Algérie. Certes, les relations commerciales sont très soutenues, faisant de la France le premier fournisseur de l'Algérie avec une part de marché annuelle moyenne de près de 16% en 2009, mais les investissements français en Algérie restent modestes. Entre 2002 et 2009, les importations algériennes de France ont augmenté de plus de 238%, passant de 2,6 milliards de dollars à plus de 6 milliards de dollars. Les exportations algériennes vers la France avaient, à leur tour, progressé de 2,4 mds dollars en 2002 à 4,6 mds dollars en 2010. Parmi les raisons de la réticence des opérateurs français, l'organisme français évoque «les mesures restrictives visant les importations et les investissements étrangers, introduits par la loi de finances complémentaire (LFC) 2009», même si la LFC 2010 a, selon cet organisme, «légèrement assoupli certaines de ces mesures, tout en introduisant de nouvelles dispositions contraignantes». Le même organisme souligne «la forte dépendance» de l'économie envers les hydrocarbures et la «fragilité de l'environnement des affaires faiblement incitatif pour les firmes étrangères». Le déficit budgétaire, apparu en 2009, va perdurer en 2011, en raison de «la poursuite de la modernisation des infrastructures et d'une hausse des rémunérations de l'administration», souligne par ailleurs la Coface qui affirme cependant que les revenus pétroliers mis en réserve dans le Fonds de régulation des recettes (FRR) «permettent de financer ces déficits» et observe également que le pays bénéficie d'«un endettement public modéré qui lui fournit une marge de manœuvre». Le forum algéro-français sur l'investissement et le commerce, prévu au cours du 1er trimestre 2011, tentera d'identifier les défaillances cachées ou apparentes, des deux côtés, en attendant qu'un réel partenariat économique entre les opérateurs algériens et français.