Réda Hamiani, président du forum des chefs d'entreprises, a appelé ouvertement le gouvernement à allouer les subventions des produits de large consommation aux producteurs nationaux et autres investisseurs. Dans une conférence de presse animée hier au centre de presse Algeria-invest, M. Hamiani a affiché son souhait et celui des PME de «récupérer» la subvention destinée à la politique sociale, notamment pour la promotion des conditions de vie de la famille algérienne, afin «de booster la production nationale.» Critiquant la politique économique actuelle, il a accusé le gouvernement de «gaspiller l'argent du peuple» dans cette politique «vaine». Plusieurs raisons sont avancées par le conférencier afin de conforter son point de vue, à commencer par le fait que cette aide profite à tout le monde et «ne fait pas de distinction entre les familles aisées et les nécessiteuses». Elle profite, a-t-il regretté, également aux pays voisins (Tunisie, Tchad, Mali), où nos produits alimentaires subventionnés sont vendus à des prix triplés. Il a réaffirmé que «cette politique est inutile», car elle «renforce les réseaux de trafic illicite et de contrebande». «Il faut que la subvention revienne à la source de ses produits, c'est-à-dire aux entreprises, afin de booster la production nationale», a-t-il expliqué. Dans le détail, il a affirmé que cette subvention est liée directement à la paix sociale. «Le gouvernement veut acheter la paix et la stabilité du pays via cette aide», a-t-il déclaré, ajoutant que «cette aide cible le consommateur et affaiblit la production nationale. La subvention a un mauvais goût.» S'appuyant sur l'exemple des pays européens, le président du FCE a souligné : «Nous acceptons un système de subvention dans une situation exceptionnelle pour une période allant de 3 à 6 mois, voire une année dans le but d'alléger les charges des citoyens, mais quant elle est adoptée à long terme, ce n'est pas bon.» Selon lui, les entreprises nationales ont besoin de cette aide, puisqu'elles assurent plus de 80% de la valeur ajoutée, le premier employeur et les seules à assurer le développement local. Il a appelé, par la même occasion, à la création d'un nouveau développement de qualité en dehors des investissements publics. M.hamiani a estimé qu'il est inadmissible d'enregistrer un taux de croissance de 4 à 5% de croissance, alors que le pays a besoin d'un taux allant de 7 à 8%, voire à 9% de taux de croissance. L'Algérie, a-t-il estimé, doit prendre l'exemple de croissances réalisées en Chine, Turquie, Chili, Egypte qui ont réussi un taux de 10%. Il a précisé qu'«il est inadmissible qu'après plus d'un demi-siècle d'indépendance, notre pays continue à importer 80% des produits alimentaires et 70% des produits pharmaceutiques». Et d'ajouter : «ces chiffres correspondent à un pays qui fête sa cinquième année d'indépendance». Le chef du FCE a estimé qu'«il est temps d'aller vers une nouvelle stratégie de croissance» en mettant l'accent sur l'importance de «forcer» les entreprises étrangères à conclure des partenariats avec les entreprises nationales pour faire bénéficier ces dernières de l'expérience étrangère dans différents secteurs. Interrogé sur la réintégration des 30 entreprises publiques qui s'étaient retirées du forum, M.Hamiani a déclaré : «nos portes sont ouvertes à toutes les entreprises, mais nous n'adoptons aucune politique de séduction».