Les travailleurs de trois entreprises publiques de récupération des déchets métalliques ont observé, dans la matinée d'hier, un rassemblement devant le siège de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à Alger, afin de demander à Sidi Saïd, SG de l'organisation syndicale, d'intervenir pour éviter la fermeture définitive de leur entreprise. Cette menace plane depuis le 29 novembre 2010, date d'entrée en application de l'article 43 de la loi de finances 2010 interdisant l'exportation des déchets ferreux. Une décision ayant soulevé l'ire des travailleurs se retrouvant dans une situation critique, notamment après avoir accusé un retard sur salaires de plusieurs mois, en raison de la faillite de leur entreprise. M. Korjane, secrétaire général de la Fédération du secteur, a souligné que «quatre mois après l'entrée en vigueur de cette mesure, l'arrêt des activités a provoqué une situation des plus préoccupantes pour les collectifs des travailleurs. Au niveau de l'entreprise de Annaba, les vacataires ont été les premiers à subir les conséquences, puisque leurs contrats n'ont pas été renouvelés». Les entreprises ont contribué à l'effacement des dettes étrangères Selon lui, les entreprises privées sont à l'origine de l'introduction de la nouvelle mesure. Ces opérateurs trouvent dans l'exportation des produits ferreux le moyen de faire fortune avec des sommes en devises gardées à l'étranger, en taxant ces produits à un prix nettement inférieur par rapport à sa valeur initiale. Reçus par Sidi Saïd, les délégués des travailleurs contestataires ont affirmé que le ministère du Commerce leur a refusé l'autorisation d'exportation, alors qu'il l'a accordée récemment à une entreprise privée. Ils rappellent par la même occasion que ces trois entreprises publiques ont contribué de manière probante à l'effacement de la dette extérieure, particulièrement vis-à-vis des pays de l'Est. Ajoutant que la nouvelle démarche du gouvernement risque de pénaliser et le collectif des travailleurs, l'économie et l'écologie de notre pays. Dans ce cadre, M. Aouad, SG de la section syndicale de l'Ouest, a souligné que leurs entreprises travaillent avec des partenaires stratégiques du pays, notamment, Naftal, les Douanes, le ministère de la Défense et les sites pétroliers. Rien que pour l'année 2007, les services des douanes leur ont livré 1600 voitures saisies immatriculées ZH. Ces «déchets», comme les bonbonnes de gaz butane de Naftal, qui ne peuvent être récupérées par le privé, vont être entassés de manière à nuire à l'écologie. Le même intervenant a regretté la perte engendrée par le blocage des usines, puisque, explique-t-il, un milliard de dinars a été investi l'année dernière, notamment pour l'achat d'un nouveau matériel ultramoderne abandonné. M. Korjane regrette, de son côté, que le partenaire social ait été écarté des négociations ayant précédé l'interdiction d'exporter les déchets ferreux. Il rappelle, par ailleurs, que toutes les demandes d'audience faites à la tutelle sont restées sans écho. «C'est un mépris de la part du ministre envers les travailleurs.» La même source affirme que la base a pris d'ores et déjà la décision d'initier plusieurs actions de protestation, dont un sit-in de protestation devant le palais d'El Mouradia programmé pour le 5 avril 2011. Sidi Saïd s'engage à soumettre le problème au Premier ministre M. Sidi Saïd, convaincu de la légitimité de leurs revendications, s'est engagé à exposer leur problème au Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Une délégation est chargée de préparer le dossier détaillé devant être exposé. Le SG de l'UGTA a fait savoir que les deux correspondances qui ont été adressées, en 2010, aux ministres du Commerce et de l'Industrie, de la Petite et moyenne industrie et de la Promotion des investissements, sont restées sans suite. En ce qui concerne les salaires non payés, Sidi Saïd a rappelé que ce problème est déjà pris en charge, précisant que 45 entreprises sont dans le même cas. «Plus de 7000 travailleurs sont concernés par cette régularisation.» En signe de solidarité, le patron de la centrale syndicale a pris en charge les frais de transport des contestataires venus des autres wilayas.